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mardi 27 août 2024

✦ Dark Heresy : Mission Œil du Vide – Aventure JDR Warhammer 40K

 ++ Mission " Œil du Vide" ++

Prologue

Vaisseau noir Event Horizon émergeant du Warp dans l’univers de Warhammer 40K après une translation tortueuse.
Après des semaines d'une translation tortueuse à travers le Warp, le vaisseau noir Event Horizon émergea enfin dans l'espace réel, au cœur du secteur calixien. La masse imposante du navire, aux flancs noircis par des siècles de voyages ininterrompus, s'éloigna doucement des courants distordus du Warp, se stabilisant sur son nouvel itinéraire. À travers la verrière de la passerelle de commandement, la vue du Monde-Ruche Primus Scintilla, joyau industriel de l’Imperium, dominait l'horizon. Autour de la planète, une multitude de vaisseaux étaient en transit, certains escortés par les croiseurs de la Flotte Impériale.

Le capitaine Miller, vétéran des voyages interstellaires et fidèle au service de l'Inquisition, observait avec une attention aiguisée les manœuvres d'approche, veillant à ce que l'Event Horizon suive précisément l’axe désigné par le contrôle orbital. À ses côtés, la lieutenant analysait les données captées par les auspex, une série de lectures complexes mais familières, montrant un trafic spatial ordonné et une absence d'alerte des stations de défense planétaires.

Alors que la tension de la réintégration dans l'espace réel commençait à s'atténuer, un sous-officier des transmissions interrompit le calme relatif de la passerelle. "Capitaine, nous avons intercepté un message de détresse," annonça-t-il d’une voix marquée par l'urgence, ses doigts courant sur les commandes de son poste.

Miller se tourna brusquement vers l’officier, ses yeux plissés sous l’effet de la surprise. "Origine et fréquence?"

"L'origine semble être un corps en orbite autour de Scintilla, monsieur," répondit le sous-officier en recalibrant les instruments de communication pour isoler le signal. "Mais ce qui est étrange, c’est la fréquence… Elle correspond à celle de l’Œil du Vide."

Un silence tendu s'abattit sur la passerelle. L’Œil du Vide, une station de recherche et bastion de l’Adeptus Mechanicus, était supposée sous la protection exclusive des troupes d'élite Skitarii, la nature de ses missions restant classifiée. Ce signal, surgissant sans avertissement, éveilla immédiatement les soupçons du capitaine.

"Déployez une sonde et reliez-moi à l’Inquisiteur Vaarak Globus immédiatement," ordonna Miller, la gravité de la situation pesant lourdement sur ses épaules. Quelque chose d’inexplicable venait de se produire, et dans l’espace glacé qui les entourait, un mystère se profilait.


Table de jeu Dark Heresy dans l’univers Warhammer 40K avec décor 3D Core Space et Tenfold Dungeon, écran du maître et fiches de personnages.
Test de mise en place de l'intérieur de la station "Œil du vide"


***

Introduction

En orbite autour de la planète Scintilla, le vaisseau noir " Event Horizon" flottait menaçant, rappel de la l'omniprésence de l'Inquisition. Le silence des coursives du navire fut brisé par des alarmes stridentes. Une voix sévère retentit sur le vox général : « Tout le personnel aux postes de combat ! Ceci n’est pas un exercice ! » Dans l’urgence, un quartier-maître apparut devant les cellules de plusieurs acolytes de l’Inquisition, leur ordonnant de rejoindre le pont « D » où une navette les attendait. Sans explication supplémentaire, ils furent rapidement escortés.


Figurine peinte de Marco Cimbria, agent de l’Adeptus Arbites de Warhammer 40K, aux commandes de sa navette avant une mission Dark Heresy.
Marco Cimbria est aux commandes de la navette


Quelques minutes plus tard, sur le pont « D », une équipe se formait : les Frères du Ministorum Varnias Orl et Poccus, les gardes impériaux Mir le Rude, Wilhem Vilner et Norton Luckless, ainsi que l’Arbitrator Marco Cimbria. Ce dernier, déjà au fait des ordres, prit immédiatement les commandes du transporteur, sa concentration reflétant la gravité de la situation. Un officier de liaison leur tendit une tablette de données juste avant l’embarquement, les enjoignant de consulter leur ordre de mission en vol.


Figurines peintes de la suite inquisitoriale Dark Heresy : gardes impériaux Norton Lucklesse et Wilhem Vilner, accompagnés de Frère Varnias, prêts à embarquer pour leur mission Warhammer 40K.
Les gardes impériaux Norton Lucklesse et Wilhem Vilner sont accompagnés de Frère Varnias

La navette quitta l'Event Horizon, pénétrant dans l'immensité de l'espace. Une fois hors du hangar, Marco prévint les acolytes qu’ils pouvaient se détacher et consulter les informations de mission. Frère Poccus s’exécuta rapidement, activant le cogitateur portable. L’écran s'illumina, révélant l’image d’un technoprêtre nommé Pontius, visiblement en détresse. Il se trouvait dans une pièce exiguë, entouré de machines aux mécanismes cliquetants. « Je suis le technoprêtre Pontius de la station de recherche L’Œil du Vide. Ceci est un message de détresse. Que l’Empereur nous protège, les machines sont devenues folles… » Les paroles de Pontius furent interrompues par une explosion de la porte derrière lui. Des fragments métalliques volèrent, déchirant les écrans et transperçant le corps du technoprêtre. L’image se figea alors qu’un serviteur d’arme émergea des ténèbres, son visage macabre visible avant que l’écran ne s’éteigne.


Intérieur de la navette Dark Heresy dans Warhammer 40K avec Frère Poccus prêt à entrer en action.
Frère Poccus est déjà dans la navette, prêt à entrer en action.

Le message laissa place à un ordre de mission : les acolytes devaient se rendre sur L’Œil du Vide, une station de recherche en orbite autour de Scintilla. Leur objectif était clair : découvrir la cause de la rébellion des machines et récupérer autant d’informations que possible avant que l’Adeptus Mechanicus n’intervienne pour détruire la station et enrayer toute menace de propagation. Le compte à rebours avait commencé : dans six heures, un vaisseau de guerre du Mechanicus arriverait pour purger la station.


***

Le récit

Une demi-heure plus tard, le transporteur approchait lentement l’Œil du Vide. La station se dévoila peu à peu, révélant sa structure massive et inquiétante, un monument gothique dérivant silencieusement dans le vide spatial. Les lourdes arches d’acier noirci, ornées de motifs baroques et de gargouilles métalliques, semblaient observer l’arrivée des acolytes avec une sinistre expectative. Les lumières pâles et clignotantes des balises de la station projetaient des ombres mouvantes sur sa coque, accentuant l’atmosphère oppressante qui pesait sur l’équipage.

À bord de la navette, Marco, concentré au-delà de toute distraction, manœuvra l’appareil avec une précision chirurgicale, guidant la petite embarcation vers un sas d’entrée corrodé par les âges. La tension était palpable, chacun des acolytes se préparant mentalement à ce qui les attendait. Lorsque les crochets d’amarrage se verrouillèrent enfin dans un claquement sourd, un frisson de soulagement parcourut le groupe, rapidement remplacé par une concentration intense.

Les acolytes firent leurs premiers pas dans une salle aussi glaciale que nue, ses parois austères décorées uniquement par l’érosion du temps. Les murs, autrefois ornés de symboles de l'Adeptus Mechanicus, étaient désormais criblés de fissures, et un silence lourd régnait, perturbé seulement par le vrombissement lointain des machines. Une voix mécanique, dénuée d’émotion, résonna soudainement dans l’espace clos, annonçant le début du processus de décontamination. Mais quelque chose clochait.

Les vapeurs projetées des tuyaux au plafond n’étaient pas celles d’un simple nettoyage. Elles tourbillonnaient dans l'air, formant des nuages corrosifs, trop denses et mal mélangés, transformant l’opération en un cauchemar chimique. Les acolytes, alertés par une sensation de brûlure qui commençait à s’intensifier à travers leurs combinaisons, comprirent rapidement la situation. Grâce à leurs respirateurs et à l’intervention rapide de Frère Varnias, qui parvint à court-circuiter le système de décontamination à l'aide de son cogitateur portable, le processus fut interrompu à temps. Ils échappèrent de justesse à une mort atroce, mais le message était clair : la station elle-même était devenue hostile, et l'Esprit de la Machine qui la gouvernait semblait corrompu.


Figurines peintes Dark Heresy dans Warhammer 40K : Frère Varnias fait face à un serviteur du Mechanicus dans un couloir fissuré aux symboles de l’Adeptus Mechanicus, décor 3D.
Frère Varnias ne laisse aucun place à la négociation autre que musclée.


Ayant survécu cette épreuve initiale, les acolytes avancèrent avec une prudence redoublée. Dans les coursives froides et déshumanisées, un silence angoissant régnait, ponctué seulement par les échos métalliques de leurs pas. Ce fut là, à une intersection plongée dans une semi-obscurité, qu'ils firent leur première rencontre avec l'horreur qui avait pris possession de l'Œil du Vide. Le corps d’un technoadepte gisait sur le sol, un cadavre déformé par une mort violente. Son crâne éclaté laissait entrevoir un cerveau liquéfié, et ses yeux, ou ce qu’il en restait, avaient explosé sous l’effet d’une pression intérieure incontrôlable. Le spectacle macabre, résultat d'une surcharge mentale ou d'une défaillance lors d'un rite obscur, témoignait de la menace invisible qui rôdait.

Continuant leur progression, les acolytes rencontrèrent plusieurs serviteurs et cerveaux-crânes, patrouillant les couloirs avec des mouvements mécaniques et précis, leurs yeux artificiels scrutant sans relâche. Utilisant l’auspex, un appareil de détection avancée, ils parvinrent à contourner plusieurs embuscades, évitant de justesse les confrontations grâce à des mouvements calculés. Le chemin les mena enfin à une salle de garde, jadis fortifiée mais désormais réduite à un champ de bataille désolé. Des traces de combat récentes parsemaient le sol. Des éclats de métal, des impacts de bolts, et du sang séché racontaient une lutte acharnée, mais sans vainqueur visible.


Laboratoire Dark Heresy Warhammer 40K avec décor 3D : cuves contenant les corps inertes de technoadeptes, maintenus en vie par un réseau de tubes et câbles.
La salle des cuves est une pièce sombre et sinistre



Marco, analysant les relevés du système de la station, découvrit avec inquiétude que de nombreux systèmes de survie avaient été désactivés ou sabotés. Une analyse plus poussée révéla deux zones d'activité anormale : le réfectoire, où une source de chaleur semblait provenir d’un foyer inconnu, et un laboratoire proche, d’où émanaient des ondes d’énergie erratiques. Après une rapide délibération, la décision fut prise d’explorer le laboratoire en priorité, un choix dicté par la logique autant que par l’instinct de survie.

