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samedi 3 août 2024

Dark Heresy

++ Corruption dans le duché de Marianburg ++

(1/2)

Les acolytes de la suite inquisitoriale de la Vaarak Globus poursuivent leurs investigations suite aux découvertes réalisées lors de la mission "Des Vers dans la Viande". Convoqués par l'interrogateur Sand, l'équipe est en attente du briefing dans l'une des salles du palais d'Olrankan.

Prologue


L'interrogateur Sand, supérieur direct des acolytes
Marco Cimbria (Marc) se tenait en compagnie des autres acolytes dans une vaste salle du château ducal d'Orlankan. L'Arbites nota la présence de plusieurs gardes impériaux de la suite inquisitoriale : son ami et vétéran Mir le Rude, le squat Norton Luckless (Zool) – un brave type –, et un grand Cadien à l'air mauvais dont il avait entendu parler en raison de sa froide brutalité, Wilhem Viner (Ludo). Un peu plus en retrait, il reconnut le technoprêtre Praetus (Faby), avec qui il avait déjà fait équipe une fois, et enfin un ecclésiaste à la tonsure impressionnante qui répondait au nom de Varnias Orl (Alex). Cependant, une absence lui sembla notable : celle du scribe Labienus. Ses réflexions furent interrompues par l'arrivée de l'interrogateur Sand. 

Le puissant technoarchéologue, toujours aussi impressionnant en raison de sa taille et de ses multiples implants, était accompagné d'un serviteur de garde enveloppé d'un lourd manteau de bure qui dissimulait ses traits. L'interrogateur Sand se tint silencieux devant les acolytes rassemblés, son regard sévère balayant la pièce. La lumière vacillante des torches projetait des ombres sinistres sur les murs de pierre. Il prit la parole d'une voix grave et autoritaire :

"Écoutez bien, car votre mission est cruciale pour la survie de ce monde et la sécurité de l'Imperium. Suite à l'enquête menée dans la cité assiégée d'Olrankan sur le monde d'Acreage, nous avons découvert deux faits alarmants : une infiltration xéno par la sinistre race des Slaughts et une influence notable du Warp, révélée par la découverte de chiens mutants. Ces révélations sont consignées dans le dossier 'Des vers dans la viande'. Les preuves recueillies dans le repaire des Xénos indiquent que ces chiens mutants proviennent de la région de Marianburg."

Sand marqua une pause, son regard perçant chacun des acolytes, avant de poursuivre :
"En réponse à ce rapport, l'Inquisiteur Vaarak Globus m'a ordonné de mener une enquête complémentaire sur l'influence du Warp dans cette région. Marianburg, située à dix jours de voyage au sud de la cité d'Olrankan, est une ville fortifiée entourée de vastes étendues de forêts et de marais. Dominée par le château du Duc Heironymus, la ville est un bastion de pouvoir féodal où les tours d'ivoire des seigneurs côtoient les taudis du bas-peuple. Cependant, sous cette façade de richesse et de puissance se cache une réalité bien plus sinistre. Les rumeurs de cultes hérétiques et d'activités warp sont monnaie courante, sans qu'aucune preuve tangible n'ait été apportée jusqu'à ce jour."

Il se tourna vers le serviteur de garde et ordonna : "Dévoile-toi."
Lentement, le serviteur retira son manteau de bure, révélant ce qu'il restait de l'acolyte Labienus. Transformé en serviteur décérébré, son corps mutilé et défiguré par des implants mécaniques, ses yeux vides de toute vie et de toute conscience. Un frisson d'horreur parcourut l'assemblée. Les acolytes sentaient le poids du sort tragique de leur ancien compagnon, transformé en un outil sans âme, un avertissement vivant de l'échec.

"Voilà ce qui attend ceux qui échouent ou se montrent indignes de leur mission," tonna Sand. "Votre objectif est clair : vous devez enquêter sur l'origine des chiens mutants et découvrir l'étendue de l'influence du Warp à Marianburg. Soyez prêts à affronter les pires horreurs et à naviguer dans un labyrinthe de corruption et de danger. N'échouez pas ! L'Inquisiteur Vaarak est un homme juste, mais il ne supporte pas l'incompétence."

Quelques heures après leur briefing de mission, les acolytes prirent la route de Marianburg, montés sur des otruchons – des créatures endémiques d'Acreage évoquant un croisement entre une autruche et un dromadaire. Conformément à l'édit impérial, ils durent renoncer aux véhicules technologiques. Leur voyage sur la grande route dura près de dix jours.

À la veille de leur arrivée dans le duché de Marianburg, ils furent informés lors de leur dernière étape que la route, déjà mal entretenue, serait probablement impraticable en raison des pluies torrentielles qui s'abattaient sur la région depuis plusieurs jours. Les pluies transformaient les chemins en bourbiers traîtres, ralentissant toute progression et mettant à l'épreuve l’endurance et la détermination des voyageurs.

Alors qu'ils approchaient de leur destination, les acolytes sentaient le poids de leur mission. La vision de Labienus transformé en serviteur décérébré hantait leurs esprits, une sombre prémonition des horreurs à venir. Leur foi dans l'Empereur-Dieu et leur détermination à accomplir leur devoir seraient mises à l'épreuve dans les sombres forêts et marais de Marianburg.


Les acolytes de l'inquisiteur Vaarak Globus sont sur la brèche.


***

Introduction

Effectivement les jours suivant, la pluie se mit à tomber drue et le paysage changea radicalement Les acolytes pénétrèrent dans une lande totalement désolée, l'herbe y était jaunâtre, comme décolorée par la pluie acide, et quelques arbustes maladifs poussaient ici et là, renforçant l'aspect sinistre du paysage. De gros blocs de granit, épars comme des vestiges d'un âge oublié, accentuaient encore l'atmosphère morne et oppressante.

À mesure que l'équipe s'enfonçait dans cette terre maudite, ils commencèrent à discerner des formes imprécises, marchant au milieu des trombes d'eau. Ces silhouettes disparaissaient dès que l'on essayait de les fixer du regard. Des plaintes et des gémissements s'élevaient de tous côtés, semblant au départ n'être que le vent, mais, avec le temps, les lamentations devinrent plus fortes, plus insidieuses.

Après environ un kilomètre, les agents de l'Inquisition se retrouvèrent au milieu d'un véritable pandémonium de hurlements et de cris. Les formes sombres étaient devenues très nombreuses, et des feux follets apparaissaient et disparaissaient sans cesse, comme des âmes tourmentées cherchant une issue.

