vendredi 16 juin 2023

Dark Heresy

Xanthius : Assassin d'un monde sauvage

«La violence peut tout résoudre»

Le Domaine de Zillman est un monde brutal dominé par une monarchie féodale où les plus forts font la loi. Si vous n'êtes pas un sujet du roi, vous êtes un serf, ne vivant que pour servir et mourant pour le plaisir des mieux nantis. Vous passez votre vie entière dans l'ignorance du monde extérieur, vous contentant de vivre et d'être les sujets loyaux des «nobles» de votre monde.

Historique

La vie de Xanthius bascula le jour où sa jeune sœur fut  violentée et abusée par le seigneur local. Il savait que le seigneur avait un goût prononcé pour les jeunes vierges mais il ne pensait pas que ce genre de choses pourrait arriver à un de ses proches. Et pourtant, cela arriva. D'abord accablée par la perte de sa sœur, il avait sombré dans le désespoir le plus total. Puis, dans un sursaut de rage, il décida de prendre son destin en mains. Contre toute raison et bon sens, il s'introduisit dans le palais du seigneur, il le surprit dans sa chambre et le tua. Cette histoire aurait pu se terminer ainsi. Capturée peu de temps après, Xanthius avait été condamné à être pendue haut et court.

Pourtant sa pendaison ne fut par la fin de l'histoire. Au moment où le bourreau lui passait la corde autour du cou, un homme en noir se présenta. Il plongea son regard dans celui de Xanthius et entra dans son esprit. Il lui demanda de le servir, et lui promit une récompense en échange de sa loyauté. Mourir pendue n'était pas le destin de Xanthius, et en l'absence d'autre alternative, il accepta.

L'homme en noir l'avait emmenée avec lui. Il lui avait donné des vêtements propres et Xanthius l'avait suivi loin du Domaine de Zillman. Il avait conscience que jamais il ne reviendrait sur son monde natal. Il faisait désormais partie de la suite de l'Inquisiteur à qui il avait fait une promesse. En échange, l'inquisiteur l'avait sauvé de la mort et s'était engagé à développer ses talents pour la plus grande gloire de l'Inquisition et de l'Imperium. En suivant l'Inquisiteur, Xanthius avait découvert la civilisation impériale et ses merveilles technologiques.


Missions accomplies



Références

  • Dark Heresy 1ere Edition, Dan Abnett, Gary Astleford, Owen Barnes, Alan Bligh, Ben Counter, Kate Flack, John French, Guy Haley, Andy Hall, Tim Huckleberry, Andrew Kenrick, Mark Latham, T.S. Luikart, Mike Mason, Chris PramasBiographie, Richard 'Rick' Priestley - Bibliothèque Interdite (2008), ISBN : 978-2-9-1598992-2
  • Photo par CaptainLille
  • Copyright © Games Workshop Limited. Games Workshop, Warhammer 40,000, le jeu de rôle Warhammer 40,000, Dark Heresy, les logos de ces marques respectives, Rogue Trader, Dark Heresy et toutes les marques associées, ainsi que les logos, lieux, noms, créatures, races, ainsi que les insignes, logos et symboles de ces races, véhicules, armes, unités ainsi que les symboles de ces unités, personnages, produits et les illustrations des univers de Warhammer 40,000 et de Dark Heresy sont soient ®, TM et/ou © Games Workshop Ltd

vendredi 9 juin 2023

Dark Heresy

Le tranchant des ténèbres - Chapitre 2

Lire le chapitre précédent

Alors qu'une aube artificielle et blafarde se levait sur le district, les acolytes avalèrent un rapide et insipide petit-déjeuner. Des évènements de la nuit, il ne restait qu'une trace de fluide nécrotique sur le sol et les rares locataires croisés en sortant de l'immeuble détournèrent opportunément le regard à l'approche des agents - Circuler il n'y a rien à voir. Par acquis de conscience Labienus et Norton se rendirent sur le lieu ou le corps sans vie avait été déposé la veille. Ils eurent confirmation de ce qu'ils soupçonnaient: il avait disparu, probablement récupéré par les commanditaires de l'attaque. En effet la coïncidence était trop grande, l'assaut avait dû être commandité et en tirant le fil de leurs réflexions les acolytes en étaient venus à soupçonner l'implication de l'arbites. Les membres du magistratum étaient les seules personnes mises au courant de leur présence et de leur destination. Cette révélation jeta un voile inquiétant sur toute cette affaire.

Après un point rapide sur les pistes mises en lumière lors de l'entretien avec Lili Arbest, les compagnons convinrent de la conduite suivante: Ismhaël et Norton retourneraient sur le marché afin de reprendre contact avec le camelot à la langue bien pendue de la veille tandis que Frère Pocus et Labienus se rendrait à l'église de l'Empereur-Dieu afin d'y retrouver Zed, l'ami du défunt Saul.

***

Ismhaël retrouva sans aucune difficulté l'anonyme vendeur rencontré la veille. Après une rapide discussion et quelques trônes glissés de main à main, l'homme orienta les deux comparses vers un certain Sikes, un original issu de la sous-ruche qui tenait une "boutique" éphémère dans un vieux techno-hab incendié situé non loin du marché.