***

Laissant derrière eux le poste de garde, les agents impériaux atteignirent une porte massive, gravée de pictogrammes désignant une réserve de serviteurs. Son métal froid et noirci par les âges semblait presque défier quiconque de l’ouvrir. Après un effort collectif, la porte s’ouvrit en grinçant, dévoilant une pièce sombre et oppressante. Les murs étaient tapissés de câbles pendants, certains encore actifs, projetant de faibles lueurs qui révélaient des silhouettes indistinctes. Cette salle était autrefois destinée à l’entreposage de serviteurs en attente de réaffectation.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : agents de l’Inquisition affrontant des serviteurs de combat corrompus dans un laboratoire décor 3D.
Le premier accrochage sérieux se déroule aux milieux des cuves


Désormais, elle abritait un ensemble de cuves renfermant les corps inertes de technoadeptes, maintenus en vie par un réseau complexe de tubes et de câbles. Frère Varnias découvrit que l’énergie de ces corps était détournée pour alimenter un mystérieux système. Après une discussion rapide, l’équipe décida de saboter l’installation, même si cela signifiait la mort des technoadeptes. Alors qu’ils se préparaient à agir, deux serviteurs surgirent, déclenchant un combat féroce. Les acolytes, malgré les blessures, parvinrent à neutraliser les menaces et à mener à bien le sabotage. Les portes des cuves s’ouvrirent, libérant les corps mutilés des technoadeptes, que Frère Poccus euthanasia pour mettre fin à leurs souffrances.


***


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : agents de l’Inquisition combattant des serviteurs corrompus de l’Adeptus Mechanicus dans un couloir décor 3D.
L'opposition à la progression des acolytes est de plus en plus vive.


Après un regard à l'horlogium, la compagnie prit la direction du réfectoire, zone identifiée comme regroupant des formes de vie active.
 
Mais la station ne se laissa pas faire : l'Esprit de la Machine força les acolytes à emprunter des corridors précis, ouvrant et fermant des portes à sa guise. À un moment critique, une porte s'ouvrit sur l’espace, aspirant violemment l’air de la station. Marco, dans un acte désespéré, parvint à refermer la porte, sauvant l’équipe d’une mort certaine.


Figurines Dark Heresy Warhammer 40K : agents de l’Inquisition poursuivant le combat contre des serviteurs corrompus Adeptus Mechanicus dans un couloir étroit.
Chaque couloir semble défendu par des serviteurs soumis à une volonté hérétique.


Défiant les pièges de la station, les acolytes rallièrent enfin le réfectoire. À l'extérieur, cinq serviteurs d’armes attaquaient la porte, accompagnés d’un Crâne Gardien. Wilhem lança une grenade à fragmentation, déclenchant une bataille acharnée. L’équipe l’emporta, mais Frère Varnias et Wilhem furent gravement blessés.  Norton, le squat, portait aussi les stigmates du combat.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : Wilhem, garde impérial de l’Inquisition, affrontant un cerveau‑crâne corrompu de l’Adeptus Mechanicus.
Le crâne-gardien n'a que peu de chance de survie face à un vétéran de la garde.


Une fois les ennemis vaincus, la porte du réfectoire s’ouvrit, révélant huit technoadeptes, qui tentèrent de faire bonne figure à la vue des acolytes. Parmi eux, trois étaient légèrement blessés, un autre gravement; mais tous étaient terrifiés. 

Leur leader, un technomancien nommé Nicodémus, se distinguait par ses nombreuses cybernétisations, son corps métallique scintillant d'une lueur froide. Il s'avança vers les acolytes avec une autorité calme, tenant fermement le groupe de survivants sous son commandement. Le visage marqué par la fatigue, mais les yeux brûlant d'une détermination indomptable, il prit la parole pour résumer la situation.

Selon lui, tout avait commencé il y a 24 heures, lorsque Kaltek, un autre technomancien, avait été découvert grièvement blessé dans les couloirs de la station. Rapidement plongé dans l’inconscience, Kaltek avait été transporté d’urgence au service médical. Mais une heure après son admission, les événements avaient basculé dans le chaos : les serviteurs et crânes gardiens, jusqu'alors fidèles exécutants des ordres des technoadeptes, avaient brusquement cessé de répondre. Pire encore, ils avaient adopté un comportement meurtrier, mais coordonné.


Salle remplie de technologies de l’Adeptus Mechanicus dans Dark Heresy Warhammer 40K, avec des Tech-Priests loyaux à l’Empereur, décor 3D.
Il reste 8 survivants regroupés tant bien que mal dans un espace réduit.


La première attaque avait ciblé la réunion de crise menée par les hauts gradés de la station, ainsi que le poste de garde des Skitarii. De cette boucherie, seul Nicodémus avait survécu, sauvé par la bénédiction du Dieu Machine. Simultanément, d’autres technoadeptes avaient été pris pour cible, l’anarchie s’étant rapidement propagée à travers toute la station.

Réunis dans le réfectoire, les quelques survivants avaient tenté en vain de contacter l'extérieur via le poste de communication local. Voyant l’échec de leurs efforts, l'adepte Pontius s’était porté volontaire pour rejoindre la salle de communication principale dans un ultime espoir d’envoyer un signal de détresse. Depuis, ils n'avaient plus eu de nouvelles de lui. La présence des acolytes indiquait cependant qu'il avait réussi, au prix de sa vie.

Nicodémus expliqua ensuite qu'ils avaient découvert que l’Œil du Vide était désormais contrôlé par une force maléfique, un esprit corrompu qui manipulait les systèmes de la station à son gré. Praetus, l'un des survivants, avait heureusement réussi à isoler les systèmes de survie et de contrôle du réfectoire, créant un îlot de sécurité temporaire. Mais cette protection avait ses limites. Les machines possédées s’étaient acharnées sur les portes de leur refuge, tentant de les défoncer pour mettre un terme à leur résistance. Seules la solidité des portes et la détermination des survivants avaient permis de tenir jusqu'à l'arrivée des acolytes.

Interrogé par les acolytes sur les activités des technoprêtres de la station, Nicodémus répondit d'une voix froide et tranchante : « Nous suivons les ordres de notre hiérarchie. Les affaires de l'Adeptus Mechanicus ne concernent en rien l'Inquisition. » Son ton ne laissait aucune place à la discussion, sa loyauté envers son ordre étant aussi rigide que ses implants cybernétiques.

Cependant, Victus, un technaugure plus humble, osa prendre la parole. Il expliqua, avec une certaine nervosité, que tout ce qui se passait dans la station était réalisé sous un contrôle strict, suivant des procédures rigoureusement établies. Il mentionna également que d'autres stations avaient des rôles similaires, chacune étant dédiée à des recherches différentes dans des domaines variés.

Mais avant qu'il ne puisse en dire davantage, un autre technoprêtre, Praetus, l’interrompit brutalement. « Tais-toi, Victus ! » aboya-t-il avec colère. « Ne révèle pas à des profanes les secrets de notre ordre ! » Ses yeux lançaient des éclairs, et il semblait prêt à en découdre pour préserver les mystères de l'Adeptus Mechanicus.

La tension monta d'un cran lorsque Nihilius, l'électropêtre gravement blessé, éclata soudain d’un rire hystérique. Son visage se tordit dans une expression de folie alors qu'il se mit à prophétiser leur mort imminente. « L'Empereur-Dieu nous punit ! Nous avons souillé nos corps, corrompu nos âmes en manipulant ces artefacts xénos maudits ! La fin est proche, et nous serons tous condamnés ! » Ses mots résonnèrent dans le réfectoire comme un sinistre présage.

Nicodémus, furieux, ne laissa pas le temps à Nihilius de continuer. Il le bouscula violemment, le faisant chuter lourdement au sol. L'impact provoqua une grave hémorragie chez Nihilius, déjà affaibli par ses blessures. Le sang jaillit de ses plaies rouvertes, et il s'effondra dans une mare écarlate. Quelques instants plus tard, il perdit conscience, son souffle se fit de plus en plus faible, jusqu'à ce que la vie le quitte.

La mort de Nihilius ne troubla pas les acolytes, endurcis par des situations bien plus sombres. Frère Poccus, imperturbable, remercia Nicodémus pour ses explications, mais il n'en demeurait pas moins préoccupé par le déclencheur de cette crise. Un doute s’insinua dans son esprit : quelque chose avait dû provoquer cette révolte des machines.

Marco Cimbria, toujours pragmatique, s’avança et posa la question qui brûlait les lèvres des acolytes : « Y a-t-il eu des changements dans la station ces dernières semaines ? Quelque chose d'inhabituel ? » Les technoadeptes se regardèrent un instant, cherchant dans leur mémoire, mais aucun ne sembla pouvoir signaler quoi que ce soit d'inhabituel. Le silence s'installa à nouveau, chargé de tension.

C’est alors que Victus, le technaugure, sembla se souvenir de quelque chose. « Il y a bien eu un événement… L'arrivée d'un Cyber-oracle nommé Ephraïm, » murmura-t-il, comme si ces mots avaient été enfouis au plus profond de sa mémoire.

Les acolytes tournèrent immédiatement leur attention vers lui. Interrogé plus avant, Victus expliqua que ce Cyber-oracle était leur plus récente recrue. Son arrivée remontait à plusieurs mois seulement. Ils avaient reçu l'ordre de l'accueillir, de lui affecter un laboratoire, et de le laisser travailler sans poser de questions. L'ordre venait directement d'un Magos de l'Adeptus Mechanicus, un certain Erasmus Nitrix, figure influente au sein de l'organisation. Au-delà de cela, les technoadeptes n'en savaient guère plus.

Cette révélation éclairait d'un autre jour la situation.  Qui était vraiment Ephraïm, et son arrivée coïncidait-elle vraiment avec le début des troubles ? Les acolytes savaient que pour tirer cette affaire au clair, il leur faudrait en apprendre davantage sur cet énigmatique Cyber-oracle, et peut-être affronter des vérités encore plus sombres que celles qu’ils avaient déjà découvertes.

Alors que les acolytes et les survivants débattaient fébrilement d’un plan pour atteindre le laboratoire d’Ephraïm et mettre fin à cette folie, un bruit sourd résonna à travers la station, suivi d'une vibration qui allait crescendo. Le métal gémissait sous une pression grandissante, ses plaintes métalliques se propageant dans les couloirs comme un sinistre présage. Frère Varnias, l'esprit aiguisé par des années de service au Ministorum, comprit rapidement la nature du danger. Les moteurs de la station avaient été activés. Leur destination était inconnue, mais une chose était certaine : ni l'Inquisition ni l’Adeptus Mechanicus ne permettraient à la station de quitter son orbite. Ils décideraient sans doute de la détruire avant qu'elle ne puisse causer davantage de dommages.

Face à l’urgence, les acolytes prirent la décision d’évacuer les technoadeptes. Le temps leur était compté, et toute hésitation pourrait leur coûter la vie. Toutefois, Marco Cimbria, toujours méfiant, n’avait aucune confiance en ces serviteurs du Mechanicum. Leur loyauté envers leur ordre était indéfectible, et il redoutait – avec raison – qu'ils n'essaient de prendre le contrôle de leur navette pour rallier un vaisseau de l’Adeptus Mechanicus, sacrifiant la mission des acolytes au nom de leurs propres objectifs.