Marco Cimbria de l'Adeptus Arbites
L'auspex de Preatus Sigma s'affola, identifiant des manifestations Warp, le tissu de la réalité semblant dangereusement fragile dans ce secteur. Marco, sentant le danger imminent, ordonna à l'équipe de s'arrêter. Une forme plus précise, évoquant une prêtresse Eldar, commençait à prendre forme dans la lande.

Alors que tous mettaient pied à terre, l'otruchon de Norton s'affola brusquement, projetant le Squat face contre terre dans la boue. Les acolytes, nerveux et tendus, se regroupèrent, leurs regards fixés sur la forme mystérieuse, se demandant si cette apparition était une alliée ou une nouvelle menace surgie du Warp.

Tandis que Marco épaulait son fusil pour assurer un appui-feu à ses compagnons, Preatus, auspex en main, et Wilhem s'enfoncèrent dans la lande, déterminés à intercepter l’eldar. Mais, à chaque fois qu'ils semblaient sur le point de l'atteindre, l'apparition disparaissait, pour réapparaître plus loin, comme un mirage trompeur.

Wilhem, frustré, jura bruyamment alors que le terrain devenait de plus en plus marécageux, chaque pas s'enfonçant dans la boue noire et collante.  "Maudit soit ce lieu et ses illusions infernales," grogna-t-il, ses bottes s'enlisant à chaque mouvement.

Frère Varnias, resté en arrière avec le groupe principal, observait la scène avec une inquiétude grandissante. Sa voix retentit sur les vox. "Ce n'est qu'une vile manifestation du Warp," déclara-t-il d'une voix grave. "Elle cherche à nous entraîner vers notre perte. Nous devons rester vigilants et ne pas nous laisser égarer."

Marco, les yeux fixés sur la silhouette insaisissable, hocha la tête en signe d'accord.  "Preatus, que dit ton auspex ? Avons-nous un moyen de contrer cette illusion ?" demanda-t-il, le ton urgent.

Preatus, ajustant les réglages de son appareil, répondit : "Les signatures Warp sont intenses et instables. Cette entité joue avec notre perception de la réalité. Nous devons la neutraliser avant qu'elle ne nous piège complètement."

Soudain, la forme réapparut plus près, émettant un éclat spectral qui fit frissonner les acolytes. Wilhem, d'un geste rapide, lança une grenade à fragmentation dans sa direction. L'explosion retentit, déchirant l'air stagnant, mais la forme se dissipa de nouveau avant d'être touchée, réapparaissant presque instantanément plus loin, son éclat sinistre défiant toute logique.

"Nous ne pouvons pas continuer comme ça," gronda Norton, en relevant sa monture paniquée. "Elle nous épuise et nous attire vers un piège. Il nous faut une nouvelle approche."

Preatus, les yeux fixés sur l'auspex, vit alors une fluctuation inhabituelle dans les relevés. "Il y a une concentration d'énergie plus dense à l'est0" dit-il. "Je parie que c'est là que cette entité puise sa force."

Marco, toujours en position, prit une décision rapide. "Nous allons nous diriger vers cette concentration. Si c'est la source de son pouvoir, nous devons la détruire."

Le groupe se réorganisa, laissant derrière eux les cris et les lamentations fantomatiques. Remontant en selle, la colonne reprit sa marche sous des trombes d'eau, se fiant aux données de l'auspex du technoprêtre. Peu à peu, les agents impériaux dévièrent de la route principale et gravirent un ensemble de collines aux pentes douces. La pluie battante et les rafales de vent rendaient chaque pas pénible, mais leur détermination ne faiblit pas.

Au sommet de la colline, ils découvrirent un village niché dans une combe. Le spectacle qui s'offrait à eux était à la fois surprenant et inquiétant. Le village semblait étrangement paisible, comme figé dans le temps, au centre d'une dépression naturelle, telle l'œil calme du cyclone.

Aucun mouvement, aucun signe de vie ne venait troubler cette scène. La pluie cessait presque soudainement à la lisière du village, laissant une zone de calme sinistre au milieu des éléments déchaînés. Marco scruta le village, ses yeux plissés de méfiance. "Il y a quelque chose de profondément anormal ici," dit-il, sa voix à peine audible sous le grondement distant du tonnerre.

Preatus, toujours concentré sur son auspex, confirma les craintes de Marco. "Les relevés sont étranges. Il y a une activité warp intense mais... contenue. Comme si une barrière invisible protégeait ce lieu."
Wilhem serra la garde de son arme à double lame, prêt à toute éventualité. "Nous devons enquêter," dit-il. "Mais restons sur nos gardes. Ce calme n'est qu'une façade."

***

Chapitre 1 - le Village d'Averrac

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la pluie, qui tombait drue et implacable jusqu'alors, cessa complètement dès qu'ils franchirent les limites du village. Ce dernier avait un aspect ordinaire et presque banal : quelques maisons au toit de chaume regroupées autour d'une petite chapelle et d'une auberge au toit d'ardoise. Mais quelque chose n'allait pas. Les rues étaient étrangement désertes, les portes et les fenêtres solidement barricadées, comme si les habitants se préparaient à une menace invisible. Les seules lumières étaient celles des fenêtres de l'auberge et de la chapelle, jetant des ombres inquiétantes en cette fin de journée.

Tandis qu'ils progressaient prudemment dans le village silencieux, les acolytes discutèrent à voix basse quant à la conduite à tenir. Frère Varnias, avec une ferveur palpable, proposa de se diriger vers la chapelle pour y rendre gloire à l'Empereur. Ses compagnons échangèrent des regards sceptiques, préférant de loin la chaleur et la sécurité de l'auberge. Après tout, ils étaient trempés et épuisés après ce long et éprouvant voyage. Un bon repas et un toit solide seraient bienvenus avant de se rendre au lieu de culte. Le prêtre, sentant la fatigue dans leurs voix, concéda qu'une collation serait effectivement la bienvenue, même si pour lui, prier nourrissait autant son âme que son corps.

Mais alors qu'ils approchaient de l'auberge, une étrange sensation de malaise s'empara d'eux. Les ombres semblaient se tordre et se mouvoir à la périphérie de leur vision, et le silence était si oppressant qu'ils pouvaient presque entendre leur propre cœur battre. Chaque pas résonnait comme un écho sinistre, et l'air lui-même semblait lourd de secrets non-dits et de terreurs cachées.

L'enseigne de l'auberge, en grosses lettres gravées dans le bois vieilli, annonçait « Les 7 Frères ». Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient toutes barricadées, et les seules lumières visibles provenaient de l'étage supérieur, où chaque fenêtre était protégée par de lourdes grilles en métal. L'ambiance accablante du lieu ne laissait pas place à la confiance.