Trouver Sikes fut aisé et le personnage se révéla bien être un récupérateur étranger au district qui bossait avec deux « apprentis » et un chien pouilleux grossièrement augmenté. Il avait monté un petit commerce de détritus, de chiffons, de tech­nologie récupérée et autres biens sans grande valeur. Ismhaël reconnut en lui un ruchard à son image qui avait vécu longtemps en apprenant à garder ses yeux et ses oreilles en alerte. Norton et lui jetèrent un coup d'œil à ses marquandises et acquirent sa " star, ayant appartenu à un homme peu soigneux aujourd’hui décédé" , un vieux pistolet-mitrailleur avec une nouvelle crosse pour une somme rondelette. Comme Ismhaël le pensait, cela détendit l'atmosphère et permit de converser de sujets plus sérieux. Sikes avait une petite idée de ce qui se tramait même s’il n’en maîtrisait pas encore tous les paramètres. Interrogé sur les disparitions et les mutants qui avaient attaqués les acolytes, le trafiquant se révéla une source d'informations préciseuses:

- Oh, je les ai vus moi aussi et ce ne sont pas des fantômes. Ces « yeux rouges » ils sont aussi solides que ce fusil à dispersion. Arpentant la nuit, kidnappant d’honnêtes prols. Il y a quelque chose d’étrange quand vous y pensez. Le nombre de rebuts ne diminue pas, pas plus que les gens de ma sorte, comme si nous n’étions pas assez bons pour eux.

- Et les forces du magistratum ? Elles ne font rien ? s'enquit Norton

- Les forces de l’ordre ? Laissez-moi rire ! Vous les avez bien observées ? Sans parler de leur désintérêt total pour les petits pots-de-vin… Si ce sont des hommes à la solde du Magistratum, alors moi je suis miss petite culotte à fleurs, reine de Malfi la sanguinolente.

-  Et vous sous-entendez que les spectres font un tri dans leurs cibles ?

- Il ne faut pas être un génie pour deviner qu’il se passe des choses étranges ici. Des honnêtes citoyens qui disparaissent alors que les rebus non, des forces de l’ordre inertes et un chef de narcotruands qui se terre dans un bar, la peur au ventre.

Norton et Ismhaël opinèrent du chef, satisfaits de la richesse de cet échange. De nombreuses portes venaient de s'ouvrir devant eux et allaient permettre à leur enquête de prendre un nouveau tour. 

- Il n'est de bonne compagnie qui ne se quittent mes amis lâcha abruptement Sikes. Les affaires ont été bonnes, mais mon instinct me dit d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs.

Sur ce, il congédia les deux acolytes et sollicita ses aides afin d'emballer le produit de leur récupération dans Coscarla.

Sikes le trafiquant est un fin renard.


***

Pendant ce temps, dans un autre secteur, Labienus et Pocus progressaient dans les quartiers en direction du nord et après une demi-heure de marche ils débouchèrent sur une petite place où se dressait l'église de l'Empereur Dieu. Elle était à l'image du reste du secteur: décrépie. Cette petite chapelle dédiée au Credo impérial était le domaine d’un prêcheur alcoolique du nom de Fayban. Il accueillit les deux acolytes sur le seuil de son temple avec des mots de réconfort et un appel au don. Chacune de ses paroles était accompagnée de relent de mauvais alcool. Malgré son état d'hébétude, Fayban répondit aux quelques questions posées du mieux qu'il pouvait.  Mais c'était clairement un homme faible, ce qui attisa la colère de Pocus. Fayban était indigne de porter le sacerdoce impérial et semblait porter un fardeau qui le rongeait lentement. Quoiqu'il en fut, il leur indiqua un homme en célébration sur un prie-Dieu. 

Labienus et Pocus sont accueillis par le prêtre Fayban.

À l’intérieur du bâtiment des icônes et statues étaient illuminées de centaines de chandelles, toutes allumées par les égarés et les désespérés, chacune destinée à un ami ou membre de la famille disparu dans la nuit. C'était sans aucun doute le témoignage visuel le plus efficace de ce qui se passait actuellement dans Coscarla. 
Lorsqu'il eut conscience de l'attention qu'on lui portait, Zed tenta de s'enfuir, bousculant des fidèles et renversant prie-Dieu et candélabres. Cependant nul échappatoire pour l'hab-ouvrier qui finit empoigné par Labienus. Après avoir rassuré Zed sur leurs intention et l'a voir convaincu qu'ils étaient envoyés par Lili, Pocus invita le poivrot à se livrer ce qu'il fit sans se faire prier: 

- J’étais avec lui la nuit… la nuit où il s’est volatilisé. Nous buvions à l’Union, pas beaucoup, juste assez pour faire passer le temps… quoi qu’il en soit, ce malfrat, je ne le connaissais pas et je ne l’avais jamais vu auparavant… bref, ce malfrat s’est accroché avec Saul. Il était très bruyant vous savez, il déblatérait tout et n’importe quoi. Cette racaille est arrivée et l’a blessé, pas gravement, mais suffisamment pour lui montrer qui est le patron… juste une entaille à la poitrine, nous avons tous vécu pire dans les manufactoria. Nous n’étions plus les bienvenus à l’Union, pas cette nuit en tout cas, alors nous sommes partis. Nous devions rentrer directement mais Saul se plaignait de sa blessure, il voulait aller à l’hospice, voir si l’un de ces messieurs charitables pouvait le recoudre ou lui donner quelque chose contre la douleur. Les lumières étaient allumées dans l’hospice. On pouvait le voir de là où nous étions, brillant dans les ténèbres. Personnellement, je suis retourné chez moi, car cet endroit me file la trouille. Bien sûr, c’était avant que les disparitions ne commencent réellement. Saul était l’un des premiers

Après un échange qui n'apporta aucune information supplémentaire mais forts des informations nouvelles déjà obtenues, Labienus et Pocus prirent congé de Zed le laissant à son réconfort religieux. 

