samedi 1 août 2026

✦ Royaumes Oubliés : Royaume de Némédia - Géographie, Culture et Histoire

Le Royaume des Amazones

" Nos mères ont souffert le martyre. A l'abri de ses brumes, nous nous fortifions et prospérons afin que nos filles ne connaissent jamais la peur."

Extrait du rituel d'intronisation de la Reine



Type : cité état.
Gouvernement: royauté matriarcale.
Capitale: Sirkis
Seigneur: Sa Majesté la Reine Shanaé Valérian
Blason: Coupé au 1 d'argent à la guêpe de gueules, au 2 d'azur à trois fasces ondées d'argent
Limite financière: 120.000 pièces d'or.
Ressources: 1.778.000 pièces d'or.
Population: 11700 habitants (8000 femmes, 3500 esclaves et 200 eunuques)
Production: vin, miel, armes, navires, bois.


" Il n'y a que les fous ou les téméraires pour s'aventurer par delà l'anneau des brumes mortelles qui protègent les reliefs de Némédia. J'ai pourtant séjourné quelques jours sur cet atoll, bien malgré moi il faut l'avouer.

Cela se passait après que mon navire Le Mystère de l'Océan, ai été abordé par une escadrille de femmes montées sur d'effrayants insectes géants. Les souvenirs que j'ai ramené de cette aventure sont sans pareil.

Sachez par exemple que j'ai failli y laisser certaines de parties intimes et ce n'est qu'au prix d'âpres négociations que j'ai réussi à reprendre ma liberté. Car les Némédiennes ne sont pas tendres, croyez moi. Aussi cruelles que belles, ces femmes pensent qu'une des principales causes de souffrance des peuples tient aux aspirations basiques des individus mâles. Elles ont appris à se passer de nous et vivent ainsi depuis des siècles.

- Hual Bouffeur d'Ecume -



Carte en noir et blanc de l'île de Némédia, décor de campagne dans l'univers Archipel pour le jeu Donjons et Dragons


***

Les alcôves du pouvoir


Qui dirige : De nos jours, les Némédiennes sont dirigées par une Reine, elle-même assistée dans sa tâche par un conseil d'Aïeules qui occupent en quelque sorte les fonctions de ministres. Chacune d'elles gère son activité tout en rendant des comptes à la Reine Shanaé de Némédia. 

Ce gouvernement se compose de :
  • L'Aïeule des Armes - qui s'occupe de l'entraînement et de l'encadrement des Monteuses de guêpes et de l'armée en général ;
  • L'Aïeule des Outils, Dame Corène - qui gère notamment la qualité de vie dans la capitale (réserves de nourriture, valeur des denrées, festivités, etc.) ;
  • L'Aïeul des Hommes, Maître Rayaban - toujours un eunuque, cet étrange personnage s'occupe du suivi et de la gestion des eunuques et autres hommes vivant sur Némédia.
Qui dirige réellement : La Reine est la seule source de pouvoir, bien qu'elle puisse être influencée par son Conseil. Les intrigues de cour, les rivalités entre Aïeules et les pressions de la noblesse désœuvrée créent un jeu d'influences permanent dont la Reine doit constamment se prémunir.


Les forces armées

L'armée de Némédia possède un vaste territoire d'entraînement qui s'étend sur plusieurs dizaines d'hectares de jungle, de landes et de prairies. Cette région constitue un immense champ de manœuvres où les guerrières Némédiennes s'entraînent assidûment.

L'armée est structurée en deux légions distinctes :

La Garde Prétorienne

Elle regroupe 10 % des effectifs militaires de l'île - soit environ 200 guerrières d'élite. Leur légion est exclusivement composée de fantassins lourdement armées, chargées d'assurer la protection du palais royal et, surtout, de mater toute tentative de révolte interne. Dans une société où 3.500 esclaves mâles côtoient 8.000 femmes, la Garde Prétorienne est la garante de l'ordre intérieur, un rappel constant que la force armée est aux mains des Némédiennes.