S'approchant prudemment de la porte, Marco vérifia que la sangle de son holster était bien ouverte, prêt à dégainer au moindre signe de danger. Frère Varnias, quant à lui, posa une main ferme sur le lourd heurtoir en fer forgé et l'actionna. Un vantail coulissa brusquement, révélant deux yeux perçants qui observèrent le prêtre un instant avant de se refermer.

Après un moment de silence tendu, la porte s'ouvrit enfin, révélant une salle fortement éclairée. La lumière contrastait brutalement avec l'obscurité extérieure naissante, et l'intérieur de l'auberge semblait à la fois accueillant et inquiétant, comme un sanctuaire de chaleur au milieu d'un village déserté par la vie.

La compagnie entra prudemment, chacun restant sur ses gardes et les sens en alerte.

***

Chapitre 2 - A l'enseigne "Les 7 frères"

Les acolytes s’avancèrent dans la salle, accueillis par un lourd silence. À leur grande surprise, l'auberge était bondée, mais l'atmosphère y régnant était celle d'une peur sourde et déprimante. Marco et Norton se dirigèrent immédiatement vers le comptoir, où se tenait un gros homme aux cheveux grisonnants, visiblement l'aubergiste. Cet homme, de la nervosité dans la voix, leur annonça qu'il n'y avait plus aucune chambre de libre, mais qu'il pouvait leur offrir un gruau, une pinte de bière et un coin de parquet pour la nuit.


Les agents de l'inquisition s'avancent dans l'auberge.

Après avoir remercié le tenancier et payé leur dû en trônes impériaux, les deux acolytes entamèrent la conversation, curieux de savoir pourquoi l'établissement était bondé et tous les accès verrouillés. L'aubergiste, qui se présenta sous le nom de Basile, leur expliqua la situation. Chaque année, à cette période, des spectres se manifestaient sur la lande des Âmes Perdues, qui s'étendait autour du village. Durant ces jours maudits, personne n'osait s'aventurer dehors, et la communauté vivait repliée sur elle-même.

Mais cette année, la situation avait pris une tournure bien plus sinistre. Depuis trois semaines, des familles entières résidant dans les fermes environnantes avaient disparu sans laisser de trace. Chaque soir, les fermiers survivants venaient se réfugier à l'auberge, abandonnant leurs habitations isolées aux ténèbres et à la peur. Basile ajouta que, comme si ces disparitions ne suffisaient pas, il pleuvait sans cesse sur les champs depuis trois semaines, alors qu'une étrange sécheresse persistait sur le centre du village, épargné par la moindre goutte de pluie. Les acolytes avaient désormais pleinement conscience de la terreur collective des habitants, du murmure de leurs conversations inquiètes et de leurs regards furtifs. Les événements récents avaient plongé le village dans une atmosphère de désespoir et d'attente, chaque habitant redoutant ce que la nuit prochaine pourrait apporter.

Khelvar, le héros par conviction
Restés près de l'entrée, Wilhem et Mir le Rude remarquèrent un jeune homme qui détonnait dans l'ambiance morose de l'auberge. Il portait une lourde cuirasse sur une tunique bleu sombre. À sa large ceinture de cuir pendaient une épée et un pistolet à l'aspect désuet. De longs cheveux blonds encadraient un visage juvénile. Se sentant observé, il se leva et s'approcha des acolytes. Peu impressionné par leur allure martiale, il tendit une main à Wilhem en guise de salut, que le vétéran refusa sèchement.

Refroidi par l'accueil glacial, l'homme se détourna avec un sourire avant de rallier le bar pour rejoindre Marco et Norton. Il écouta avec attention la fin de leur échange avec Basile avant de tenter une nouvelle approche « Je me présente, Khelvar, mercenaire de métier mais héros de conviction. »

Le squat saisit la main tendue en réponse et la secoua vigoureusement. Il fit les présentations, expliquant qu'ils étaient eux-mêmes une bande de mercenaires à la recherche d'un contrat. Cette information provoqua une réaction immédiate dans l'assemblée toute proche. Le visage de Basile s'illumina d'un fol espoir : « C’est un signe ! Vous avez été envoyés pour nous aider.» dit-il, presque suppliant.

« Vous avez un boulot pour nous ? » demanda innocemment Norton. 

Ce fut Khelvar qui répondit.  Arrivé il y a deux jours, il s'était vu proposer une somme de mille trônes impériaux pour résoudre le mystère des disparitions qui frappaient le village. Il était clair que cette somme représentait toute la fortune de la communauté. Répondant aux interrogations de Marco, il leur expliqua qu'il avait commencé à mener l'enquête, mais les indices dont il disposait lui faisaient penser qu'il aurait bien du mal à y arriver seul. Ce fut d'une voix enthousiaste qu'il proposa aux agents de l'Impérium de se joindre à lui, leur offrant de se partager la prime. « Moi, je continue pour aider ces pauvres gens, » précisa-t-il.

De nombreux villageois s'étaient attroupés et ils pressèrent Marco et ses amis d'accepter en leur jurant une reconnaissance éternelle. L'attrait de l'argent motiva clairement Wilhem: obtenir un bonus pour réaliser le boulot qu'il était venu faire de toute manière lui convenait parfaitement. Par contre, donner son salaire et ne travailler que pour la gloire le choqua au plus haut point. Il en conçut immédiatement une vive suspicion à l'égard de Khelvar. Frère Varnias fut outrée par l’attitude de ses compagnons prêt à dépouiller les villageois de leurs maigres richesses. Il s'engagea à reverser sa part au culte impérial local. Sur quoi, il s'éloigna, se planta au centre de la pièce et entonna un cantique monodique à la gloire de l'Empereur Dieu, sa voix résonnant comme un défi aux ténèbres extérieures. 

Quelques instants après que les dernières notes du chant religieux eurent retenti dans la pièce, deux personnes firent leur apparition. L'un était un homme d'âge mûr, vêtu élégamment, à la barbe soignée, qui se présenta sous le nom d'Edern, bourgmestre d'Averrac. L'autre était Frère Lazare, un jeune homme fluet, représentant du culte impérial dans le village. Ils avancèrent avec une certaine solennité jusqu’au bar et laissèrent Basile les informer de la proposition faites aux mercenaires.

Après un échange d’amabilité, les acolytes, les membres du conseil municipal ainsi que Khelvar s'installèrent à une table un peu à l'écart, afin de discuter des événements récents et des disparitions, tout en grignotant pain et fromage. Khelvar prit la parole, leur révélant qu'il avait découvert une piste près de la ferme des Radiguers. Dans le champ attenant au bâtiment, un glissement de terrain provoqué par les pluies diluviennes avait mis à nu une section de galerie étrangement étayée. Malheureusement, la galerie était scellée par un éboulement après quelques dizaines de mètres. Cependant, on pouvait voir des traces de pas se dirigeant vers le nord et le Bois d'Angue.