Le rendez-vous avec leurs compagnons avait été fixé sur la place, non loin de l'immense statut qui la dominait. Ainsi les deux compères retrouvèrent Ismhaël et Norton à l'endroit convenu. Le squat attira l'attention des nouveaux venus sur un fait bien particuliers: le secteur avait été bouclé ! Ismhäel et lui-même avaient constaté la présence des arbites en arme devant le Transpole, ce qui ne faisait que confirmer leurs soupçons quant à l'implication des forces de l'ordre dans les évènements. 

Le mugissement d'une trompe industrielle interrompit le cours des réflexions des enquêteurs de l'inquisition. Autour d'eux de nombreux anonymes se mirent en marche vers un secteur encore non exploré par Labienus et ses compagnons. 

 - L'appel de la soupe dont nous a parlé Sikes, supputa Ismhaël.

 - Alors suivons les et mêlons nous à la foule pour accéder au lieu proposa Labienus

Ainsi fut fait.

***

Comme le reste de Coscarla, l'hospice se révéla être délabré et la plupart de ses services semblaient fermés et son personnel réduit à un unique directeur – un adepte du nom de Moran – qui n’avait que deux subalternes et quelques serviteurs pour l’aider. 

En se mêlant à la foule des anonymes,  Labienus confirma qu'une fois par jour, au milieu du cycle diurne, le réfectoire servait bien un bol de gruau proti­dique accompagné d’un morceau de pain (dans la limite de ses stocks) à tous ceux qui pouvaient présenter une pièce d’identité valide ou payer un demi trône pour le repas. 

Cependant, Labienus fut rapidement repéré en raison de son apparence qui détonnait parmi les hab-ouvriers et un homme de belle prestance, qui se tenait à l'entrée, l'interpella. Directeur de l’hospice de Tantalus, Moran se présenta lui-même comme un adepte distant mais effi­cace, administrant une quantité décroissante d’aumônes et d’aides destinées aux ouvriers, le tout avec un budget en conti­nuelle diminution. Il répondit courtoisement aux interrogations d'un Labienus qui s'était présenté comme un copiste ayant été dépouillé de sa bourse de trônes à la sortie du transpole. Moran compatit et l'invita à prendre un bol de gruau dans la salle commune, puis il retourna s'occuper de ses ouailles. Labienus pénétra donc l'hospice. À l’intérieur, le sol du grand vestibule était couvert d’une mosaïque représentant l’emblème du consortium Tantalus, en partie recouverte par une épaisse couche de crasse. Une large arche sur la gauche s'ouvrait sur le réfectoire et une autre, située en opposition, donnait sur l’amphithéâtre à l'abandon comme le découvrit Pocus qui s'étit lui-aussi glissé dans le bâtiment. Directement en face de l’entrée, un grand escalier en fer à cheval mènait au premier étage, un bureau de réception marbré était placé à ses pieds, supporté par deux grandes statues austères représentant des adeptes en robes levant vers le ciel des torches enflammées. Jour et nuit, la pâle lumière émanant les lumiglobes montés sur les torches était la seule source de luminosité du lieu, projetant de longues ombres sur le sol crasseux. Laissant le vestibule derrière lui, Labienus entra dans le réfectoire. Cette grande salle carrée accueillait à cette heure une centaine de personnes, assises à de longues tables sur des chaises et bancs dépareillés. Les murs étaient couverts de scènes et de citations visant à inspirer les « convives ». La nourriture était servie via des passe-plats métalliques donnant sur les cuisines. Le seul élément de décoration de "luxe" était un grand miroir endommagé situé sur le mur attenant aux passe-plats,  Labienus se vit servir un un bol de gruau protidique accompagné d’un morceau de pain qu'il goutta du bout des lèvres après s'être attablé avec des prols silencieux. Un quart d'heure plus tard, Labienus était sorti et son vox raisonnait de l'appel d'Ismhaël

- Les arbites en ont après nous ! On se sépare et on se retrouve à l'immeuble B6. Il fait l'angle, 3éme rue en partant de l'hospice. Prochain contact dans 2 heures. 

- Bien reçu ! Personne ne retourne chez Saül. On récupéra le poing augmentique plus tard. Bonne chance à tous.  

 


Adeptus Arbites by George Earl Abalayan



Chapitre suivant : la chambre des horreurs

jeudi 1 juin 2023

Dark Heresy

Le secteur Calixis

Le secteur Calixis comprend un grand nombre de mondes importants à la population très dense mais il est fort éloigné du cœur de l’Imperium et, comme c’est le cas pour bien des domaines impériaux, il doit trouver seul les moyens de se défendre et de subsister. Comme tous les territoires de l’Imperium, il est en permanence sous la menace des principaux périls que doit affronter l’humanité : la guerre, la mutation, les activités des xenos, les manifestations du Chaos et ainsi de suite. 