Monteuse de guêpe amazone de l'île de Némédia - Décor de campagne Archipel - Donjons et DragonsElles sont placées sous le commandement de la Capitaine de la Garde, Shoonie Nenwende (Demi-elfe, Guerrière 8, LB), et ne répondent qu'aux ordres de la Reine. Jusqu'à ce jour, la Garde Prétorienne n'a jamais été engagée hors de l'île de Némédia, sa mission étant exclusivement défensive et répressive. Leur caserne, attenante au Palais de la Perle, est une véritable forteresse au sein de la capitale, symbole de la puissance militaire au service du trône.

Les Monteuses de Guêpes

Elles constituent le gros de l'armée régulière. En temps de guerre, leur effectif peut s'élever à environ 2.000 combattantes. Ces guerrières sont chargées des missions visant à explorer d'autres îles et sont quelques fois employées dans des attaques de navires marchands. Les Monteuses de guêpes sont placées sous l'autorité de l'Aïeule de la Guerre Tazendra jusqu'en l'an 1372 selon le Calendrier des Vaux.


Population

La population adulte se monte à environ 11.700 personnes (8.000 femmes, 3.500 esclaves et 200 eunuques). Cette population est scindée en trois castes principales :


La noblesse

Elle regroupe une poignée de femmes ayant conservé les titres et avantages de leurs ancêtres. Cette caste se trouve en haut de la pyramide sociale bien qu'elle n'ait dans les faits plus de pouvoir réel. Ces femmes se plaisent dans des bacchanales incessantes et pratiquent la polygamie. Leur désœuvrement et leur influence résiduelle en font un terreau fertile pour les complots et les luttes d'influence.

L'armée

Représentant la puissance temporelle, les membres de l'armée sont reconnus et respectés. Ses membres n'exercent aucun pouvoir en propre. En revanche, elles font respecter les décisions de la Reine et de son Conseil. La voie des armes est la seule promotion sociale véritablement méritocratique de l'île.

Le peuple

Sous cette appellation sont regroupées les citoyennes némédiennes, artisanes et ouvrières. Elles sont chargées de toutes les tâches manuelles assurant l'autarcie de l'île. Elles encadrent les hommes dans leurs activités agricoles et autres travaux de force auxquels ils sont généralement cantonnés. C'est également elles qui sont chargées de procréer, ce luxe étant par tradition interdit aux guerrières. La population adulte se monte à environs 11.700 personnes (8000 femmes, 3500 esclaves et 200 eunuques.) Cette population est scindée en trois castes principales:

Les castes non officielles

Deux autres groupes, non reconnus comme castes officielles, sont présents sur l'île :

  • Les mâles

La société némédienne repose sur le principe que tout enfant mâle devient esclave à partir de sa dixième année. À compter de cet instant, il devient cultivateur, pêcheur, mignon d'une noble — mais dans tous les cas, il est aux ordres d'une femme qui l'emploie pour le bien de la communauté. Les Némédiennes voient les représentants du sexe mâle comme leurs inférieurs. Pour elles, les hommes sont des créatures à l'instinct primitif, limités intellectuellement car esclaves de leurs pulsions animales. Ils sont brutaux et peu réfléchis, et seule la castration permet de les raisonner en les libérant de toutes ces hormones qui obscurcissent leur cervelle.

Il serait trompeur de croire que les hommes sont systématiquement brutalisés. Les Némédiennes considèrent qu'un esclave en bonne santé et d'humeur docile est plus productif qu'un esclave brisé par les sévices. Aussi, une forme de "bienveillance utilitaire" prévaut : nourriture suffisante, soins médicaux dispensés par Koldock, et même un entraînement de base au combat pour ceux destinés à servir de soldats de première ligne. Cette clémence n'est cependant qu'une illusion : tout homme est la propriété d'une femme, et son existence entière est soumise à son bon vouloir. Les "récalcitrants" sont castrés de force, et les révoltes sont matées sans pitié par les Monteuses de guêpes. Les hommes ne sont pas "maltraités" parce qu'ils n'ont pas besoin de l'être : leur condition, en elle-même, est la violence suprême.

  • Les eunuques

Cette caste est issue de la pensée némédienne. Un homme dont les capacités intellectuelles semblent prometteuses a la possibilité de s'affranchir de sa condition de bête en se portant volontaire pour la castration. La perte qu'il subit est compensée par l'accès à la connaissance et à certains postes à responsabilités. Le statut d'eunuque correspond en quelque sorte à celui de "sous-femme", et certains d'entre eux ont tenu une grande place dans l'histoire de Némédia.