Khelvar, malgré sa bravoure, avoua qu'il ne souhaitait pas explorer seul ces bois. Leur réputation sinistre surpassait même celle de la lande environnante. Mais avec l'équipe de mercenaires à ses côtés, il se sentait prêt à affronter les dangers qui s'y cachaient. Les agents de l'Inquisition s’enquirent de la position des autorités de la région. Le bourgmestre répondit qu'une rapide enquête avait été menée quant à l'étrange phénomène météorologique qui frappait le village mais il n'avait jamais reçu le rapport de l'administorium. Quant aux disparitions, la milice locale avait conduit une enquête mais la troupe avait elle aussi disparu depuis quatre jours.

Frère Varnias s'intéressa alors aux informations que pouvait leur apporter Lazare sur la région et son histoire. Le clerc local, bien que peu versé dans les écrits autres que liturgiques, connaissait un fait important : la lande maudite avait été le lieu d'une grande bataille entre les armées royales et la Grande Obscurité il y a de cela plusieurs centaines d'années. Il informa son homologue que, dans la bibliothèque de la chapelle, il pourrait peut-être trouver un manuscrit relatant cette histoire, perdu au milieu des recueils de prière et des livres cérémonieux.

Il n'en fallut pas plus à Varnias pour décider de passer la nuit dans l'église à compulser les ouvrages et à prier l'Empereur-Dieu. Edern et les autres membres du conseil municipal lui déconseillèrent formellement de rester seul dans le lieu saint, lui rappelant que les disparitions frappaient désormais le village lui-même et que c'était pour cette raison que tous se réfugiaient aux Sept Frères durant la nuit. Le jeune adepte ne voulut rien entendre : la foi en l'Empereur-Dieu le protégerait de tout mal.

Ainsi, après s'être restauré et avoir bu une pinte de bière tiède, il se fit conduire à l'église par le jeune Lazare. Ce dernier lui conseilla de verrouiller le porche avant de retourner à l'auberge. Lorsque les lourds vantaux de l'église se fermèrent, l'obscurité nocturne enserrait déjà le village dans ses sinistres griffes.



***

Chapitre 3 - Nuit de veille


Norton Luckless, soldat de la garde impériale
Depuis la fenêtre du premier étage, Norton observait le village d'Averrac, qui avait dû être autrefois animé par les rires et les discussions des habitants. Il semblait désormais presque à l'abandon, figé dans une atmosphère d'une inquiétante immobilité. Les maisons de pierre grise aux fenêtres closes, semblaient observer, silencieuses, l'étrange spectacle qui se déroulait dans les rues désertes.

Un brouillard luminescent avait envahi le hameau, flottant à travers les ruelles comme un serpent spectral. Sa couleur verte malsaine illuminait faiblement les pavés fissurés et les façades décrépites. Le brouillard paraissait vivant, se glissant et ondulant d'une manière presque consciente, enveloppant tout sur son passage.

À l'intérieur de ce nuage lumineux, Norton sembla percevoir des ombres indistinctes qui se mouvaient, silhouettes distordues par la luminescence verte. On aurait dit des créatures issues de cauchemars oubliés, des spectres errants piégés dans ce voile de lumière. Les bruits qu'elles émettaient, un mélange de gémissements lointains et de couinements, résonnaient dans l'air lourd, amplifiant l'angoisse du lieu. Le squat vérifia la cellule énergétique de son fusil laser, rassuré par le contact froid du métal. Il hésita un instant à donner l'alerte mais il avait déjà été confronté à un phénomène similaire sur la lande.et se perdre dans cette brume malsaine n'était pas la solution.

Le brouillard semblait avoir une intention, une direction. Il convergea lentement mais inexorablement vers l'église. L'édifice, autrefois refuge de foi et d'espoir, se dressait désormais comme une silhouette sombre et menaçante. Les pierres anciennes de ses murs tremblaient légèrement sous la pression de cette brume vivante. Norton porta son regard vers le lieu où il savait que Frère Varnias se trouvait. Après un moment d'hésitation, il activa son vox et fit venir à lui Marco. Quelques secondes plus tard, l’adeptus Arbites se tenait à ses côtés et les deux acolytes ne purent que constater la situation.

Au fur et à mesure que le brouillard s'amassait autour de l'église, celle-ci commença à disparaître à la vue, engloutie par la lumière verte. Les ombres animales s'intensifièrent, se pressant autour de l'édifice, leurs formes devenant de plus en plus indistinctes et terrifiantes. La cloche de l'église émit un dernier son étouffé avant d'être complètement submergée par le brouillard luminescent.

Averrac, enveloppé dans cette brume éthérée et sinistre, semblait suspendu dans un temps hors du temps, un espace où la réalité se tordait et où la lumière verte avalait tout, ne laissant qu'une impression de malaise palpable et une peur silencieuse résonner dans l'air stagnant.

***

À l'intérieur de l'église, Frère Varnias alluma quelques chandelles, leur lumière vacillante projetant des ombres mouvantes sur les murs de pierre. Il s'installa, dans la sacristie, à une table près de la bibliothèque, sortant les vieux livres et manuscrits poussiéreux, déterminé à découvrir les secrets enfouis de la lande maudite. Les heures passaient, marquées seulement par le grincement du bois et le froissement des pages.

Mais au-delà des murs épais de l'église, le brouillard luminescent s'était infiltré dans les rues désertes, convergeant vers l'église. Frère Varnias, absorbé dans ses recherches, ne remarqua pas immédiatement le changement dans l'atmosphère. Ce ne fut que lorsqu'une froideur anormale commença à s'infiltrer dans la pièce qu'il leva les yeux, surpris de voir le brouillard vert s'insinuer sous la porte et à travers les fissures des fenêtres.

Le jeune prêtre sentit un frisson lui parcourir l'échine, mais sa foi inébranlable en l'Empereur-Dieu le fit se redresser. Il quitta la sacristie, en verrouilla la porte et se tourna vers l'autel, ses lèvres murmurant des prières ferventes. Pourtant, le brouillard continuait de s'épaissir, enveloppant lentement l'intérieur de l'église, obscurcissant la lumière des chandelles.

À mesure que le brouillard envahissait l'église, les ombres animales devinrent plus distinctes, se mouvant avec une inquiétante proximité. Des murmures et des bruits sourds semblaient résonner entre les murs, comme des échos d'un passé oublié. Frère Varnias, les mains serrées sur son livre de prières, continua à invoquer l'Empereur-Dieu, espérant que sa foi serait suffisante pour repousser les ténèbres qui l'entouraient.