« Je les accompagne, » déclara Marco d'une voix ferme. «  Je les escorterai jusqu'au shuttle puis avec Mir nous nous assurerons qu'ils ne fassent pas de folie. »

Les autres acolytes acquiescèrent, reconnaissant la sagesse du plan de Marco. Il n'était pas question de laisser ces technoadeptes prendre la situation en main. Leur mission était trop cruciale pour risquer une trahison, même involontaire, de leur part.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : Marco Cimbria de l’Adeptus Arbites escortant des Tech-Priests vers la navette, décor 3D.
L'Adeptus Arbites Marco progresse en direction de la navette.


Marco se mit en position, son arme prête, guidant les technoadeptes pour les conduire à leur navette. L’atmosphère était tendue, les regards méfiants échangés entre les deux groupes trahissant l’incertitude qui régnait. Nicodémus et ses compagnons, bien qu’ayant compris la gravité de la situation, n'appréciaient guère d'être traités en prisonniers. Mais ils se plièrent aux ordres, sachant que l'heure n'était pas à la confrontation interne.

Le groupe se mit en route, progressant rapidement dans les couloirs déserts de la station, où les échos des vibrations des moteurs résonnaient toujours. Chaque seconde comptait désormais, et l’ombre de la destruction imminente pesait lourdement sur leurs épaules.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : Techno-Adepte Victus guidant ses acolytes vers le repaire supposé de l’Heretek dans une salle immersive décor 3D.
Le techno-adepte Victus  guide les acolytes vers le repaire supposé de l'Heretek. 


Le technoadepte Victus, désobéissant à l’ordre de Nicodémus, avait décidé de se séparer du groupe principal, insistant pour guider lui-même les agents de l’Inquisition vers le laboratoire d’Ephraïm. Cette décision, bien qu’altruiste en apparence, suscita la colère et l’inquiétude de Nicodémus, qui voyait dans cette initiative un risque inutile.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : Wilhem, garde impérial de l’Inquisition, combattant un serviteur de combat dans une salle avec bouches d’évacuation thermiques crachant des flammes.
Outre les serviteurs, le vaisseau recèle de bien des dangers comme les bouches d'évacuation thermiques.

Le chemin jusqu’au repaire d'Ephraïm, le probable hérétek, se révéla être un véritable parcours du combattant. Éveillé à la menace que représentaient les acolytes, Ephraïm utilisait toutes les ressources à sa disposition pour leur barrer la route. À plusieurs reprises, des surpressions soudaines dans les conduits provoquérent des explosions violentes, envoyant des vagues de flammes brûlantes sur leur passage. Les acolytes durent esquiver ces pièges meurtriers, et certains ne purent éviter d'être touchés, subissant de douloureuses brûlures qui perçaient même les armures les plus solides.


Laboratoire de Bio-Exogénie Dark Heresy Warhammer 40K avec décor Core Space, désert et dominé par une vaste cuve, figurines peintes.
Laboratoire de Bio-Exogénie

Alors qu'ils progressaient à travers la station, les acolytes passèrent devant plusieurs laboratoires à l’allure sinistre et intrigante, dont les plaques indiquaient "Recherche sur les Armes à Énergie", "Bio-Exogénie" et "Archéotechnologie". Bien que ces découvertes aient éveillé leur curiosité, ils ne pouvaient se permettre de s'attarder

***

Laboratoire de recherche sur les armes à énergie Dark Heresy Warhammer 40K avec décor Core Space, figurines peintes et un Kataphron Destroyer en sommeil au centre.
Laboratoire de Recherche sur les Armes à Énergie

Presque arrivés à destination, les acolytes furent soudainement attaqués par les derniers Serviteurs d’Armes et Crânes Gardiens, des machines de guerre à peine humaines qui ne vivaient que pour obéir. Le combat fut brutal et désespéré. Soudain un Serviteur d'Armes, plus puissant que les autres, surgit des ténèbres. Vilhmer, garde impérial au courage inébranlable, se jeta sur la créature, son arme à deux mains prête à frapper. Mais face à la hache tronçonneuse du serviteur, il n’eut aucune chance. La lame cruelle trancha dans sa chair, découpant son corps de l'épaule jusqu'à l'aine dans un jaillissement de sang. Le cri de douleur de Vilhmer résonna dans le couloir, mais il n'eut pas le temps de souffrir davantage.

Norton, fou de rage, prit la suite de son camarade tombé. Il visa avec une précision mortelle et fit feu, le tir frappant directement la tête du serviteur, réduisant définitivement au silence la machine meurtrière.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K et Warzone Target Games : duel entre un garde impérial de l’Inquisition et un puissant serviteur d’armes protégeant le repaire de l’Heretek.
Un puissant serviteur d'armes protège l'accès au repaire de l'Heretek.


Couverts par leurs compagnons, Frère Varnias et le technaugure Victus se retrouvèrent devant la porte massive qui menait au laboratoire d’Ephraïm. La porte était scellée par des sécurités avancées, nécessitant une technomaîtrise pointue pour être ouverte. Tandis que les autres luttaient pour leur survie, Victus se concentra, ses doigts dansant sur le clavier des runes de commande. Après plusieurs tentatives anxieuses, la porte céda enfin, s'ouvrant lentement sur le laboratoire.

La scène qui les accueillit fut un cauchemar de technologie dévoyée. La salle était plongée dans un chaos indescriptible. Des objets d’analyse, tubes d’essai, et matériels technologiques étaient éparpillés sur le sol. La faible lueur émise par quelques lumiglobes accrochés aux murs révélait un spectacle d'horreur. Au centre de la pièce, Ephraïm flottait, soutenu par des dizaines de câbles qui s’enfonçaient dans sa chair. Il n’était plus qu’un vestige d’être humain, son corps fusionné avec la machine, une symbiose grotesque de chair et de métal. Des éclats de lumière bleue, verte, et rouge jaillissaient de son corps mutilé, courant le long des câbles jusqu'aux murs.

Seul le haut de son visage restait intact, et de ses yeux rougeoyants, Ephraïm les fixait avec une froide intensité.

« Il est trop tard, » déclara-t-il d'une voix déformée par la machine. « Vous ne m’empêcherez pas d’atteindre la symbiose totale. Je deviens la machine, je suis la machine. Je réalise le rêve d’Erasmus sans lui. Il a voulu doubler les Logomanciens pour son propre compte, mais nous sommes forts et personne ne nous empêchera de rendre à l’humanité son apogée technologique. »

À ces mots, les câbles qui l’entouraient commencèrent à s’agiter, se transformant en fouets de métal prêts à frapper. Les acolytes se préparèrent à un dernier combat, sachant que leur mission, et peut-être leur vie, se jouait dans ces instants. Le combat final venait de commencer.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : Sanctificateur Poccus mettant hors service un Cerveau-Gardien dans un décor 3D.
Poccus s'occupe d'un ultime Cerveau-Gardien.


****

Pendant ce temps, à l’autre bout de la station, Marco Cimbria et les technoadeptes atteignirent enfin la navette où les attendait Mir.. L'atmosphère était tendue alors que Marco se précipitait pour lancer les procédures de décollage d’urgence. Nicodémus et ses coreligionnaires prirent place à bord de la navette, s'installant rapidement et se sanglant sous le regard méfiant de Mir, qui gardait une main proche de son arme, prête à intervenir au moindre signe de trahison.

Hangar Dark Heresy Warhammer 40K avec décor 3D : navette des joueurs et Tech-Priests survivants montant à bord, figurines peintes.
Marco Cimbria parvient à rallier la navette avec l'ensemble des membres du Mechanicum.

Le silence pesant était seulement interrompu par le bourdonnement des instruments de bord. Une fois les procédures lancées, Marco tenta de calmer ses nerfs en prenant contact avec l’Event Horizon, le vaisseau de l’Inquisition qui devait être leur point de sortie. D'une voix tendue, il annonça qu'il avait à bord les survivants de l'Adeptus Mechanicus de la station L’Œil du Vide.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : Tech-Priests survivants embarquant dans la navette des joueurs dans un hangar décor 3D.
L'évacuation débute.


À sa grande surprise, la réponse ne fut pas ce à quoi il s'attendait. Un ordre d’évacuation immédiate lui fut donné, tranchant et impérieux. Marco, stupéfait, essaya de protester, expliquant que ses compagnons, des agents précieux de l’Inquisition, étaient toujours à bord de la station et qu’ils ne pouvaient pas les abandonner à un tel sort. Mais la voix de l’officier de liaison de l’Event Horizon, impassible et froide, ne lui laissa aucune marge de négociation. Le ton était sans équivoque : un vaisseau du Mechanicum venait d’entrer dans le cadran spatial, et il était impératif que l’Inquisition mette la main sur les technoadeptes survivants avant que les serviteurs de l'Omnimessie ne puissent les récupérer.

Marco sentit une boule de colère et d’angoisse se former dans son estomac. Le dilemme était cruel. Le devoir d’un Inquisiteur était d’agir pour le bien suprême de l’Empereur, mais l’abandon de ses compagnons pesait lourd sur sa conscience. Toutefois, le protocole et la nécessité stratégique étaient clairs. Il devait faire décoller la navette immédiatement, avec les technoadeptes à bord, pour empêcher qu’ils ne tombent entre les mains du Mechanicum, qui pourrait les utiliser à des fins que l’Inquisition ne pouvait tolérer.

Tandis qu'il enclenchait la procédure de décollage, Marco ne pouvait s'empêcher de prier silencieusement pour le succès de ses compagnons restés derrière, se demandant si le choix qu'il faisait était vraiment celui qui les sauverait tous.

***

Pour les acolytes restés à bord de la station, la situation basculait rapidement vers la catastrophe. Dès que le technnaugure Victus fit un pas dans le repaire d'Ephraïm, l'hérétek, il fut immédiatement pris pour cible par l’un des derniers serviteurs d'Ephraïm, un être grotesque et terrifiant, dont l'efficacité létale n'était plus à prouver. Un seul tir, un bolt d’une puissance implacable, atteignit Victus en pleine tête. Le bruit de l’impact résonna dans la salle, suivi du bruit sourd de sa tête explosant comme un melon trop mûr. Le technaugure s’effondra lourdement, son corps sans vie chutant au sol, marquant ainsi la fin brutale de son combat.

Frère Varnias, témoin de cette scène macabre, réagit avec la rapidité du désespoir. Il déchargea plusieurs cartouches de son fusil à pompe en direction d'Ephraïm, espérant que cela suffirait à abattre l'hérétek. Cependant, les coups, malgré leur violence, n’eurent que peu d'effet sur la créature cybernétique, dont les modifications mécaniques semblaient le protéger des assauts conventionnels.