Pourtant, un danger très particulier se dissimule quelque part dans les replis du secteur Calixis, une menace mystérieuse qui, selon une prophétie, sera la cause de son anéantissement, et c’est cela qui a attiré l’attention de l’Inquisition sur cet ensemble de mondes. Cette énigmatique menace, l’Hereticus Tenebræ ou l’astre Tyran, comme on l’appelle également, est une dangereuse énigme dont les forces de l’Inquisition souhaitent ardemment découvrir la clé pour la désamorcer avant qu’il ne soit trop tard.

Le secteur Calixis est situé en bordure d’un bras spiral de la galaxie. Sur sa frontière avant, dans le sens de rotation galactique, il est mitoyen du secteur Scarus. Sur sa frontière arrière, il touche aux dangereux territoires du Grand nuage de Fydae. Sur sa frontière interne, orientée en direction du cœur de la galaxie, son voisin immédiat est le secteur Ixaniad. Enfin, sa frontière externe, tournée vers l’espace intergalactique, longe les territoires contestés des étoiles du Halo, une zone sans lois ni régulations.

Le monde-ruche de Scintilla est situé dans le quadrant de Golgenna, c’est le monde-capitale du secteur Calixis. Avec Sepheris Secundus, un infernal monde minier, et Iocanthus, une planète déchirée par la guerre, elle forme le triumvirat des planètes indispensables à la survie du secteur. 

Officiellement, l’homme le plus puissant du secteur Calixis est Marius Hax, le gouverneur du secteur qui le dirige au nom de l’Adeptus Terra depuis le palais de la Lumière, sur Scintilla. Toutefois, c’est le conclave Calixis, dirigé par le seigneur inquisiteur Caidin, qui détient l’autorité ultime dans le secteur, comme une ombre toute-puissante et clandestine dissimulée derrière les emblèmes et les figures de proue du pouvoir. 

Dans le secteur, nul ne peut aller à l’encontre des édits de l’Inquisition. Les autres serviteurs importants de l’Imperium dans le secteur sont : 

  • le seigneur inquisiteur Zerbe, de la cabale tyranienne, 
  • le cardinal Ignato, de l’Adeptus Ministorum, 
  • le haut marshal Goreman, de l’Adeptus Arbites, 
  • le maître astropathe Xiao,
  • la chanoinesse Goneril, de l’Adeptus Sororitas. 
Par ailleurs, les grandes maisons, formées par les corporations et les familles aristocratiques qui sont représentées dans tout le secteur, rivalisent de puissance avec les Adepta. Même les maisons nobles mineures, dont l’influence se limite à une seule planète, exercent un très grand pouvoir sur le citoyen ordinaire.


Références

  • Dark Heresy 1ere Edition, Dan Abnett, Gary Astleford, Owen Barnes, Alan Bligh, Ben Counter, Kate Flack, John French, Guy Haley, Andy Hall, Tim Huckleberry, Andrew Kenrick, Mark Latham, T.S. Luikart, Mike Mason, Chris PramasBiographie, Richard 'Rick' Priestley - Bibliothèque Interdite (2008), ISBN : 978-2-9-1598992-2
  • Illustration: auteur inconnu , elle sera retirée sur simple demande.
  • Carte:  Darius Hinks, Andy Law & Mark Raynor, Dark Heresy 1ere Edition p 286-287)
  • Copyright © Games Workshop Limited. Games Workshop, Warhammer 40,000, le jeu de rôle Warhammer 40,000, Dark Heresy, les logos de ces marques respectives, Rogue Trader, Dark Heresy et toutes les marques associées, ainsi que les logos, lieux, noms, créatures, races, ainsi que les insignes, logos et symboles de ces races, véhicules, armes, unités ainsi que les symboles de ces unités, personnages, produits et les illustrations des univers de Warhammer 40,000 et de Dark Heresy sont soient ®, TM et/ou © Games Workshop Ltd

lundi 29 mai 2023

Zombicide In Tenebris - Campagne le Grand Est

Quêta 8 : la mine abandonnée 

Difficile / 6+ Survivants / 12 minutes

Après avoir purifié Baunes-Les-Nones par le fer et le feu, les mercenaires de Bassilère goutèrent à un repos bien mérité durant quelques jours à l'abri de l'enceinte du village. A l'occasion de cette glorieuse mission, la magicienne Morgan avait découvert le véritable repaire des nécromanciens. Mais avant de pénétrer In Tenebris Sanctuary, les sauveurs de Bassilère devaient se rendre dans une mine abandonnée, creusée dans les contreforts des Mont Brumeux. Un prêtre de la déesse Mère y aurait dissimulé des saintes reliques capables de contrer l'influence maléfique des nécromanciens. Sans le savoir, Clovis et ses compagnons d'armes marchaient vers un funeste destin et la plus difficile des missions qui leur fut confiée depuis la début de leur périple.



Nous avons joué ces parties il y a plusieurs mois maintenant et je ne peux que livrer des photos sans pouvoir rédiger un rapport romancé. Deux groupes de mercenaires ont rencontrés leur destin dans la mine maudite dont le vétéran Clovis. Je vous livre donc les photos de notre dernière tentative.

Je rappelle que je joue les scénarii en mode campagne avec l'ajout d'un ensemble de règles maison comme une phase village et des possibilités de recrutement. Les héros ne soignent qu'une blessure entre les aventures sauf à obtenir l'aide d'un médecin, d'un prêtre, etc. Ce système influe aussi sur l'objectif " tous les survivants doivent sortir". Cet objectif n'est pas appliqué, les joueurs peuvent poursuivre la mission mais ils risquent ainsi de perdre d'autres héros qui sont autant de mercenaires disponibles de moins pour le reste de la campagne.