Mais à l'extérieur, l'église disparaissait peu à peu sous le voile luminescent. Les ombres animales se regroupaient autour du bâtiment, leurs formes s'entremêlant dans une danse macabre. L'église, autrefois un refuge de lumière et de sanctuaire, était désormais le cœur d'une obscurité vivante, prête à engloutir tout ce qui s'y aventurait.

***

A l'aube, la brume s'était retirée telle la marée, révélant un village morne et démoralisant mais dépourvu de l'aura sinistre du surnaturel. L'influence du Warp s'était dissipée, au moins pour les heures diurnes. Marco, Norton et leurs compagnons étaient debout avant l'aurore et, dès que le brouillard avait levé son voile, ils s'étaient précipités vers l'église, certains de ne trouver que le cadavre mutilé de Frère Varnias. 

Mais en atteignant l'édifice, ils furent soulagés de voir leur compagnon, assis sur les marches, le visage pâle et les traits tirés par l'épuisement. Derrière lui, le porche de la chapelle était profondément entaillé par des coups de griffes, témoignant de la bataille acharnée qu'il avait dû livrer contre les horreurs de la nuit. Le clerc eut un faible sourire, un rictus qui semblait étranger à son visage épuisé: " Le Grand Ennemi est venu à moi cette nuit," murmura-t-il, sa voix faible mais résolue. "Mais il n'a pu pénétrer ce lieu dévoué à l'Empereur. Sa sainte lumière était sur moi et la foi a été mon arme. J'ai lutté toute la nuit, confrontant mon esprit à des visions d'horreur dont je ne parlerai pas ici. Ne vous avais-je pas dit, mes amis : l'Empereur nous a en sa sainte garde."

Le courage du prêtre impressionna, même le robuste Wilhem, pourtant aguerri aux horreurs de la guerre. Mais rapidement, le techno-adepte Preatus, en bon serviteur du Dieu-Machine, en revint à des considérations plus concrètes : "Frère, je loue votre courage, mais qu'est-ce que cette nuit de méditation et de recherche vous a-t-elle apporté ? Avez-vous découvert quoi que ce soit qui puisse nous éclairer dans notre quête de vérité ? Avez-vous des informations sur ceux qui ont assailli l'église ?"

Varnias prit un instant avant de répondre : "La plupart des manuscrits ne sont que de simples antiphonaires, des bréviaires et des cartulaires, transcrivant les titres de propriété et privilèges temporels de l'église. Il y avait bien un ouvrage plus ancien, mais rédigé dans une langue dérivée du Haut Gothique. Je n'ai pu en déchiffrer que quelques lignes."

Le serviteur de l’Empereur-Dieu expliqua ses découvertes dans un murmure empreint de solennité : "Il y a cinq siècles, les puissances de la ruine déferlèrent sur cette région, mais aucun motif clair n’apparaît dans les récits. Le roi de l'époque, nommé Kalondan, rassembla ses pairs et ses barons pour former une grande armée et écrasa ses ennemis sur ce qui est aujourd'hui la Lande Perdue. La bataille eut lieu à l'équinoxe d'hiver. Le roi poursuivit le seigneur du Chaos dans la forêt d'Angue, où ils périrent tous deux."

Frère Varnias reconnut que ces informations étaient limitées, mais c'était tout ce qu'il avait pu obtenir compte tenu de la situation actuelle. Preatus fit alors remarquer que l'équinoxe d'hiver aurait lieu dans deux jours. Wilhem, trouvant ces révélations intéressantes mais insuffisantes, entreprit de rechercher des traces et des indices. En tant que pisteur expérimenté, il découvrit un ensemble de traces et d'empreintes qui n'étaient pas immédiatement identifiables, mais qui évoquaient celles de rongeurs mutants.

Les lieux de l'aventure.


Il releva également une puissante odeur de musc et d'ammoniaque autour de la porte, mélange fétide d'excréments, d'urine et de sécrétions de glandes. Il expliqua à ses compagnons, surpris par ses talents, que les rongeurs utilisaient ces odeurs pour s'orienter, marquer leurs trajets et reconnaitre leur famille.

Wilhem pointa ensuite plusieurs séries d'empreintes qui se dirigeaient vers le nord, en direction du redoutable Bois d'Angue. Tous les regards convergèrent alors vers Kelhvar qui sourit de se voir ainsi devenir le centre de l’attention.


***

Chapitre 4 – Le bois d’Angue


Bien que méfiant à l'égard de Khelvar les acolytes n’avaient guère le choix et ils laissèrent le guerrier fanfaron les guider jusqu'à la rivière Noire qui coulait au nord d'Averrac. Malheureusement le guet qu'ils atteignirent était rendu impraticable par les pluies, la rivière elle-même formant un véritable torrent furieux. Remontant son cours, ils finirent par découvrir un amoncellement de troncs et de débris qui permit de gagner l'autre rive.

Dès cet instant l'équipe se trouvait à la lisière du Bois d'Angue. Les arbres avaient une forme torturée et ne ressemblaient à aucune espèce connue même du plus lettré d'entre eux. Leurs branches étaient entrelacées de façon reptilienne, certains troncs semblaient presque avoir des traits humains.

Malgré cela et malgré la sourde menace planant dans le silence pesant, Willem et Mir bousculèrent Khelvar et s'engagèrent sous les frondaisons suivis par leurs compagnons. Rapidement l'obscurité se fit très dense, aucun bruit de vie animale ne se faisait entendre. Portant son regard sur les données de son auspex, Preatus détecta clairement une influence Warp mais sans être capable d'indiquer une direction précise, l'altération semblait complètement ambiante. « L'endroit semble totalement soumis au chaos » indiqua Preatus d’une voix altérée par son Vox. « Une chance que tu es là pour nous en informer compagnon » le railla Norton. « On ne s'en serait pas douté ! »

Les acolytes s'enfoncent dans le sinistre bois d'Angue.


« Il n'y a rien de naturel ici » grogna Willem. « J'ai l'impression que le sentier s'ouvre devant nous à chacun des pas que je fais. Quelle que soit la force à l’œuvre ici elle nous guide vers notre destin. »
« Tu ne crois pas si bien dire répondit Varnias, qui fermait la marche. C'est sorcellerie que ceci, le chemin se referme derrière nous ! Mais ayez le cœur léger mes amis, l'Empereur-Dieu veille sur nous et il ne saurait nous imposer une tâche dont nous ne saurions triompher. »

À ses paroles, la compagnie se figea, les regards inquiets se tournant vers le chemin qu'ils venaient de prendre. L'évidence s'imposa à tous : une fois engagé sur ce sentier apparu comme par un sinistre coup du sort, il n'était plus possible de s'en écarter, ni même de revenir en arrière. À chaque pas, les arbres se resserraient, étouffant le sentier derrière eux comme un piège vivant. Wilhem, avec un mélange de désespoir et de détermination, remonta la colonne, tentant en vain d'ouvrir un passage. Le bois des arbres, plus dur que l'acier, résistait à chaque coup. Aucun choix ne s'offrait aux agents de l'inquisiteur : ils devaient avancer, droit vers l'inconnu, dans l'étreinte suffocante de ce sentier oppressant.