En réponse à cette attaque, Ephraïm agita un de ses fouets métalliques, une extension monstrueuse de son propre corps. Le fouet s'élança à une vitesse fulgurante, s’enroulant avec une précision mortelle autour de la gorge de Varnias. Le prêtre n’eut pas le temps de réagir avant de sentir le métal froid se serrer autour de son cou. Il tenta en vain de se libérer, mais la pression du fouet était implacable. Son souffle se coupa brusquement, et ses yeux se révulsèrent alors que l’air lui manquait cruellement.

Par une chance inouïe, le coup ne sectionna pas la gorge de Varnias comme Ephraïm l’avait certainement prévu. Le prêtre s'effondra, inconscient, sur le sol froid et métallique, évitant de justesse une mort instantanée.

Norton et Frère Poccus pénétrèrent dans le repaire au moment exact où Varnias s'effondrait, la gorge enserrée par le fouet métallique d'Ephraïm. Sans perdre un instant, Norton dégoupilla deux grenades, les lança avec précision en direction de l'hérétek, tandis que Frère Poccus, d'un mouvement fluide, vidait son chargeur sur la monstrueuse abomination mécanique qui se dressait devant eux.


Figurines peintes Dark Heresy Warhammer 40K : affrontement final des agents de l’Inquisition contre l’Heretek dans son repaire décor 3D.
Norton et Poccus jouent leur va-tout face à Ephraïm.


Les explosions retentirent dans l'espace exigu du laboratoire, projetant des fragments de métal dans toutes les directions. Les éclats tranchants déchirèrent le corps d'Ephraïm, tandis que les balles de Poccus perçaient son épiderme autrefois humain, ravageant ses chairs et ses circuits internes. L'hérétek, malgré ses modifications, ne put résister à cette attaque concertée. Son corps mutilé fut secoué de spasmes violents, se tordant et se déchirant sous la douleur insupportable. Les câbles qui le maintenaient connecté aux machines se tendirent à l'extrême, tirant sur sa chair dans un spectacle grotesque de souffrance et de mort.

Ephraïm, ou du moins ce qu'il en restait, poussa un dernier gémissement, sa voix synthétique déformée par la douleur et le désespoir. Les spasmes de son corps s'intensifièrent, atteignant un point de rupture. Des explosions secondaires retentirent alors, provoquées par les décharges d'énergie émanant des tubes arrachés de son corps. Des arcs électriques zébrèrent la salle, frappant les murs et les équipements épars, plongeant l’endroit dans un chaos électrisant.

C'est alors que tout fut ébranlé par un choc puissant. Le sol, les murs, et même l'air vibrèrent sous l'impact d'un tir provenant du vaisseau du Mechanicum, désormais à portée. Le premier coup avait touché la station, marquant le début d'une destruction inévitable. Norton et Frère Poccus comprirent que leur temps était compté. La station allait être détruite, et ils devaient fuir avant que le prochain tir ne les réduise en cendres.

Le corps disloqué d'Ephraïm se balançait encore au bout de ses câbles, dans une parodie grotesque de vie. Mais l’hérétek était mort, emportant avec lui ses secrets et ses ambitions démentes. L'heure n'était plus à la bataille, mais à la fuite.

***


Norton, portant Varnias inconscient sur son dos, s'engagea dans les coursives à la suite de Frère Poccus, leurs pas précipités résonnant dans le métal froid et déformé de la station. En passant devant le corps mutilé de Vilhmer, ils échangèrent un dernier regard empreint de gravité, mais il n'y avait pas de temps pour le deuil. La station subissait l'assaut implacable de l'artillerie navale, chaque tir ébranlant davantage la structure vieillissante.

Le vaisseau du Mechanicum déchaine ses foudres.


Ils progressèrent rapidement, remontant les niveaux dévastés, tandis que l'apocalypse se déchaînait derrière eux. Des explosions secouaient les murs, des jets de vapeur brûlante jaillissaient des conduits éventrés, et les lumières clignotantes ajoutaient à l'atmosphère de chaos total. Finalement, ils atteignirent le sas de sortie, leur unique voie de fuite.

Les chocs violents les déséquilibraient, chaque secousse les rapprochant un peu plus du désastre final. Dans une frénésie presque panique, ils martelèrent les commandes du sas, mais la porte resta obstinément fermée. Le temps semblait s’étirer, chaque seconde accentuant la terreur qui les étreignait. C'est alors qu'une voix inconnue résonna dans le vox, froide et distante : "L'agent Cimbria n'a pu vous attendre, je suis votre nouveau taxi."

Aussitôt, le sas s’ouvrit dans un sifflement métallique. Sans attendre, ils s'engouffrèrent dans le transporteur, le cœur battant à tout rompre. À peine la porte fut-elle scellée que le pilote mit les gaz à fond. La puissante accélération les propulsa contre les parois du vaisseau, leur arrachant des grognements de douleur, mais ils étaient enfin en sécurité, loin de la station en perdition.

À travers la verrière du cockpit, ils furent témoins d'une scène d'une ampleur titanesque : la lumière d’une gigantesque explosion engloutit la station, irradiant l'espace d'une lueur funeste. L'onde de choc qui en résulta frappa leur vaisseau, le projetant encore plus loin dans l’immensité du vide spatial. Secoués mais indemnes, ils se regardèrent, conscients d’avoir échappé de justesse à une mort certaine.

Le silence se fit alors, troublé uniquement par le bourdonnement des moteurs du transporteur. Leurs cœurs ralentirent, et peu à peu, ils réalisèrent qu'ils avaient survécu.

***

Conclusion

Dessin officiel Dark Heresy Warhammer 40K : Vaarak Globus, Seigneur Inquisiteur et supérieur des joueurs dans la campagne, illustration officielle.
Quelques heures après leur retour, les acolytes survivants furent convoqués dans une salle austère où les attendait Vaarak Globus, leur Seigneur Inquisiteur. À ses côtés se tenait le techno-archéologue Sand, un homme dont la curiosité rivalisait avec sa méfiance. L'ambiance était lourde de tension, accentuée par les regards perçants de Globus, qui scrutait chacun de ses agents comme s'il cherchait à lire dans leur âme.

Les acolytes firent leur rapport, détaillant les horreurs rencontrées, la mort tragique de leur compagnon et la destruction de la station. Vaarak les écouta en silence, son visage impassible, mais une ombre d'inquiétude traversa ses traits. Il était clair que le Seigneur Inquisiteur espérait davantage de données concrètes, des preuves tangibles pour comprendre les machinations derrière cet incident. Pourtant, la mission n'était pas totalement infructueuse.

Le sauvetage des six adeptes, et en particulier de Judicca, attira son attention. L'histoire de cette femme, légèrement blessée et terrorisée par son état de future génitrice, ajoutait une dimension humaine à leur succès. Elle portait l'enfant d'un de ses collègues morts ce jour-là, un fait qui la mettait en grave danger au sein de son Ordo. Terrifiée par la perspective de perdre son enfant et par la découverte de sa grossesse interdite, Judicca s'était révélée des plus coopératives, ne souhaitant pas retourner sous le joug de ses maîtres.

Pour protéger cette information et éviter toute répercussion, le technoprêtre Nicodémus avait été informé du décès de Judicca et de l'incinération de son corps, prétextant une contamination potentielle. Cette fausse mort laissait à Judicca une chance de disparaître du radar de l'Adeptus Mechanicus, une nouvelle vie sous la protection discrète de l'Inquisition.

Le lendemain, une nouvelle inquiétante leur parvint via le Seigneur Sand. L'Inquisiteur Vaarak avait convoqué plusieurs responsables de l’Adeptus Mechanicus pour discuter des événements tragiques, mais c'est le Magos Erasmus Nitrix lui-même qui s'était présenté. Le Magos, désormais sous suspicion, avait échappé à une accusation directe faute de preuves tangibles. Toutefois, l'Inquisiteur lui avait clairement fait comprendre que son nom était désormais sur la liste des suspects et que l'œil vigilant de l'Inquisition ne le quitterait plus.

Le départ du Magos laissait planer une ombre sur les acolytes. Ils savaient que les machinations d'Ephraïm et de ses complices n'étaient peut-être qu'une partie d'un complot bien plus vaste. Mais pour l'instant, leur mission était achevée, leurs vies épargnées, du moins jusqu'à ce que l'Inquisition ait de nouveau besoin d'eux.

La guerre secrète entre l'Inquisition et les factions de l'Adeptus Mechanicus venait à peine de commencer, et les acolytes sentaient qu'ils seraient désormais des pions, dans une partie où chaque mouvement pouvait leur coûter la vie.


***

Epilogue


Quelques mois plus tard …

Le technomancien Nicodémus, dans la solitude métallique de son sanctum personnel, retraçait le fil de son enquête et des événements qui l'avaient mené à cette sombre réflexion. Loin dans les profondeurs de l'espace, les débris de la station « Œil du Vide » dérivaient, témoins muets d'une tragédie évitable, fruit de l'ambition démesurée et de la corruption insidieuse.

Erasmus Nitrix, ce nom résonnait avec un poids particulier dans l'esprit de Nicodémus. Respecté au sein de l'Adeptus Mechanicus, Nitrix avait choisi de suivre une voie hérétique, se rapprochant des Logomanciens, une secte aussi dangereuse que secrète. Nicodémus n'avait jamais soupçonné l'étendue de l'alliance qui s'était tissée dans l'ombre entre Nitrix et ces déviants, mais il en comprenait maintenant les ramifications.

Ephraïm, le technomancien envoyé par Nitrix, avait été l'instrument de cette folie. Sous le couvert de recherches légitimes, il s'était aventuré sur des terrains interdits, manipulant des technologies xenos dans l'espoir d'accomplir l'impossible : fusionner entièrement la conscience humaine avec la machine. L'idée même était une abomination, mais pour les Logomanciens, c'était la clé d'un pouvoir absolu. Contrôler les esprits, les réduire en esclavage par le biais de la technologie, tout en gardant les secrets de cette domination entre les mains de quelques élus.

Nicodémus ressentait un mélange de répulsion et de fascination pour Nitrix. Le Magos, dégoûté par la chair et obsédé par la perfection mécanique, voyait dans cet artefact xeno l'opportunité de transcender les limitations de ses implants. Il voulait se libérer complètement de son humanité, un pas que même les plus dévoués adeptes du Mechanicus hésitaient à franchir. Mais Nitrix, aveuglé par son désir de se purifier de la faiblesse de la chair, n'avait pas vu, ou n'avait pas voulu voir, le danger qu'il courait en jouant avec ces forces interdites.

Et puis il y avait les Logomanciens, sournois et manipulateurs. Leur plan était aussi brillant qu'horrifique : introduire cette technologie au sein même des chaînes de montage de l'Adeptus Mechanicus, créer une armée d'esclaves technologiques contrôlés par une élite. La simple pensée de cette trahison de la doctrine de l'Omnimessie rendait Nicodémus furieux. Pourtant, leur ambition avait fini par les détruire.