Tentative 3

Après 2 tentatives malheureuses, un nouveau groupe de mercenaires se mobilise afin de remporter la victoire et de mettre la main sur les artefacts nécessaires à la victoire.

Tirage des cartes de la phase village

Une nouvelle fois, le village encourage ses héros. Ces derniers ont la chance de voir l'apothicaire sortir de son échoppe afin de leur fournir une précieuse potion de Feu de Dragon tandis que le noble leur offre un bouclier. Après la divination de Prolix le devin qui leur permet d'entrevoir l'avenir et les dangers à venir, les héros se mettent en route sous les vivats des villageois ( +1 XP pour chaque joueur).


Nouvelle mise en place du terrain de jeu.


Autour de Lady Grimm (Marc) se tiennent Azrael l'elfe (CaptainLille), Azur le Drow (Jeff), Baldric le mage (Jeff), Berin le nain (Charlotte) et Cadence l'archer (CaptainLille).


Le groupe de mercenaire

Les grands moyens sont requis pour stopper l'assaut des nécromanciennes Médéa et Severa.

Baldric parvient à s'enfoncer dans les mines.

Cadence fait une bien mauvaise rencontre dans les ténèbres de l'exploitation.

Il parvient à fuir par la crypte et découvre un trésor.

Bérin se trouve bien démuni à l'ouverture de la porte

La relique est gardée par une Wolf abomination, Pas de chance.


Le valeureux Berin survit à la Wolfabomination pour périr sous les dents d'un rat !

Risque calculé: faire exploser un fatty Buster

Lady Grimm et Azrael s'emparent de la relique: l'aventure continue.


Victoire des héros de Bassilère

Victoires: 8
Défaites: 11
Défenseurs du village tués: 26


Conclusion

Cette aventure dans les mines a été un vrai calvaire pour les survivants de Bassilère. Cependant après bien des morts et des sacrifices, les survivants ramènent triomphant les précieuses reliques au village. Il est temps d'en finir avec les infâmes nécromanciens et de leur porter le coup de grâce.

vendredi 26 mai 2023

Dark Heresy

Le tranchant des ténèbres - Chapitre 1

Lire le Prélude

La division Coscarla

Le voyage jusqu’à Coscarla prit plusieurs heures par le trans­pole. Les acolytes changèrent plusieurs fois de ligne, dans des voitures de plus en plus délabrées et vandalisées. Leurs laissez-passer et cognaugures furent vérifiés plusieurs fois par les agents suspicieux du Magistratum, les serviteurs du réseau de transport et autres officiels. Alors que leur trajet progressait ils traversèrent les espaces ouverts et l’air pur du district gouvernemental, descendant lentement au travers des niveaux inférieurs de la ruche et les vestiges d’une architecture autrefois splendide, maintenant réduits à l’état de ruines. Des tours-hab poussaient sur ce qui fut autrefois de magni­fiques voûtes d’acier célestes tandis que les manufactoria s’éten­daient sur des kilomètres, produisant un incessant vacarme tout le long du trajet. Plus ils s’enfoncèrent, plus leur environnement devint sombre, vétuste et insalubre. Ce furent les étendues infé­rieures de la ruche intermédiaire, le transpole n'allait pas plus loin. Au-delà de ce cercle se trouvait la sous-ruche où seule régnait la loi de la jungle. 

Les heures de voyage permirent aux acolytes de faire plus ample connaissance. Ainsi, Ismhaêl se révéla être un agent plus expérimenté, ayant déjà participé à deux missions: l'une l'ayant conduit dans les mines de Sepheris Secundus et l'autre sur Locanthus. Pocus se souvint que cette affaire avait provoqué quelques remous au sein de l'Eglise et on avait même évoqué à mots couverts l'intervention de l'Ordre du Calice d'Ebène. L'adepte se demanda quel était le degré d'implication d'Ismhaël dans cette histoire. Norton était quant à lui l'un des ces soldats anonymes de la garde, combattant dans une guerre oubliée. Il avait cependant su attirer l'attention de l'inquisition et s'était vu proposer une nouvelle affectation que l'on ne refusait pas. Enfin Labienus était la caricature du copiste de l'administratum. Maigre, sans charisme, ni signe distinctif, il se présentait lui-même comme un humble bibliothécaire qui avait découvert un secret qu'il n'aurait pas dû.

Après être sortis de la station transpole, Ismhaël et ses compagnons découvrirent que Coscarla ressemblait à une ville abandonnée, enterrée, drapée dans les ténèbres sous un ciel de plomb. C'était un lieu froid et vide, où toutes les habitations et tours-hab étaient noircies par le feu, ou regardaient silencieusement au travers de leurs centaines de fenêtres brisées, tandis que d’anciennes arches et colonnes de granite noir se fondaient dans l’obscurité. L’éclairage le long de la voie publique clignotait et produisait une lumière pâle et crépusculaire. Des détritus et débris encombraient les allées latérales dans lesquelles les formes indistinctes de rebuts (ou pire) se dissimulaient.

Labienus frissonna:

" Ne trainons pas ici, rendons directement à l'adresse de Saul. C'est certainement le meilleur endroit pour commencer notre enquête. Qui plus est, nous pourrons toujours squatter son appartement le temps que nos recherches aboutissent."