***

Après une marche éreintante qui sembla s'étirer à l'infini, les acolytes cessèrent de progresser sous la canopée pour pénétrer dans une vaste clairière. Sept monolithes de marbre noir, sinistres et imposants s’y dressaient formant un cercle parfait. Au centre de celui-ci, un monticule artificiel avait été aménagé, accessible par une courte volée de marches décrépites.

Au sommet, une forme sombre et indéchiffrable était accroupie, présence maléfique et indéniablement menaçante. Mir remarqua que le chemin se poursuivait au-delà du cercle de pierre, comme une invitation à poursuivre leur périple. La créature se redressa lentement et lâcha d'une voix caverneuse « Je vous attendais. »

Askharm, champion et écho d'un passé révolu !
La silhouette était vaguement humaine, enveloppée dans une robe d'un vert sombre à capuchon, ne dévoilant qu'un visage squelettique ivoirien. Deux cornes bovines, grotesques et tordues, émergeaient de la capuche, accentuant l'aura de terreur qui émanait de la créature.

L'abomination du chaos brandissait dans sa main droite une épée étincelante, tandis que dans l'autre, elle tenait un bâton surmonté d’un crâne xéno, probablement celui d’un orque. Alors que les acolytes se déployaient en demi-cercle, ne voulant pas offrir de cible groupée au serviteur des Sombres Puissances, le champion leva haut son épée et hurla de sa voix caverneuse : « Moi, Askharm le Grand, j'appelle sur moi le pouvoir de l'épée Formengil. Venez à moi, Arthus, Branne, Conan, Donald, Erwan, Fergal, et Gradlorn ! »

Devant chaque menhir, un nuage de brume apparut, se contorsionnant et s'épaississant jusqu'à prendre la forme effrayante de chevaliers en armure, surgis d'un passé macabre.  Marco ouvrit immédiatement le feu avec son fusil, les balles ricochant sur les chevaliers en approche sans leur causer le moindre dommage. Norton, de son côté, déclencha une rafale de tirs laser, mais les rayons se dissipèrent sans affecter les armures spectrales. Varnius, terrifié, se précipita pour chercher refuge derrière un des monolithes noirs, suivit dans son mouvement par Kelhvar.

Preatus, se tint un peu en retrait et observa la situation avec une froide concentration. « Les esprits semblent avoir acquis une forme matérielle, mais en vérité, ils demeurent aussi insaisissables que dans le Warp » pensa-t-il. Les tirs de ses compagnons n’avaient aucun effet, et il comprit que quelque chose de plus sinistre animait ces créatures d'outre-tombe. Les données de son auspex indiquait une impressionnante fluctuation d’énergie « Ceux ne sont pas des démons mais autre chose » Et soudain il hurla « C’est l’épée qui retient les spectres ! Wilhem, élimine le porteur ! »

Wilhem, le cœur battant à tout rompre, s'avança résolument vers le champion du chaos. L'épée de ce dernier crépitait d'une énergie psychique malsaine, illuminant le visage squelettique d'une lueur effroyable. Le guerrier se convainquit qu'il ne craignait pas la mort, puis chargea avec détermination.
Son arme à double lame intercepta l'épée de son adversaire, et les deux combattants enchainèrent une série de passes d'armes rapides et brutales. Les lames s'entrechoquaient, des étincelles jaillissaient, et chaque coup résonnait comme un glas funèbre. Le vent se leva en écho, hurlant entre les monolithes comme les âmes tourmentées des damnés, tandis que le combat acharné se poursuivait. Preatus en était certain, la survie de tous dépendant de l'issue de ce duel.

Les acolytes, contraints à la défensive, furent rapidement acculés par les spectres, leurs armures fantomatiques se resserrant autour d'eux dans une étreinte glaciale. Marco, dans un geste désespéré, tenta de repousser l'un des chevaliers, mais une épée spectrale le frappa au torse, lui infligeant une vilaine blessure. Il s'effondra en hurlant de douleur, son sang se mêlant à la terre sombre sous ses pieds.

Mais Wilhem avait indéniablement pris la mesure de son adversaire. Avec une précision implacable, il asséna un premier revers dévastateur qui brisa le bâton de Askharm, envoyant le crâne orque voler à plusieurs mètres Le champion du chaos vacilla, ses yeux brûlant d'une rage incontrôlée. L'énergie psychique autour de son épée semblait faiblir, et Wilhem en profita pour redoubler d'efforts. La tension était palpable, chaque mouvement crucial. Le soldat de l’Imperium trouva la faille dans la garde de son adversaire, et l'une de ses lames s'enfonça dans le visage squelettique de Askharm.

La créature démoniaque hurla, un flot d'énergie rouge s'échappant de la blessure. Elle se ratatina au sol, son corps se dissolvant lentement jusqu'à ne laisser derrière elle que son épée de puissance. Les chevaliers spectraux se figèrent instantanément avant de dissoudre dans l’air, comme s'ils n'avaient jamais existé. 

***

Le calme revenu, Varnius se précipita pour prodiguer des soins à Marco, dont la blessure saignait abondamment. Les autres agents formèrent un cercle autour de l'épée, leurs visages marqués par le soulagement et ils félicitèrent Wilhem pour son exploit.

Le technoprêtre analysa la situation, son œil augmentique balayant l'épée scintillante. Il déclara qu’elle devait être récupérée pour analyse : toute connaissance, même sombre, devait être collectée pour le culte de la Machine. À ses mots, Kelhvar tendit la main pour récupérer l'arme. Il fut violemment repoussé par Wilhem, « N’y touche pas sale chien ! ».

Une vive discussion s'ensuivit, Wilhem et Norton s'opposant fermement à ce que quiconque touche l'objet chargé de puissance sombre et occulte. Mir, Varnias, et Marco se rangèrent de leur côté, leurs visages marqués par l'angoisse et la méfiance. L'électroprêtre, cependant, trouvait illogique de laisser traîner une arme de ce calibre ici, où elle pourrait attirer d'autres horreurs ou être retrouvée par des mains encore plus maléfiques.