Le Technoprêtre Kaltos, par son acte désespéré de sabotage, avait précipité la chute de ce complot. En cherchant à stopper Ephraïm, il avait déclenché une réaction en chaîne, une symbiose imprévue entre l'hérétique et les systèmes de la station. Ephraïm, non préparé à une telle transformation, avait sombré dans la folie, et avec lui, les espoirs de Nitrix et des Logomanciens.

Mais cette conclusion, aussi dramatique fût-elle, laissait un goût amer dans la bouche de Nicodémus. Il savait que les vérités cachées sous cette station n'avaient pas toutes été révélées. Les Logomanciens étaient encore là, quelque part, et Erasmus Nitrix, bien que marqué par cet échec, continuait à œuvrer dans l'ombre.

Dans l'obscurité de son sanctum, Nicodémus comprit que sa quête ne faisait que commencer. L'Adeptus Mechanicus, et au-delà, l'Imperium tout entier, était en danger si des individus comme Nitrix et des sectes comme les Logomanciens n'étaient pas arrêtés. Le chemin serait long et semé d'embûches, mais il jura sur le nom de l'Omnimessie qu'il traquerait cette corruption jusqu'à sa source. Il ne permettrait pas que ces secrets dangereux soient utilisés à nouveau. L'œil de l'Inquisition était fixé sur Erasmus Nitrix, mais c'était aussi le devoir de chaque serviteur  loyal de l'Ordo de purger ces hérésies du cœur même du Mechanicus.

Cependant, alors qu'il se préparait à quitter son sanctum pour poursuivre son enquête, une douleur fulgurante traversa son crâne. Avant qu'il ne puisse réagir, une lame énergétique traversa son torse, transperçant ses organes cybernétiques avec une précision chirurgicale. Il tenta de se retourner, mais ses mouvements étaient déjà paralysés par le poison qui s'insinuait dans son système.

Un murmure froid parvint à ses oreilles alors que l'assassin se penchait sur lui : « L'Omnimessie n'a pas besoin de martyrs, Nicodémus. »

Il s’effondra, son esprit s’éteignant lentement, emportant avec lui les secrets qu'il n'aurait jamais l’occasion de dévoiler. Ses derniers instants furent marqués par la réalisation amère que l'ennemi qu'il s'était juré de combattre était déjà bien plus proche et plus puissant qu'il ne l'avait imaginé.


A suivre …




***

Références

  • Dark Heresy 1ere Edition, Dan Abnett, Gary Astleford, Owen Barnes, Alan Bligh, Ben Counter, Kate Flack, John French, Guy Haley, Andy Hall, Tim Huckleberry, Andrew Kenrick, Mark Latham, T.S. Luikart, Mike Mason, Chris PramasBiographie, Richard 'Rick' Priestley - Bibliothèque Interdite (2008), ISBN : 978-2-9-1598992-2
  • Copyright © Games Workshop Limited. Games Workshop, Warhammer 40,000, le jeu de rôle Warhammer 40,000, Dark Heresy, les logos de ces marques respectives, Rogue Trader, Dark Heresy et toutes les marques associées, ainsi que les logos, lieux, noms, créatures, races, ainsi que les insignes, logos et symboles de ces races, véhicules, armes, unités ainsi que les symboles de ces unités, personnages, produits et les illustrations des univers de Warhammer 40,000 et de Dark Heresy sont soient ®, TM et/ou © Games Workshop Ltd
  • Copyright © Mantic Entertainment Ltd. 2024 All rights reserved, les Veer-Myn est une race créée par la société Mantic.
  • Scénario "L'Œil du vide" de Christophe « BJ » BREYSSE disponible sur la scénariothèque
  • Récit de votre serviteur CaptainLille

samedi 3 août 2024

Dark Heresy

++ Corruption dans le duché de Marianburg ++

(1/2)

Les acolytes de la suite inquisitoriale de la Vaarak Globus poursuivent leurs investigations suite aux découvertes réalisées lors de la mission "Des Vers dans la Viande". Convoqués par l'interrogateur Sand, l'équipe est en attente du briefing dans l'une des salles du palais d'Olrankan.

Prologue


L'interrogateur Sand, supérieur direct des acolytes
Marco Cimbria (Marc) se tenait en compagnie des autres acolytes dans une vaste salle du château ducal d'Orlankan. L'Arbites nota la présence de plusieurs gardes impériaux de la suite inquisitoriale : son ami et vétéran Mir le Rude, le squat Norton Luckless (Zool) – un brave type –, et un grand Cadien à l'air mauvais dont il avait entendu parler en raison de sa froide brutalité, Wilhem Viner (Ludo). Un peu plus en retrait, il reconnut le technoprêtre Praetus (Faby), avec qui il avait déjà fait équipe une fois, et enfin un ecclésiaste à la tonsure impressionnante qui répondait au nom de Varnias Orl (Alex). Cependant, une absence lui sembla notable : celle du scribe Labienus. Ses réflexions furent interrompues par l'arrivée de l'interrogateur Sand. 

Le puissant technoarchéologue, toujours aussi impressionnant en raison de sa taille et de ses multiples implants, était accompagné d'un serviteur de garde enveloppé d'un lourd manteau de bure qui dissimulait ses traits. L'interrogateur Sand se tint silencieux devant les acolytes rassemblés, son regard sévère balayant la pièce. La lumière vacillante des torches projetait des ombres sinistres sur les murs de pierre. Il prit la parole d'une voix grave et autoritaire :

"Écoutez bien, car votre mission est cruciale pour la survie de ce monde et la sécurité de l'Imperium. Suite à l'enquête menée dans la cité assiégée d'Olrankan sur le monde d'Acreage, nous avons découvert deux faits alarmants : une infiltration xéno par la sinistre race des Slaughts et une influence notable du Warp, révélée par la découverte de chiens mutants. Ces révélations sont consignées dans le dossier 'Des vers dans la viande'. Les preuves recueillies dans le repaire des Xénos indiquent que ces chiens mutants proviennent de la région de Marianburg."

Sand marqua une pause, son regard perçant chacun des acolytes, avant de poursuivre :
"En réponse à ce rapport, l'Inquisiteur Vaarak Globus m'a ordonné de mener une enquête complémentaire sur l'influence du Warp dans cette région. Marianburg, située à dix jours de voyage au sud de la cité d'Olrankan, est une ville fortifiée entourée de vastes étendues de forêts et de marais. Dominée par le château du Duc Heironymus, la ville est un bastion de pouvoir féodal où les tours d'ivoire des seigneurs côtoient les taudis du bas-peuple. Cependant, sous cette façade de richesse et de puissance se cache une réalité bien plus sinistre. Les rumeurs de cultes hérétiques et d'activités warp sont monnaie courante, sans qu'aucune preuve tangible n'ait été apportée jusqu'à ce jour."

Il se tourna vers le serviteur de garde et ordonna : "Dévoile-toi."
Lentement, le serviteur retira son manteau de bure, révélant ce qu'il restait de l'acolyte Labienus. Transformé en serviteur décérébré, son corps mutilé et défiguré par des implants mécaniques, ses yeux vides de toute vie et de toute conscience. Un frisson d'horreur parcourut l'assemblée. Les acolytes sentaient le poids du sort tragique de leur ancien compagnon, transformé en un outil sans âme, un avertissement vivant de l'échec.

"Voilà ce qui attend ceux qui échouent ou se montrent indignes de leur mission," tonna Sand. "Votre objectif est clair : vous devez enquêter sur l'origine des chiens mutants et découvrir l'étendue de l'influence du Warp à Marianburg. Soyez prêts à affronter les pires horreurs et à naviguer dans un labyrinthe de corruption et de danger. N'échouez pas ! L'Inquisiteur Vaarak est un homme juste, mais il ne supporte pas l'incompétence."

Quelques heures après leur briefing de mission, les acolytes prirent la route de Marianburg, montés sur des otruchons – des créatures endémiques d'Acreage évoquant un croisement entre une autruche et un dromadaire. Conformément à l'édit impérial, ils durent renoncer aux véhicules technologiques. Leur voyage sur la grande route dura près de dix jours.

À la veille de leur arrivée dans le duché de Marianburg, ils furent informés lors de leur dernière étape que la route, déjà mal entretenue, serait probablement impraticable en raison des pluies torrentielles qui s'abattaient sur la région depuis plusieurs jours. Les pluies transformaient les chemins en bourbiers traîtres, ralentissant toute progression et mettant à l'épreuve l’endurance et la détermination des voyageurs.

Alors qu'ils approchaient de leur destination, les acolytes sentaient le poids de leur mission. La vision de Labienus transformé en serviteur décérébré hantait leurs esprits, une sombre prémonition des horreurs à venir. Leur foi dans l'Empereur-Dieu et leur détermination à accomplir leur devoir seraient mises à l'épreuve dans les sombres forêts et marais de Marianburg.


Les acolytes de l'inquisiteur Vaarak Globus sont sur la brèche.


***

Introduction

Effectivement les jours suivant, la pluie se mit à tomber drue et le paysage changea radicalement Les acolytes pénétrèrent dans une lande totalement désolée, l'herbe y était jaunâtre, comme décolorée par la pluie acide, et quelques arbustes maladifs poussaient ici et là, renforçant l'aspect sinistre du paysage. De gros blocs de granit, épars comme des vestiges d'un âge oublié, accentuaient encore l'atmosphère morne et oppressante.

À mesure que l'équipe s'enfonçait dans cette terre maudite, ils commencèrent à discerner des formes imprécises, marchant au milieu des trombes d'eau. Ces silhouettes disparaissaient dès que l'on essayait de les fixer du regard. Des plaintes et des gémissements s'élevaient de tous côtés, semblant au départ n'être que le vent, mais, avec le temps, les lamentations devinrent plus fortes, plus insidieuses.

Après environ un kilomètre, les agents de l'Inquisition se retrouvèrent au milieu d'un véritable pandémonium de hurlements et de cris. Les formes sombres étaient devenues très nombreuses, et des feux follets apparaissaient et disparaissaient sans cesse, comme des âmes tourmentées cherchant une issue.

Marco Cimbria de l'Adeptus Arbites
L'auspex de Preatus Sigma s'affola, identifiant des manifestations Warp, le tissu de la réalité semblant dangereusement fragile dans ce secteur. Marco, sentant le danger imminent, ordonna à l'équipe de s'arrêter. Une forme plus précise, évoquant une prêtresse Eldar, commençait à prendre forme dans la lande.

Alors que tous mettaient pied à terre, l'otruchon de Norton s'affola brusquement, projetant le Squat face contre terre dans la boue. Les acolytes, nerveux et tendus, se regroupèrent, leurs regards fixés sur la forme mystérieuse, se demandant si cette apparition était une alliée ou une nouvelle menace surgie du Warp.

Tandis que Marco épaulait son fusil pour assurer un appui-feu à ses compagnons, Preatus, auspex en main, et Wilhem s'enfoncèrent dans la lande, déterminés à intercepter l’eldar. Mais, à chaque fois qu'ils semblaient sur le point de l'atteindre, l'apparition disparaissait, pour réapparaître plus loin, comme un mirage trompeur.