Ses compagnons opinèrent du chef, mais aucun d'entres eux ne connaissaient les lieux et il allait être difficile de se fier aux panneaux d'indication car la plupart avait été vandalisé ou brûlé. Ce fut à cet instant que Norton avisa le poste des forces de l'ordre non loin de la station. Cette boite de lithobéton de deux étages évoquait une petite forteresse et plusieurs membres de l'Adeptus Arbites se tenaient à proximité de ses portes. Les acolytes fendirent la foule des miséreux et pénétrèrent sur la place où se dressait le commissariat. Ce vaste espace ouvert était dominé par une statue de granit de plusieurs dizaine de mètres de haut qui témoignait de l'époque où cette région faisait partie des domaines de la noblesse.

Norton s'approcha d'un des agents qui les avaient visiblement repérés dès leur arrivée. Cela n'était pas chose difficile au vu de leur allure et de leur équipement paramilitaire. L'échange fut pour le moins glacial, l'agent de l'administratum posant plus de questions que ne donnait de réponses. il sembla à Pocus que le représentant de l'ordre devint plus suspicieux encore à l'évocation de la tour-hab 717 et des réponses évasives du squat et d'Ismhaël quant aux raisons de leur présence. Il finit cependant par indiquer vaguement une direction qui allait les conduire à traverser le marché.

 



Se fiant aux indications de l'arbites, les acolytes s'enfoncèrent un peu plus dans le quartier en direction du marché. Situé à l’opposé de la place par rapport au poste des forces de l’ordre, ce ramassis hétéroclite d’étals, de camelots, de restos à ciel ouvert et de bric à brac de ferrailleurs était ce qui se rapprochait le plus d’un commerce légal dans le sud de Coscarla. Ismhaël se sentait chez lui au milieu de la foule et il proposa à ses compagnons de sentir un peu l'atmosphère du secteur. C'était selon lui le meilleur moyen d'en apprendre un peu plus sur ce qui se tramait ici. Bientôt, les compagnons se retrouvèrent "attablés" à manger de la foodstreet d'origine douteuse, tout en écoutant les locaux. Ismhaël poussa son enquête l'air de ne pas y toucher en glissant quelques trônes à un camelot et en acquérant un vieux manteaux de ruchard pour remplacer celui trop voyant de Labienus.

Le vendeur se laissa rapidement aller à quelques confidences:
- Cet endroit est en train de crever et les rats viennent bouffer sa carcasse. Les narcotruands, ces salauds qui crèchent à l’Union des ouvriers, les récupérateurs et ferrailleurs également… C’est la loi de la ruche évidemment, mais j’aurais aimé ne pas assister à ça ! 
- Cela me peut pas être aussi terrible que cela. Tout le monde sait que la vie dans les rues est difficile pour les sans-grades.  
- Certes, mais ici c'est pire. Il y a eu des disparitions… envolés, vous savez. Les gens n’en parleront pas, pas maintenant, mais tout le monde sait que ça arrive. Au début, on disait qu’ils avaient déserté, mais les gens ne partent pas comme ça, en laissant le peu qu’ils ont derrière eux… N’est-ce pas ? Certains disent que ce sont ces rebuts qui vivent dans les tours-hab abandonnées ou peut-être même ce salaud avec un couteau qui traîne du côté de l’Union des ouvriers. Mais même eux ne traînent pas dehors une fois les ténèbres tombées."


Promenade dans le district

De leur côté, Pocus et Labienus eurent la confirmation que les choses s'étaient détériorées depuis que le consortium Tentalus avait revendu un grand nombre de contrats serviles et que la panne généralisée d’électricité consécutive au grand incendie, avait réduit à néant toute activité commerciale viable. Tout le quartier semblait vivre sous une chappe de peur et de terreur à peine contenue qui n'avait pas échappé à Norton. Le vétéran de la garde pouvait la ressentir dans le moindre de ses os, comme lorsqu'il pressentait un assaut imminent dans les tranchées de Tranzalore.

Ismhaël confirma le ressenti de Norton car avant de quitter le commerçant, ce dernier  lui avait glissé un conseil: 

- " Ne vous retrouvez pas dehors lors du cycle nocturne mon ami. Vous trouvez que c’est sombre maintenant… Quand l’éclairage baisse, la lumière s’en va et… eh bien… Que le Trône vous vienne en aide si vous êtes piégé dans le noir, c’est tout ce que j’en dis. "

Un morceau du secteur de Coscarla afin de planter le décors

Quelques heures plus tard, laissant le marché derrière eux, les acolytes dépassèrent rapidement une place dominée par le hall de l’Union des ouvriers comme l'indiquait le nom sculpté sur le fronton du bâtiment. Cependant l'immeuble avait été vandalisé et semblait  désormais servir de QG à un gang dont les membres étaient aisément identifiables à leur tenue bariolée bleu et mauve.

Peu désireux de se frotter aux gangers, les acolytes poussèrent jusqu'à la tour-hab 717, bloc grisâtre de dix étages dont les fenêtres étaient ornées d’arches sculptées et de balcons gravés de l’emblème du scarabée. Ignorant l'ascenseur dont les portes béaient sur un grand vide obscur, ils s'engagèrent une cage d’escalier décorée de peintures murales endommagées représentant des ouvriers affairés et heureux, des nobles dispensant des dons depuis les hauteurs et diverses icônes des puissants de la cité. 