Il est à noter que certains eunuques sont des captifs particulièrement intelligents ou dangereux, émasculés de force sur ordre des Aïeules. Une fois soumis, ces hommes sont souvent respectés pour leurs connaissances du monde extérieur. Leur culture et leur savoir s'avèrent particulièrement précieux et sont des vecteurs de progrès.


Économie et autarcie

L'île de Némédia vit en autarcie complète, volontairement coupée du reste du monde par la barrière de brumes qui l'entoure. Cette isolation est à la fois un choix idéologique (se protéger des "souillures" extérieures) et une nécessité géographique. Toutes les ressources nécessaires à la survie de la cité sont produites sur l'atoll :
  • Le vin provient des vignobles en terrasses des collines du sud, cultivés par des esclaves mâles sous la supervision des artisanes.
  • Le miel est récolté dans les ruchers sauvages de l'est, mais aussi produit dans des ruches domestiques proches de la Ruche, où les guêpes géantes sont élevées.
  • Le bois est extrait des forêts de l'ouest, exploité avec parcimonie pour préserver l'équilibre écologique de l'île.
Les armes et les navires sont forgés par les artisanes du peuple à partir de minerais extraits des montagnes du nord, où des esclaves effectuent les travaux les plus pénibles.

Cette autarcie impose une rigueur draconienne dans la gestion des réserves. L'Aïeule des Outils, Dame Corène, supervise personnellement les greniers, les salaisons et les conserves. En cas de mauvaise récolte ou de catastrophe naturelle, des rationnements sont décrétés. Cette précarité latente explique en partie la méfiance des Némédiennes envers les étrangers : un navire égaré pourrait consommer des réserves vitales.
Seules les Monteuses de guêpes, lors de leurs missions d'exploration ou de pillage, rapportent occasionnellement des denrées ou des objets précieux, qui sont redistribués selon les besoins de la communauté.


Les cultes notables

Le temple de la Déesse Istaïon : Istaïon est l'unique divinité adorée sur l'île car, en tant que créateur des océans, des ondes, des vagues et des courants, les Némédiennes considèrent que c'est lui qui les a guidées jusqu'à leur nouveau foyer au moment de leur exode. Le seul détail troublant est qu'aux yeux des Némédiennes, Istaïon a les traits d'une femme. Toutes les statues de Némédia qui représentent cette déité montrent une déesse aux traits fins et raffinés.

L'intérieur du temple est un enchevêtrement de grandes salles claires. L'architecture sobre, régulière et les mosaïques marines créent une ambiance apaisante et bienheureuse. Le clergé est dirigé par la grande prêtresse Olyrie (Demi-elfe, Prêtresse 10, CB) et la prêtresse Maldurya l'Étrangère (Demi-elfe, Prêtresse 6, CB). La sécurité est assurée par Dame Dallya (Demi-elfe, Paladine 3, LB) qui n'est cependant pas membre officiel du culte d'Istaïon.


Guildes de voleurs et de roublards

Aucune guilde de voleurs ou de roublards n'est présente sur l'atoll. L'ordre social y est trop rigide, et les réseaux clandestins sont systématiquement traqués par la Garde Prétorienne.


Les repaires d'aventuriers

À la Gueule de bois - Cette taverne est sans doute l'endroit le plus sordide de Sirkis ; c'est également l'un des lieux les plus sûrs pour les clandestins à la recherche d'informations. L'atmosphère enfumée de la pièce, à peine éclairée par d'amusantes cages à lucioles, contribue à créer un climat des plus mystérieux. Iris, la patronne, tient cet établissement seule et peut se montrer très serviable - moyennant finances.


Les personnalités notables

Gouvernement

Clergé

  • Dame Olyrie, Grande Prêtresse d'Istaïon (demi-elfe, prêtresse 10, CB)
  • Dame Dallya, Paladin d'Istaïon (Demi-elfe, paladine 3, LB)
  • Maldurya l'étrangère, Prêtresse d'Istaïon ( demi-elfe, prêtresse 6, CB)

Autres personnalités

  • Iris Peau d'Albâtre, Aubergiste (Demi-elfe, Femme du Peuple 4, CN)
  • Plyah, Chef de bande (Demi-elfe, Roublarde 5, NM)
  • Koldock, Guérisseur des esclaves (Demi-elfe, Ensorceleur 7, NB)
  • Renol, esclave révolutionnaire (Humain, Roublard 3, CM)
  • Mohana, Dresseuse en chef (Demi-elfe, Rôdeuse 8, NN)

Les éléments remarquables

Le port : Ce modeste port situé dans les faubourgs ouest de Sirkis permet à des navires de moyen tonnage d'accoster et de décharger leur cargaison. Il est étroitement surveillé par la Garde.