Wilhem, frustré, jura bruyamment alors que le terrain devenait de plus en plus marécageux, chaque pas s'enfonçant dans la boue noire et collante.  "Maudit soit ce lieu et ses illusions infernales," grogna-t-il, ses bottes s'enlisant à chaque mouvement.

Frère Varnias, resté en arrière avec le groupe principal, observait la scène avec une inquiétude grandissante. Sa voix retentit sur les vox. "Ce n'est qu'une vile manifestation du Warp," déclara-t-il d'une voix grave. "Elle cherche à nous entraîner vers notre perte. Nous devons rester vigilants et ne pas nous laisser égarer."

Marco, les yeux fixés sur la silhouette insaisissable, hocha la tête en signe d'accord.  "Preatus, que dit ton auspex ? Avons-nous un moyen de contrer cette illusion ?" demanda-t-il, le ton urgent.

Preatus, ajustant les réglages de son appareil, répondit : "Les signatures Warp sont intenses et instables. Cette entité joue avec notre perception de la réalité. Nous devons la neutraliser avant qu'elle ne nous piège complètement."

Soudain, la forme réapparut plus près, émettant un éclat spectral qui fit frissonner les acolytes. Wilhem, d'un geste rapide, lança une grenade à fragmentation dans sa direction. L'explosion retentit, déchirant l'air stagnant, mais la forme se dissipa de nouveau avant d'être touchée, réapparaissant presque instantanément plus loin, son éclat sinistre défiant toute logique.

"Nous ne pouvons pas continuer comme ça," gronda Norton, en relevant sa monture paniquée. "Elle nous épuise et nous attire vers un piège. Il nous faut une nouvelle approche."

Preatus, les yeux fixés sur l'auspex, vit alors une fluctuation inhabituelle dans les relevés. "Il y a une concentration d'énergie plus dense à l'est0" dit-il. "Je parie que c'est là que cette entité puise sa force."

Marco, toujours en position, prit une décision rapide. "Nous allons nous diriger vers cette concentration. Si c'est la source de son pouvoir, nous devons la détruire."

Le groupe se réorganisa, laissant derrière eux les cris et les lamentations fantomatiques. Remontant en selle, la colonne reprit sa marche sous des trombes d'eau, se fiant aux données de l'auspex du technoprêtre. Peu à peu, les agents impériaux dévièrent de la route principale et gravirent un ensemble de collines aux pentes douces. La pluie battante et les rafales de vent rendaient chaque pas pénible, mais leur détermination ne faiblit pas.

Au sommet de la colline, ils découvrirent un village niché dans une combe. Le spectacle qui s'offrait à eux était à la fois surprenant et inquiétant. Le village semblait étrangement paisible, comme figé dans le temps, au centre d'une dépression naturelle, telle l'œil calme du cyclone.

Aucun mouvement, aucun signe de vie ne venait troubler cette scène. La pluie cessait presque soudainement à la lisière du village, laissant une zone de calme sinistre au milieu des éléments déchaînés. Marco scruta le village, ses yeux plissés de méfiance. "Il y a quelque chose de profondément anormal ici," dit-il, sa voix à peine audible sous le grondement distant du tonnerre.

Preatus, toujours concentré sur son auspex, confirma les craintes de Marco. "Les relevés sont étranges. Il y a une activité warp intense mais... contenue. Comme si une barrière invisible protégeait ce lieu."
Wilhem serra la garde de son arme à double lame, prêt à toute éventualité. "Nous devons enquêter," dit-il. "Mais restons sur nos gardes. Ce calme n'est qu'une façade."

***

Chapitre 1 - le Village d'Averrac

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la pluie, qui tombait drue et implacable jusqu'alors, cessa complètement dès qu'ils franchirent les limites du village. Ce dernier avait un aspect ordinaire et presque banal : quelques maisons au toit de chaume regroupées autour d'une petite chapelle et d'une auberge au toit d'ardoise. Mais quelque chose n'allait pas. Les rues étaient étrangement désertes, les portes et les fenêtres solidement barricadées, comme si les habitants se préparaient à une menace invisible. Les seules lumières étaient celles des fenêtres de l'auberge et de la chapelle, jetant des ombres inquiétantes en cette fin de journée.

Tandis qu'ils progressaient prudemment dans le village silencieux, les acolytes discutèrent à voix basse quant à la conduite à tenir. Frère Varnias, avec une ferveur palpable, proposa de se diriger vers la chapelle pour y rendre gloire à l'Empereur. Ses compagnons échangèrent des regards sceptiques, préférant de loin la chaleur et la sécurité de l'auberge. Après tout, ils étaient trempés et épuisés après ce long et éprouvant voyage. Un bon repas et un toit solide seraient bienvenus avant de se rendre au lieu de culte. Le prêtre, sentant la fatigue dans leurs voix, concéda qu'une collation serait effectivement la bienvenue, même si pour lui, prier nourrissait autant son âme que son corps.

Mais alors qu'ils approchaient de l'auberge, une étrange sensation de malaise s'empara d'eux. Les ombres semblaient se tordre et se mouvoir à la périphérie de leur vision, et le silence était si oppressant qu'ils pouvaient presque entendre leur propre cœur battre. Chaque pas résonnait comme un écho sinistre, et l'air lui-même semblait lourd de secrets non-dits et de terreurs cachées.

L'enseigne de l'auberge, en grosses lettres gravées dans le bois vieilli, annonçait « Les 7 Frères ». Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient toutes barricadées, et les seules lumières visibles provenaient de l'étage supérieur, où chaque fenêtre était protégée par de lourdes grilles en métal. L'ambiance accablante du lieu ne laissait pas place à la confiance.

S'approchant prudemment de la porte, Marco vérifia que la sangle de son holster était bien ouverte, prêt à dégainer au moindre signe de danger. Frère Varnias, quant à lui, posa une main ferme sur le lourd heurtoir en fer forgé et l'actionna. Un vantail coulissa brusquement, révélant deux yeux perçants qui observèrent le prêtre un instant avant de se refermer.

Après un moment de silence tendu, la porte s'ouvrit enfin, révélant une salle fortement éclairée. La lumière contrastait brutalement avec l'obscurité extérieure naissante, et l'intérieur de l'auberge semblait à la fois accueillant et inquiétant, comme un sanctuaire de chaleur au milieu d'un village déserté par la vie.

La compagnie entra prudemment, chacun restant sur ses gardes et les sens en alerte.

***

Chapitre 2 - A l'enseigne "Les 7 frères"

Les acolytes s’avancèrent dans la salle, accueillis par un lourd silence. À leur grande surprise, l'auberge était bondée, mais l'atmosphère y régnant était celle d'une peur sourde et déprimante. Marco et Norton se dirigèrent immédiatement vers le comptoir, où se tenait un gros homme aux cheveux grisonnants, visiblement l'aubergiste. Cet homme, de la nervosité dans la voix, leur annonça qu'il n'y avait plus aucune chambre de libre, mais qu'il pouvait leur offrir un gruau, une pinte de bière et un coin de parquet pour la nuit.


Les agents de l'inquisition s'avancent dans l'auberge.

Après avoir remercié le tenancier et payé leur dû en trônes impériaux, les deux acolytes entamèrent la conversation, curieux de savoir pourquoi l'établissement était bondé et tous les accès verrouillés. L'aubergiste, qui se présenta sous le nom de Basile, leur expliqua la situation. Chaque année, à cette période, des spectres se manifestaient sur la lande des Âmes Perdues, qui s'étendait autour du village. Durant ces jours maudits, personne n'osait s'aventurer dehors, et la communauté vivait repliée sur elle-même.

Mais cette année, la situation avait pris une tournure bien plus sinistre. Depuis trois semaines, des familles entières résidant dans les fermes environnantes avaient disparu sans laisser de trace. Chaque soir, les fermiers survivants venaient se réfugier à l'auberge, abandonnant leurs habitations isolées aux ténèbres et à la peur. Basile ajouta que, comme si ces disparitions ne suffisaient pas, il pleuvait sans cesse sur les champs depuis trois semaines, alors qu'une étrange sécheresse persistait sur le centre du village, épargné par la moindre goutte de pluie. Les acolytes avaient désormais pleinement conscience de la terreur collective des habitants, du murmure de leurs conversations inquiètes et de leurs regards furtifs. Les événements récents avaient plongé le village dans une atmosphère de désespoir et d'attente, chaque habitant redoutant ce que la nuit prochaine pourrait apporter.

Khelvar, le héros par conviction
Restés près de l'entrée, Wilhem et Mir le Rude remarquèrent un jeune homme qui détonnait dans l'ambiance morose de l'auberge. Il portait une lourde cuirasse sur une tunique bleu sombre. À sa large ceinture de cuir pendaient une épée et un pistolet à l'aspect désuet. De longs cheveux blonds encadraient un visage juvénile. Se sentant observé, il se leva et s'approcha des acolytes. Peu impressionné par leur allure martiale, il tendit une main à Wilhem en guise de salut, que le vétéran refusa sèchement.

Refroidi par l'accueil glacial, l'homme se détourna avec un sourire avant de rallier le bar pour rejoindre Marco et Norton. Il écouta avec attention la fin de leur échange avec Basile avant de tenter une nouvelle approche « Je me présente, Khelvar, mercenaire de métier mais héros de conviction. »

Le squat saisit la main tendue en réponse et la secoua vigoureusement. Il fit les présentations, expliquant qu'ils étaient eux-mêmes une bande de mercenaires à la recherche d'un contrat. Cette information provoqua une réaction immédiate dans l'assemblée toute proche. Le visage de Basile s'illumina d'un fol espoir : « C’est un signe ! Vous avez été envoyés pour nous aider.» dit-il, presque suppliant.

« Vous avez un boulot pour nous ? » demanda innocemment Norton. 

Ce fut Khelvar qui répondit.  Arrivé il y a deux jours, il s'était vu proposer une somme de mille trônes impériaux pour résoudre le mystère des disparitions qui frappaient le village. Il était clair que cette somme représentait toute la fortune de la communauté. Répondant aux interrogations de Marco, il leur expliqua qu'il avait commencé à mener l'enquête, mais les indices dont il disposait lui faisaient penser qu'il aurait bien du mal à y arriver seul. Ce fut d'une voix enthousiaste qu'il proposa aux agents de l'Impérium de se joindre à lui, leur offrant de se partager la prime. « Moi, je continue pour aider ces pauvres gens, » précisa-t-il.

De nombreux villageois s'étaient attroupés et ils pressèrent Marco et ses amis d'accepter en leur jurant une reconnaissance éternelle. L'attrait de l'argent motiva clairement Wilhem: obtenir un bonus pour réaliser le boulot qu'il était venu faire de toute manière lui convenait parfaitement. Par contre, donner son salaire et ne travailler que pour la gloire le choqua au plus haut point. Il en conçut immédiatement une vive suspicion à l'égard de Khelvar. Frère Varnias fut outrée par l’attitude de ses compagnons prêt à dépouiller les villageois de leurs maigres richesses. Il s'engagea à reverser sa part au culte impérial local. Sur quoi, il s'éloigna, se planta au centre de la pièce et entonna un cantique monodique à la gloire de l'Empereur Dieu, sa voix résonnant comme un défi aux ténèbres extérieures. 