Où les premières pistes sont dévoilées

Norton le vétéran squat
Hormis les bruits étouffés parvenant au travers de quelques portes closes, tout le bâtiment semblait désert, silencieux et vide de toute activité. Ignorant les rares habitants, les acolytes tracèrent  jusqu’à la chambre de Saul, où ils trouvèrent la porte entrebâillée et la serrure brisée. Immédiatement Ismhaël se mit en position de couverture avec Pocus, couvrant ainsi les accès au palier ainsi que la cage d'ascenseur béante. Dès que se fut fait, Norton repoussa la porte du pieds et se rua à l'intérieur fusil laser pointé, Labienus sur les talons.

Le squat capta immédiatement la présence d'une personne tentant maladroitement de se dissimuler derrière le lit dans un coin, pelotonnée dans un pardessus trop grand pour elle et tenant fermement un sac à dos contre sa poitrine. Tout en diplomatie, il hurla de sortir les mains bien en évidence sous peine de finir avec un trou entre les deux yeux.

Lorsque la personne se redressa, apeurée, les acolytes reconnurent la sœur de Saul, Lili, une jeune femme qui semblait avoir vieilli prématurément à cause des soucis. Toujours suspicieux le nain lui arracha son sac et entreprit de le fouiller pour voir si elle n'y caché rien d'illégal ou de dangereux. Labinus, tout en la gardant sous la menace de son pistolaser , entreprit de la scanner à l'aide du bio-auspex. Analyse et fouille ne révélèrent rien d'inquiétant et la tension dans la chambre retomba. 

L'entretien qui s'en suivit révéla une ouvrière douée qui craignait de quitter Coscarla avant que le mystère de la disparition de son frère ne fut résolu. Elle ne cacha pas son soulagement en apprenant que le Licteur Locan avait finalement fait remonter sa  plainte. Bien que les acolytes laissèrent planer le doute quant à leurs employeurs, il devint évident pour la jeune femme qu'ils incarnaient l'autorité du magistratum qu'elle qu'en soit la branche.


Norton découvre une Lili Arbest terrifiée

La jeune femme était dévorée par le remord de ne pas s’être aperçue que son frère avait disparu depuis plusieurs jours. Cela  s'expliquait par le fait qu'elle avait un contrat pour travailler dans la haute-ruche.  Le temps qu'elle réalise qu’il avait disparu, plusieurs jours étaient écoulés. Elle l'avait cherché partout et s'était même rendue à l’Union des ouvriers pour retrouver sa trace. Les ouvriers et les narcotrafiquants présents ne lui  avaient fait aucun mal mais tous l'avaient fixée avec des regards vides et elle avait alors su qu'elle ne reverrait pas son frère.

Pocus lui confirma abruptement que son frère était bel et bien mort et que son corps avait été découvert dans le Transpole. Arbest avait été identifié et une déclaration de disparition avait alors émergé des fichiers du magistratum. Labienus calma la jeune femme qui s'était effondrée à l'annonce d'une nouvelle longtemps pressentie et il lui demanda si c'est bien elle qui avait déclaré la disparition. Elle opina du chef, en précisant qu'elle était effrayée à l'idée de se rendre au poste de police. Elle s'était cependant adressé au Licteur Locan. La réaction de l'arbites l'avait fortement surprise. Il était en effet passé du stade de la colère à celui de la peur. Il l’avait faite jurer par l’Empereur-Dieu et saint Drusus de ne plus jamais parler de ça, surtout aux autres agents des forces de l’ordre.
Aux questions des acolytes, elle répondit qu'elle ne connaissait pas d'ennemi à son frère et qu'il ne trempait dans aucun trafic pour ce qu'elle en savait.
Si elle ignorait qui avait kidnappé Saul, elle fournit une nouvelle piste d'investigation aux agents inquisitoriaux. Ils apprirent ainsi que le jour de sa disparition, Saul trainait avec son meilleur ami Evard Zed, Les deux hommes avaient l’habitude de noyer leur chagrin ensemble. Elle le présenta comme un alcoolo à moitié dingue, mais qui  pourrait être au courant de quelque chose. Lili était persuadée de l’avoir vu au temple le matin même lorsqu'elle y était allée afin d’allumer une bougie pour l’âme de mon frère.

Enfin, elle annonça son intention de fuir le district car elle avait le sentiment d'être suivie depuis qu'elle était revenue et son appartement avait été fouillé la nuit dernière. Elle était donc bien décidé à prendre le dernier Transpole pour rejoindre le district Porphyrie. N'ayant plus aucune raison de la retenir, Ismhaël et Norton décidèrent de l'escorter jusqu'à la station de métro afin de s'assurer de sa sécurité. Durant leur absence, Pocus et Labienus visitèrent l'appart de Lili et découvrirent que la porte avait été enfoncée avec violence. Entreprenants, ils décidèrent de rester dans cette chambre durant le cycle nocturne dans l’espoir de découvrir ce qui se tramait ici. Ceux qui cherchaient à faire taire Lili commettraient peut être l'erreur de revenir ici.



Où l'enquête prend un tour plus violent

Alors qu'Ismhaël et Norton s'en revenaient de la station transpole,  le cycle nocturne pointait, tout le district prit un aspect cauchemardesque tandis que faiblissait le réseau d’éclairage public. La lumière baissa brusquement et les habi­tants se hâtérent de s’abriter derrière leurs portes verrouillées à double tours. Alors que les ténèbres devenaient presque totales, les tours-hab se dressèrent telles des pierres tombales cyclopéennes dans un immense cimetière. Les rares sources de lumière provenaient de mousses luminescentes pous­sant dans les fissures des immeubles en lithobéton et irradiant une étrange et faible lueur. 