Finalement, le groupe prit une décision : ils enterreraient l'épée au pied du plus imposant des monolithes, en attendant d'informer les autorités compétentes. Le sol fut creusé avec hâte et l’arme y fut poussée. Une fois l'épée ensevelie, une étrange quiétude s'installa, mais l'atmosphère restait lourde, comme si les pierres noires elles-mêmes retenaient leur souffle. Contournant la clairière, les agents impériaux reprirent leur progression et replongèrent sous la canopée.




***

Références

  • Texte et Photos: CaptainLille (Oui c'est moi )
  • Dark Heresy 1ere Edition, Dan Abnett, Gary Astleford, Owen Barnes, Alan Bligh, Ben Counter, Kate Flack, John French, Guy Haley, Andy Hall, Tim Huckleberry, Andrew Kenrick, Mark Latham, T.S. Luikart, Mike Mason, Chris PramasBiographie, Richard 'Rick' Priestley - Bibliothèque Interdite (2008), ISBN : 978-2-9-1598992-2
  • Copyright © Games Workshop Limited. Games Workshop, Warhammer 40,000, le jeu de rôle Warhammer 40,000, Dark Heresy, les logos de ces marques respectives, Rogue Trader, Dark Heresy et toutes les marques associées, ainsi que les logos, lieux, noms, créatures, races, ainsi que les insignes, logos et symboles de ces races, véhicules, armes, unités ainsi que les symboles de ces unités, personnages, produits et les illustrations des univers de Warhammer 40,000 et de Dark Heresy sont soient ®, TM et/ou © Games Workshop Ltd

Dark Heresy

++ Corruption dans le duché de Marianburg ++

(2/2)

Après avoir conduit une première investigation dans le village d'Averrac, les acolytes ont été contraints de s'enfoncer dans le bois d'Angue. Après avoir découvert un site imprégné par l'influence du  chaos et défait un ancien champion, écho d'un passé révolu, leur progression les conduit au bord d'une immense falaise dans la paroi de la laquelle se découpe une arche monumentale.



Chapitre 5 - La tombe oubliée

L'équipe avança résolument suivant le sentier sinueux sur plusieurs kilomètres avant de se retrouver face à une imposante falaise de craie. Le chemin s'engouffrait dans la falaise par une arche monumentale, flanquée de deux statues de paladins en armure, vestiges d'un autre temps

Wilhem, qui se tenait toujours en pointe, fit un geste brusque, interrompant leur marche. Les autres agents se figèrent, se déployant silencieusement sur son ordre. Le grand guerrier pointa du doigt un point précis à droite de l'entrée, puis porta sa main à son oreille, invitant tout le monde à écouter attentivement. Le cadien avait repéré une meurtrière habilement dissimulée dans la roche. En tendant l'oreille, les acolytes distinguèrent des couinements étranges, évoquant des échanges verbaux xénos.

Marco se faufila sous le couvert des broussailles jusqu'à la meurtrière. Avec une dextérité éprouvée, il saisit une grenade, la dégoupilla, et la fit rouler dans l'ouverture. Le grondement de l'explosion fut étouffé par l'épaisseur des murs, un panache de fumée s'échappa par l'ouverture, et le silence retomba.

La progression se fit encore plus prudente une fois passé l'arche, leurs pas résonnant sur les dalles marquées par le temps. Les lampes torches dévoilèrent un couloir, long et sombre, aux murs ornés de fresques défraichies représentant la victoire sanglante d'un roi humain sur une horde de créatures du chaos. Les images, usées par les siècles, dégageaient désormais une aura de malveillance ancienne, qui ne devait rien au travail des artistes.


Les acolytes mènent leur exploration sous le regard figés des gardiens de pierre.

Ils débouchèrent enfin dans un grand hall dominé par deux immenses statues d'hippogriffes taillées dans du schiste blanc. Les créatures majestueuses, bien que figées dans la pierre, semblaient les observer, leurs yeux sans vie perçant les ténèbres. Entre elles, un large escalier plongeait encore plus profondément sous la falaise, comme une invitation à descendre vers des secrets encore plus sombres.

Communiquant par signe, les agents se dispersèrent pour explorer les pièces attenantes au vaste hall. Chaque porte en bois grinça en s'ouvrant, dévoilant des salles de garde abandonnées, des dortoirs poussiéreux et des espaces de vie communes désertés depuis longtemps. Le silence régnait, seulement troublé par le bruit de leurs pas et leurs respirations anxieuses.

Mais ce qui les glaça d'effroi furent les squelettes difformes des anciens occupants, éparpillés dans les pièces. Les ossements, porteurs d'horribles mutations, témoignaient des effets délétères et maléfiques qui avaient autrefois ravagé ces lieux. Les crânes des malheureux étaient anormalement allongés, hérissés de cornes et de crocs, tandis que certains présentaient des épines saillant de leurs vertèbres, vestiges grotesques d'une transformation monstrueuse.

Les acolytes, malgré leur expérience et leur courage, ressentaient une crainte viscérale en présence de ces restes macabres, témoignage de l'influence du Warp. L'air était chargé de l'écho de souffrances passées, et chaque ombre semblait prête à s'animer pour revendiquer leur âme. Ils savaient qu'ils n'étaient pas seuls, que quelque chose d'ancien et de maléfique veillait dans ces profondeurs oubliées.

Etant assuré qu’aucun ennemi ne se dissimulait à ce niveau de la tombe, les acolytes ser egroupèrent dans la salle principale. « Il n’y a plus rien en vie ici. Mais j’ai trouvé la salle aux xénos. La grenade de Marco a fait du joli boulot. Quel que soit le type de xénos qui s’y trouvait, il n’en reste que des morceaux de chair et de fourrure, » informa Wilhem.

« Bien, je crois qu’on n’a pas le choix : il nous faut descendre. L’escalier semble être la seule voie de progression qui s’offre à nous. Je taille la route, » décréta Norton en saisissant son fusil laser sur le canon duquel il avait fixé sa lampe, la lumière crue perçant l'obscurité environnante.

« Accordez-moi une seconde, » les interrompit Varnias. « Je dois adresser une prière à l’Empereur pour les âmes des victimes. » Le prêtre joignit l’acte à la parole, une aura de solennité enveloppant brièvement le groupe.