Quelques instants après que les dernières notes du chant religieux eurent retenti dans la pièce, deux personnes firent leur apparition. L'un était un homme d'âge mûr, vêtu élégamment, à la barbe soignée, qui se présenta sous le nom d'Edern, bourgmestre d'Averrac. L'autre était Frère Lazare, un jeune homme fluet, représentant du culte impérial dans le village. Ils avancèrent avec une certaine solennité jusqu’au bar et laissèrent Basile les informer de la proposition faites aux mercenaires.

Après un échange d’amabilité, les acolytes, les membres du conseil municipal ainsi que Khelvar s'installèrent à une table un peu à l'écart, afin de discuter des événements récents et des disparitions, tout en grignotant pain et fromage. Khelvar prit la parole, leur révélant qu'il avait découvert une piste près de la ferme des Radiguers. Dans le champ attenant au bâtiment, un glissement de terrain provoqué par les pluies diluviennes avait mis à nu une section de galerie étrangement étayée. Malheureusement, la galerie était scellée par un éboulement après quelques dizaines de mètres. Cependant, on pouvait voir des traces de pas se dirigeant vers le nord et le Bois d'Angue.

Khelvar, malgré sa bravoure, avoua qu'il ne souhaitait pas explorer seul ces bois. Leur réputation sinistre surpassait même celle de la lande environnante. Mais avec l'équipe de mercenaires à ses côtés, il se sentait prêt à affronter les dangers qui s'y cachaient. Les agents de l'Inquisition s’enquirent de la position des autorités de la région. Le bourgmestre répondit qu'une rapide enquête avait été menée quant à l'étrange phénomène météorologique qui frappait le village mais il n'avait jamais reçu le rapport de l'administorium. Quant aux disparitions, la milice locale avait conduit une enquête mais la troupe avait elle aussi disparu depuis quatre jours.

Frère Varnias s'intéressa alors aux informations que pouvait leur apporter Lazare sur la région et son histoire. Le clerc local, bien que peu versé dans les écrits autres que liturgiques, connaissait un fait important : la lande maudite avait été le lieu d'une grande bataille entre les armées royales et la Grande Obscurité il y a de cela plusieurs centaines d'années. Il informa son homologue que, dans la bibliothèque de la chapelle, il pourrait peut-être trouver un manuscrit relatant cette histoire, perdu au milieu des recueils de prière et des livres cérémonieux.

Il n'en fallut pas plus à Varnias pour décider de passer la nuit dans l'église à compulser les ouvrages et à prier l'Empereur-Dieu. Edern et les autres membres du conseil municipal lui déconseillèrent formellement de rester seul dans le lieu saint, lui rappelant que les disparitions frappaient désormais le village lui-même et que c'était pour cette raison que tous se réfugiaient aux Sept Frères durant la nuit. Le jeune adepte ne voulut rien entendre : la foi en l'Empereur-Dieu le protégerait de tout mal.

Ainsi, après s'être restauré et avoir bu une pinte de bière tiède, il se fit conduire à l'église par le jeune Lazare. Ce dernier lui conseilla de verrouiller le porche avant de retourner à l'auberge. Lorsque les lourds vantaux de l'église se fermèrent, l'obscurité nocturne enserrait déjà le village dans ses sinistres griffes.



***

Chapitre 3 - Nuit de veille


Norton Luckless, soldat de la garde impériale
Depuis la fenêtre du premier étage, Norton observait le village d'Averrac, qui avait dû être autrefois animé par les rires et les discussions des habitants. Il semblait désormais presque à l'abandon, figé dans une atmosphère d'une inquiétante immobilité. Les maisons de pierre grise aux fenêtres closes, semblaient observer, silencieuses, l'étrange spectacle qui se déroulait dans les rues désertes.

Un brouillard luminescent avait envahi le hameau, flottant à travers les ruelles comme un serpent spectral. Sa couleur verte malsaine illuminait faiblement les pavés fissurés et les façades décrépites. Le brouillard paraissait vivant, se glissant et ondulant d'une manière presque consciente, enveloppant tout sur son passage.

À l'intérieur de ce nuage lumineux, Norton sembla percevoir des ombres indistinctes qui se mouvaient, silhouettes distordues par la luminescence verte. On aurait dit des créatures issues de cauchemars oubliés, des spectres errants piégés dans ce voile de lumière. Les bruits qu'elles émettaient, un mélange de gémissements lointains et de couinements, résonnaient dans l'air lourd, amplifiant l'angoisse du lieu. Le squat vérifia la cellule énergétique de son fusil laser, rassuré par le contact froid du métal. Il hésita un instant à donner l'alerte mais il avait déjà été confronté à un phénomène similaire sur la lande.et se perdre dans cette brume malsaine n'était pas la solution.

Le brouillard semblait avoir une intention, une direction. Il convergea lentement mais inexorablement vers l'église. L'édifice, autrefois refuge de foi et d'espoir, se dressait désormais comme une silhouette sombre et menaçante. Les pierres anciennes de ses murs tremblaient légèrement sous la pression de cette brume vivante. Norton porta son regard vers le lieu où il savait que Frère Varnias se trouvait. Après un moment d'hésitation, il activa son vox et fit venir à lui Marco. Quelques secondes plus tard, l’adeptus Arbites se tenait à ses côtés et les deux acolytes ne purent que constater la situation.

Au fur et à mesure que le brouillard s'amassait autour de l'église, celle-ci commença à disparaître à la vue, engloutie par la lumière verte. Les ombres animales s'intensifièrent, se pressant autour de l'édifice, leurs formes devenant de plus en plus indistinctes et terrifiantes. La cloche de l'église émit un dernier son étouffé avant d'être complètement submergée par le brouillard luminescent.

Averrac, enveloppé dans cette brume éthérée et sinistre, semblait suspendu dans un temps hors du temps, un espace où la réalité se tordait et où la lumière verte avalait tout, ne laissant qu'une impression de malaise palpable et une peur silencieuse résonner dans l'air stagnant.

***

À l'intérieur de l'église, Frère Varnias alluma quelques chandelles, leur lumière vacillante projetant des ombres mouvantes sur les murs de pierre. Il s'installa, dans la sacristie, à une table près de la bibliothèque, sortant les vieux livres et manuscrits poussiéreux, déterminé à découvrir les secrets enfouis de la lande maudite. Les heures passaient, marquées seulement par le grincement du bois et le froissement des pages.

Mais au-delà des murs épais de l'église, le brouillard luminescent s'était infiltré dans les rues désertes, convergeant vers l'église. Frère Varnias, absorbé dans ses recherches, ne remarqua pas immédiatement le changement dans l'atmosphère. Ce ne fut que lorsqu'une froideur anormale commença à s'infiltrer dans la pièce qu'il leva les yeux, surpris de voir le brouillard vert s'insinuer sous la porte et à travers les fissures des fenêtres.

Le jeune prêtre sentit un frisson lui parcourir l'échine, mais sa foi inébranlable en l'Empereur-Dieu le fit se redresser. Il quitta la sacristie, en verrouilla la porte et se tourna vers l'autel, ses lèvres murmurant des prières ferventes. Pourtant, le brouillard continuait de s'épaissir, enveloppant lentement l'intérieur de l'église, obscurcissant la lumière des chandelles.

À mesure que le brouillard envahissait l'église, les ombres animales devinrent plus distinctes, se mouvant avec une inquiétante proximité. Des murmures et des bruits sourds semblaient résonner entre les murs, comme des échos d'un passé oublié. Frère Varnias, les mains serrées sur son livre de prières, continua à invoquer l'Empereur-Dieu, espérant que sa foi serait suffisante pour repousser les ténèbres qui l'entouraient.

Mais à l'extérieur, l'église disparaissait peu à peu sous le voile luminescent. Les ombres animales se regroupaient autour du bâtiment, leurs formes s'entremêlant dans une danse macabre. L'église, autrefois un refuge de lumière et de sanctuaire, était désormais le cœur d'une obscurité vivante, prête à engloutir tout ce qui s'y aventurait.

***

A l'aube, la brume s'était retirée telle la marée, révélant un village morne et démoralisant mais dépourvu de l'aura sinistre du surnaturel. L'influence du Warp s'était dissipée, au moins pour les heures diurnes. Marco, Norton et leurs compagnons étaient debout avant l'aurore et, dès que le brouillard avait levé son voile, ils s'étaient précipités vers l'église, certains de ne trouver que le cadavre mutilé de Frère Varnias. 

Mais en atteignant l'édifice, ils furent soulagés de voir leur compagnon, assis sur les marches, le visage pâle et les traits tirés par l'épuisement. Derrière lui, le porche de la chapelle était profondément entaillé par des coups de griffes, témoignant de la bataille acharnée qu'il avait dû livrer contre les horreurs de la nuit. Le clerc eut un faible sourire, un rictus qui semblait étranger à son visage épuisé: " Le Grand Ennemi est venu à moi cette nuit," murmura-t-il, sa voix faible mais résolue. "Mais il n'a pu pénétrer ce lieu dévoué à l'Empereur. Sa sainte lumière était sur moi et la foi a été mon arme. J'ai lutté toute la nuit, confrontant mon esprit à des visions d'horreur dont je ne parlerai pas ici. Ne vous avais-je pas dit, mes amis : l'Empereur nous a en sa sainte garde."

Le courage du prêtre impressionna, même le robuste Wilhem, pourtant aguerri aux horreurs de la guerre. Mais rapidement, le techno-adepte Preatus, en bon serviteur du Dieu-Machine, en revint à des considérations plus concrètes : "Frère, je loue votre courage, mais qu'est-ce que cette nuit de méditation et de recherche vous a-t-elle apporté ? Avez-vous découvert quoi que ce soit qui puisse nous éclairer dans notre quête de vérité ? Avez-vous des informations sur ceux qui ont assailli l'église ?"

Varnias prit un instant avant de répondre : "La plupart des manuscrits ne sont que de simples antiphonaires, des bréviaires et des cartulaires, transcrivant les titres de propriété et privilèges temporels de l'église. Il y avait bien un ouvrage plus ancien, mais rédigé dans une langue dérivée du Haut Gothique. Je n'ai pu en déchiffrer que quelques lignes."

Le serviteur de l’Empereur-Dieu expliqua ses découvertes dans un murmure empreint de solennité : "Il y a cinq siècles, les puissances de la ruine déferlèrent sur cette région, mais aucun motif clair n’apparaît dans les récits. Le roi de l'époque, nommé Kalondan, rassembla ses pairs et ses barons pour former une grande armée et écrasa ses ennemis sur ce qui est aujourd'hui la Lande Perdue. La bataille eut lieu à l'équinoxe d'hiver. Le roi poursuivit le seigneur du Chaos dans la forêt d'Angue, où ils périrent tous deux."