Dans l'appartement de Saul, Pocus et Labienus avaient installé un camp sommaire en récupérant quelques oreillers et un matelas chez Saul et en improvisant une table sur une grosse glacière blanche. Après un repas vite avalé de barres protéinées et un point sur la suite des opérations à conduire, les tours de garde furent organisés …

La respiration de Labienus se fit plus régulière et plus douce alors que le silence l'enveloppait. Bientôt son menton tomba sur sa poitrine et il sombra dans un sommeil sans rêve. Les deux créatures se tenaient devant la porte de l'appartement, à quelques mètres à peine des cibles désignées. Sous couvert de l'obscurité, elles n'avaient eu aucun mal à se glisser dans l'immeuble à l'insu des acolytes. Leurs capteur auribus percevaient le moindre bruit à l'intérieur de l'appartement, où plutôt l'absence de bruit. L'heure était venue de frapper …

Les voleurs de corps passent à l'attaque.

La porte explosa sous l'impact des poings augmentiques et les voleurs de corps se ruèrent dans l'espace désormais accessible.  Pris par surprise, les acolytes se dressèrent sur leur couche improvisée, Labienus poussa un hurlement réflexe et inutile: " Alerte !".

La vue des assaillants avait de quoi secouer les novices. Les créatures étaient partiellement recouvertes de loques, leur chair cireuse palpitant et se tordant étrangement sous leur peau presque translucide. Leurs articulations et doigts avaient été renforcés avec des bandes de métal pour éviter que leur chair ne se déchira et leur tête était couverte d’un masque cousu directement autour, au travers duquel brillaient d’un rouge terne des yeux augmentiques implantés.


Le choc de l'horreur passé, les acolytes réagirent promptement, et cela bien plus vite que les créatures ne s'y attendaient. L'aboiement du PM de Pocus se répercuta dans les couloirs tandis que plusieurs balles cueillaient la première abomination dans la poitrine faisant jaillir un fluide sombre et visqueux lors de chaque impact. Cela m'empêcha pas cette dernière de fondre sur Norton et de frapper violemment le nain à la poitrine. Sous la violence de l'impact, le squat bascula derrière le fauteuil sur lequel il se reposait. Il avait cependant eu le réflexe de ne pas lâcher son arme.

Ismhaël s'était vite repris et le grondement de son canon de poing emplit l'espace. Il avait pris pour cible la créature qui se tenait encore sur le seuil. Elle émit une sorte de vagissement grave en réponse à la blessure infligée. Désorientée, elle ne sut éviter le trait de laser émit par l'arme de Labienus. Les mutants étaient à l'évidence pris de court par la résistance de leurs victimes. 

Sans réfléchir Norton, bloqué entre le mur et le canapé, utilisa son fusil sur le monstre qui le dominait. Le rayon laser fila vers sa cible mais cette dernière fit mouvement afin de se tourner vers Pocus et se faisant évita le trait brulant.  Le prêtre de l'Empereur Dieu lâcha alors une nouvelle salve à bout portant sur son adversaire qui encaissa le choc. 

La bataille tournait en la défaveur des voleurs de corps qui firent volte face et s'enfuirent dans les ténèbres du couloir, immédiatement pris en chasse par les acolytes. La première des abominations plongea dans la cage d'ascenseur. Alors que la seconde sautait à son tour, Ismhaël, Norton et Pocus ouvrirent le feu presque simultanément, les projectiles frôlant parfois Ismhaël en pointe de la poursuite. Le temps sembla se figer un instant, la créature suspendue dans le vide. Puis les chairs de l'abomination éclatèrent sous les tirs, projetant de toutes parts du sang corrompu et des lambeaux de chair putride.  

Le silence se fit aussi brusquement que la violence avait éclaté. Quelques instants plus tard, les acolytes entourés le corps inerte de leur victime  Celle-ci n'était plus que la parodie d'un être humain. La tête, sur laquelle ne subsistaient que quelques rares touffes de cheveux bruns et bouclés, reposait sur des épaules et un corps aux membre tordus.

" Par le trône de Terra souffla Labienus le cœur au bord des lèvres. 
Fais ton boulot le scribouillard aboya Ismhaël. C'est toi qui a le nécessaire de bio-échantillonnage non

Labienus jeta des regards éperdus aux deux autres acolytes qui semblaient brusquement très vigilants, lui tournant le dos, et scrutant les ténèbres à la recherche du second monstre. Déconfis il s'attela à sa sinistre besogne. Il réalisa d'abord une rapide holovidéo de la scène, puis découpa avec le talent un singe d'arcardia l'une des mains augmentiques de l'aberration avant de prélever quelques bandelettes sur  le corps  et de les fourrer dans l'un des crytubes de Sand.
Tandis que Ismhaël et Norton jetaient le reste du corps dans une ruelle attenante à l'immeuble, Labienus vida le contenu de son estomac. Puis il se rendit sur le toit et y dissimula son sinistre trophée. Il ne souhaitait pas donner à l'arbites une raison de lui chercher querelle en transportant cet artefact hérétique.



Chapitre suivant : le repaire du Mal