Le Palais de la Perle : Situé un peu en retrait de la ville, ce palais qui doit son nom à ses tours irisées est celui de la Reine Shanaé. Une atmosphère monacale émane de cet édifice entièrement dédié à l'art et à la beauté. Il fut construit à une époque où l'art était la préoccupation principale des Némédiennes. Il tient plus du musée que du lieu de vie.

Le palais des Cendres : Plus modeste que le précédent, ce palais est celui de l'Aïeule de la Guerre. Il est situé en plein cœur de la caserne des Monteuses de guêpes et bénéficie de nombreuses protections inexpugnables.

Les ruines : Il existe de nombreuses ruines perdues dans les jungles de l'île. Elles témoignent de l'existence d'une civilisation mixte. Ces vestiges confondent par leur modernisme les plus éminentes érudites de Sirkis. D'après les premières conclusions, ces ruines seraient plusieurs fois millénaires et elles vont nécessiter beaucoup d'investigations avant de révéler tous leurs secrets.

La Ruche : C'est dans cette imposante ruche artificielle en pierre, abritant plusieurs étages d'alvéoles, que sont élevées les guêpes de combat. Les guêpes géantes sont des insectes rapides, agressifs et furtifs. Elles sont énormes et assez puissantes pour emporter sur leur dos une charge de 100 kg sans ressentir aucune gêne en vol. La Matrone borgne Mohana commande les dresseuses de guêpes et semble avoir la capacité de communiquer avec les insectes.


Les origines de la société

Les Némédiennes forment une société matriarcale et conservatrice fondée peu après la chute de Netheril par un conseil de femmes appartenant à plusieurs races. Ces femmes avaient été tenues à l'écart des derniers affrontements suite à l'effondrement de la société netherisse par leurs compagnons, et beaucoup d'entre elles furent épargnées alors que leurs époux disparaissaient.

Désormais veuves, elles menèrent une vie de nomades, fuyant le continent, voguant d'île en île et passant la plupart de leur temps à fuir les bandes de soudards attirées par ces proies si faciles. Elles finirent par découvrir un atoll vierge de toute population. Après avoir résolu le problème posé par la barrière de brumes - un mystère que les érudites de Sirkis tentent encore de percer - ces femmes décidèrent de s'y installer et baptisèrent ce lieu magique : l'Atoll de Némédia.

À l'abri de ce paradis, leur communauté put prospérer tranquillement jusqu'à atteindre son format actuel. D'un point de vue morphologique, les Némédiennes ont le type demi-elfe. Les gènes de leurs ancêtres elfes se sont progressivement imposés, bien que le métissage ne soit pas rare.

Physiquement, les Némédiennes sont assez avantagées. Elles ont le corps fin, élancé et bien fait, très proche du physique elfique. Les citadines sont coquettes et portent souvent des jupes courtes retenues par de simples ceintures brodées.







Références

Ouvrages

  • La Guerre des Ombres (première édition), Oriflam (2001), ISBN 2-914536-02-X. Auteurs : Guillaume Chapuisat, Olivier Durand, Éric Nieudan.
  • Carnets de Voyages (première édition), Oriflam (2001), ISBN 2-914536-14-3. Auteurs : Muriel Algayres, Stéphane Beauverger, David Blewer, Guillaume Chapuisat, Olivier Durand, David Girardey, François-Xavier Guillois, Éric Nieudan, Cyril Pasteau, Olivier Saraja.

Illustrations

  • L'illustration de l'île de Sirkis est utilisée sous le principe du fair use pour illustrer l'article dans les Royaumes Oubliés. Tous droits réservés à son auteur/ autrice.
  • L'héraldique est une création personnelle et l'illustration de la monteuse de guêpe a été générée par une IA générative sur un prompt de votre serviteur.