Frère Varnias reconnut que ces informations étaient limitées, mais c'était tout ce qu'il avait pu obtenir compte tenu de la situation actuelle. Preatus fit alors remarquer que l'équinoxe d'hiver aurait lieu dans deux jours. Wilhem, trouvant ces révélations intéressantes mais insuffisantes, entreprit de rechercher des traces et des indices. En tant que pisteur expérimenté, il découvrit un ensemble de traces et d'empreintes qui n'étaient pas immédiatement identifiables, mais qui évoquaient celles de rongeurs mutants.

Les lieux de l'aventure.


Il releva également une puissante odeur de musc et d'ammoniaque autour de la porte, mélange fétide d'excréments, d'urine et de sécrétions de glandes. Il expliqua à ses compagnons, surpris par ses talents, que les rongeurs utilisaient ces odeurs pour s'orienter, marquer leurs trajets et reconnaitre leur famille.

Wilhem pointa ensuite plusieurs séries d'empreintes qui se dirigeaient vers le nord, en direction du redoutable Bois d'Angue. Tous les regards convergèrent alors vers Kelhvar qui sourit de se voir ainsi devenir le centre de l’attention.


***

Chapitre 4 – Le bois d’Angue


Bien que méfiant à l'égard de Khelvar les acolytes n’avaient guère le choix et ils laissèrent le guerrier fanfaron les guider jusqu'à la rivière Noire qui coulait au nord d'Averrac. Malheureusement le guet qu'ils atteignirent était rendu impraticable par les pluies, la rivière elle-même formant un véritable torrent furieux. Remontant son cours, ils finirent par découvrir un amoncellement de troncs et de débris qui permit de gagner l'autre rive.

Dès cet instant l'équipe se trouvait à la lisière du Bois d'Angue. Les arbres avaient une forme torturée et ne ressemblaient à aucune espèce connue même du plus lettré d'entre eux. Leurs branches étaient entrelacées de façon reptilienne, certains troncs semblaient presque avoir des traits humains.

Malgré cela et malgré la sourde menace planant dans le silence pesant, Willem et Mir bousculèrent Khelvar et s'engagèrent sous les frondaisons suivis par leurs compagnons. Rapidement l'obscurité se fit très dense, aucun bruit de vie animale ne se faisait entendre. Portant son regard sur les données de son auspex, Preatus détecta clairement une influence Warp mais sans être capable d'indiquer une direction précise, l'altération semblait complètement ambiante. « L'endroit semble totalement soumis au chaos » indiqua Preatus d’une voix altérée par son Vox. « Une chance que tu es là pour nous en informer compagnon » le railla Norton. « On ne s'en serait pas douté ! »

Les acolytes s'enfoncent dans le sinistre bois d'Angue.


« Il n'y a rien de naturel ici » grogna Willem. « J'ai l'impression que le sentier s'ouvre devant nous à chacun des pas que je fais. Quelle que soit la force à l’œuvre ici elle nous guide vers notre destin. »
« Tu ne crois pas si bien dire répondit Varnias, qui fermait la marche. C'est sorcellerie que ceci, le chemin se referme derrière nous ! Mais ayez le cœur léger mes amis, l'Empereur-Dieu veille sur nous et il ne saurait nous imposer une tâche dont nous ne saurions triompher. »

À ses paroles, la compagnie se figea, les regards inquiets se tournant vers le chemin qu'ils venaient de prendre. L'évidence s'imposa à tous : une fois engagé sur ce sentier apparu comme par un sinistre coup du sort, il n'était plus possible de s'en écarter, ni même de revenir en arrière. À chaque pas, les arbres se resserraient, étouffant le sentier derrière eux comme un piège vivant. Wilhem, avec un mélange de désespoir et de détermination, remonta la colonne, tentant en vain d'ouvrir un passage. Le bois des arbres, plus dur que l'acier, résistait à chaque coup. Aucun choix ne s'offrait aux agents de l'inquisiteur : ils devaient avancer, droit vers l'inconnu, dans l'étreinte suffocante de ce sentier oppressant.

***

Après une marche éreintante qui sembla s'étirer à l'infini, les acolytes cessèrent de progresser sous la canopée pour pénétrer dans une vaste clairière. Sept monolithes de marbre noir, sinistres et imposants s’y dressaient formant un cercle parfait. Au centre de celui-ci, un monticule artificiel avait été aménagé, accessible par une courte volée de marches décrépites.

Au sommet, une forme sombre et indéchiffrable était accroupie, présence maléfique et indéniablement menaçante. Mir remarqua que le chemin se poursuivait au-delà du cercle de pierre, comme une invitation à poursuivre leur périple. La créature se redressa lentement et lâcha d'une voix caverneuse « Je vous attendais. »

Askharm, champion et écho d'un passé révolu !
La silhouette était vaguement humaine, enveloppée dans une robe d'un vert sombre à capuchon, ne dévoilant qu'un visage squelettique ivoirien. Deux cornes bovines, grotesques et tordues, émergeaient de la capuche, accentuant l'aura de terreur qui émanait de la créature.

L'abomination du chaos brandissait dans sa main droite une épée étincelante, tandis que dans l'autre, elle tenait un bâton surmonté d’un crâne xéno, probablement celui d’un orque. Alors que les acolytes se déployaient en demi-cercle, ne voulant pas offrir de cible groupée au serviteur des Sombres Puissances, le champion leva haut son épée et hurla de sa voix caverneuse : « Moi, Askharm le Grand, j'appelle sur moi le pouvoir de l'épée Formengil. Venez à moi, Arthus, Branne, Conan, Donald, Erwan, Fergal, et Gradlorn ! »

Devant chaque menhir, un nuage de brume apparut, se contorsionnant et s'épaississant jusqu'à prendre la forme effrayante de chevaliers en armure, surgis d'un passé macabre.  Marco ouvrit immédiatement le feu avec son fusil, les balles ricochant sur les chevaliers en approche sans leur causer le moindre dommage. Norton, de son côté, déclencha une rafale de tirs laser, mais les rayons se dissipèrent sans affecter les armures spectrales. Varnius, terrifié, se précipita pour chercher refuge derrière un des monolithes noirs, suivit dans son mouvement par Kelhvar.

Preatus, se tint un peu en retrait et observa la situation avec une froide concentration. « Les esprits semblent avoir acquis une forme matérielle, mais en vérité, ils demeurent aussi insaisissables que dans le Warp » pensa-t-il. Les tirs de ses compagnons n’avaient aucun effet, et il comprit que quelque chose de plus sinistre animait ces créatures d'outre-tombe. Les données de son auspex indiquait une impressionnante fluctuation d’énergie « Ceux ne sont pas des démons mais autre chose » Et soudain il hurla « C’est l’épée qui retient les spectres ! Wilhem, élimine le porteur ! »

Wilhem, le cœur battant à tout rompre, s'avança résolument vers le champion du chaos. L'épée de ce dernier crépitait d'une énergie psychique malsaine, illuminant le visage squelettique d'une lueur effroyable. Le guerrier se convainquit qu'il ne craignait pas la mort, puis chargea avec détermination.
Son arme à double lame intercepta l'épée de son adversaire, et les deux combattants enchainèrent une série de passes d'armes rapides et brutales. Les lames s'entrechoquaient, des étincelles jaillissaient, et chaque coup résonnait comme un glas funèbre. Le vent se leva en écho, hurlant entre les monolithes comme les âmes tourmentées des damnés, tandis que le combat acharné se poursuivait. Preatus en était certain, la survie de tous dépendant de l'issue de ce duel.

Les acolytes, contraints à la défensive, furent rapidement acculés par les spectres, leurs armures fantomatiques se resserrant autour d'eux dans une étreinte glaciale. Marco, dans un geste désespéré, tenta de repousser l'un des chevaliers, mais une épée spectrale le frappa au torse, lui infligeant une vilaine blessure. Il s'effondra en hurlant de douleur, son sang se mêlant à la terre sombre sous ses pieds.

Mais Wilhem avait indéniablement pris la mesure de son adversaire. Avec une précision implacable, il asséna un premier revers dévastateur qui brisa le bâton de Askharm, envoyant le crâne orque voler à plusieurs mètres Le champion du chaos vacilla, ses yeux brûlant d'une rage incontrôlée. L'énergie psychique autour de son épée semblait faiblir, et Wilhem en profita pour redoubler d'efforts. La tension était palpable, chaque mouvement crucial. Le soldat de l’Imperium trouva la faille dans la garde de son adversaire, et l'une de ses lames s'enfonça dans le visage squelettique de Askharm.

La créature démoniaque hurla, un flot d'énergie rouge s'échappant de la blessure. Elle se ratatina au sol, son corps se dissolvant lentement jusqu'à ne laisser derrière elle que son épée de puissance. Les chevaliers spectraux se figèrent instantanément avant de dissoudre dans l’air, comme s'ils n'avaient jamais existé. 

***

Le calme revenu, Varnius se précipita pour prodiguer des soins à Marco, dont la blessure saignait abondamment. Les autres agents formèrent un cercle autour de l'épée, leurs visages marqués par le soulagement et ils félicitèrent Wilhem pour son exploit.

Le technoprêtre analysa la situation, son œil augmentique balayant l'épée scintillante. Il déclara qu’elle devait être récupérée pour analyse : toute connaissance, même sombre, devait être collectée pour le culte de la Machine. À ses mots, Kelhvar tendit la main pour récupérer l'arme. Il fut violemment repoussé par Wilhem, « N’y touche pas sale chien ! ».

Une vive discussion s'ensuivit, Wilhem et Norton s'opposant fermement à ce que quiconque touche l'objet chargé de puissance sombre et occulte. Mir, Varnias, et Marco se rangèrent de leur côté, leurs visages marqués par l'angoisse et la méfiance. L'électroprêtre, cependant, trouvait illogique de laisser traîner une arme de ce calibre ici, où elle pourrait attirer d'autres horreurs ou être retrouvée par des mains encore plus maléfiques.

Finalement, le groupe prit une décision : ils enterreraient l'épée au pied du plus imposant des monolithes, en attendant d'informer les autorités compétentes. Le sol fut creusé avec hâte et l’arme y fut poussée. Une fois l'épée ensevelie, une étrange quiétude s'installa, mais l'atmosphère restait lourde, comme si les pierres noires elles-mêmes retenaient leur souffle. Contournant la clairière, les agents impériaux reprirent leur progression et replongèrent sous la canopée.




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Références

  • Texte et Photos: CaptainLille (Oui c'est moi )
  • Dark Heresy 1ere Edition, Dan Abnett, Gary Astleford, Owen Barnes, Alan Bligh, Ben Counter, Kate Flack, John French, Guy Haley, Andy Hall, Tim Huckleberry, Andrew Kenrick, Mark Latham, T.S. Luikart, Mike Mason, Chris PramasBiographie, Richard 'Rick' Priestley - Bibliothèque Interdite (2008), ISBN : 978-2-9-1598992-2
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