***

Quelques instants plus tard, guidée par Norton, la colonne s’enfonça dans les profondeurs. L’escalier était large, ses marches marquées par le temps, érodées par des siècles d’oubli et de silence. Une humidité froide s’accrochait aux parois, et l’air semblait devenir plus dense à chaque pas. Le squat se figea brusquement et se tourna vers l’une des parois alors que l’escalier se poursuivait dans les ténèbres. Il avait perçu un léger courant d’air, trahissant la présence d’un passage dissimulé. « Attendez ! » chuchota-t-il, sa voix résonnant étrangement dans l’espace clos. « Il y a quelque chose ici… »

L’antique mécanisme d’ouverture était habilement dissimulé, mais le technoprêtre Preatus, avec une expertise méticuleuse, ne se laissa pas abuser par le travail des concepteurs. Après quelques manipulations, il parvint à ouvrir le passage. Derrière le bloc de pierre se révéla un corridor étroit, plus grossièrement étançonné, semblant s’enfoncer encore plus profondément dans le cœur de la tombe.

« C’est un signe, Saint Drusus en soit loué, » murmura Varnias, la ferveur perceptible dans ses mots. « Mais restons sur nos gardes car une âme suspicieuse est une âme saine. »

Lassé des asyndètes permanent du religieux, Norton poussa un long soupir avant de faire un signe de tête en direction de Wilhem. Le grand gaillard hocha la tête et suivit le squat qui s’engageait dans le nouveau passage.

Le corridor semblait les engloutir, les tirant inexorablement vers les ténèbres et les secrets oubliés de la tombe. Des ombres, créées par les faisceaux des lampes, dansaient sur les murs. L’air se fit plus humide et au bout de quelques minutes, un grondement sourd et irrégulier retentit, comme si quelque chose d’immense se mouvait derrière les parois. Le groupe s’immobilisa, chacun retenant son souffle, les cœurs battant à tout rompre.

« Continuons, » ordonna Norton d’une voix mal assurée, tentant de masquer sa propre inquiétude. « Pour l’Empereur, nous devons découvrir ce qui se cache ici. »

Ils avancèrent, chaque pas les rapprochant d’un inconnu de plus en plus inquiétant, chaque ombre devenant une menace potentielle. Finalement l’étroit passage finit par aboutir sur les rives d'un cours d'eau souterrain. « La Rivière Noire » supputa Norton, « Voilà qui explique le grondement. » 

Cette explication simple et naturelle permit de relâcher la tension et de se concentrer sur la situation. Les vestiges d'une ancienne passerelle étaient visibles, à moitié engloutis par les flots tumultueux. Après quelques tentatives infructueuses, Norton et Wilhem réussirent à tendre une corde munie d’un petit grappin au-dessus des eaux. Mir et Khelvar, en sentinelles silencieuses, couvraient leurs arrières, les sens en alerte, prêts à toute éventualité. Le signal fut donné, et la colonne commença à traverser.


***

Chapitre 6 - L’attaque

L'autre rive dévoila une vaste esplanade nichée sous la voûte de la caverne. L'endroit était manifestement occupé. Des caisses étaient entreposées çà et là, et plusieurs barques se balançaient doucement à l'ancre, un peu plus loin. Au centre de la caverne, un bâtiment en bois se dressait, austère et lugubre. Plusieurs lanternes vacillantes éclairaient chichement l'endroit, jetant des ombres inquiétantes sur les murs rocheux.

Marco et Wilhem furent les premiers à poser le pied sur l'étrange débarcadère, suivi de Frère Varnius. Le faisceau de leurs lampes bataillait contre l'obscurité, perçant l'espace d'un éclat froid. Soudain des gémissements se firent entendre et un groupe d'humains mutants, vêtus de haillons, s’avança dans la lumière. Leur apparence grotesque témoignait de la souillure du chaos, mais leur attitude n'était pas agressive. « Des villageois ? » s’interrogea Marco.

« Qu’importe, ceux sont des mutants ! ». répondit froidement Wilhem. Malgré leurs suppliques les malheureux étaient porteurs de stigmates hérétiques et il n'en fallait pas plus pour que les trois agents impériaux engagent la lutte.

Le claquement sec d’un pistolet laser résonna dans la caverne. L’adeptus Arbites avait visé avec une précision froide, ses tirs abattant un mutant, le fusil à pompe de Frère Varnias fit aussi des ravages, fauchant plusieurs mutants en fuite.

Mais Wilhem n'eut pas cette chance; il fut rapidement engagé dans un corps-à-corps acharné. Les hérétiques, malgré leurs blessures béantes, refusaient obstinément de mourir, leur résistance était presque surnaturelle.

Les mutants hurlaient de terreur, leurs yeux fous de rage et de douleur mais ils n’allaient pas se laisser massacrer sans se défendre. Wilhem, le visage marqué par l'effort et la détermination, se battait avec colère. Comment de simples serfs mutants osaient-ils lui résister. Ne comprenaient-ils pas qu’il était là pour sauver leur âme. 

L'air était désormais lourd de l'odeur métallique du sang et de déjection. Mir et Khelvar, toujours en retrait sur l’autre rive, surveillaient les environs, guettant d'éventuels renforts ennemis.

***

Norton rejoignit enfin ses compagnons, prêt à se joindre à la bataille, lorsque le hurlement de Mir retentit. Le squat tourna rapidement son regard vers l'endroit qu'il venait de quitter. Mir gisait au pied de Preatus. L'électroprêtre regardait d'un air stupéfait Khelvar, son visage habituellement impassible déformé par l'incompréhension.

Khelvar, le sympathique guerrier rencontré à l'auberge, n'était plus reconnaissable. Son visage était empreint de malveillance, et son regard brillait d'une lueur rouge meurtrière. Il brandissait son étrange pistolet à rouet, dont le canon fumait encore après son tir précis. Une fumée verdâtre s'élevait en volutes sinistres. Au sol, Mir hurlait de douleur, le projectile ayant pénétré profondément dans les chairs de son bras. La blessure était hideuse, la peau autour semblant muter de manière grotesque.

Norton se saisit de son fusil laser, visant le traître. Mais la cible était en partie dissimulée par les ténèbres. Son tir manqua Khelvar mais frôla dangereusement la tête de Preatus, qui se baissa juste à temps. Le technoprêtre s'agenouilla pour libérer l'angle de tir du squat tout en prodiguant les premiers secours à Mir, qui venait de sombrer dans l'inconscience.

Khelvar poussa un ricanement triomphant, son arme déjà rechargée. "Pauvres fous," siffla-t-il, sa voix pleine de mépris et de triomphe. "Vous pensiez vraiment pouvoir défier les forces du Clan ?"

Norton ne répondit pas. Ses mains étaient fermes sur son fusil, sa respiration mesurée. Il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de rater cette fois. Preatus, quant à lui, travaillait frénétiquement pour stabiliser Mir, ses implants bourdonnant et cliquetant dans un ballet mécanique de précision.

Le squat, les yeux plissés, ajusta son tir et appuya sur la détente. Le faisceau de lumière traversa la caverne, illuminant brièvement les contours de Khelvar avant de l'atteindre en pleine épaule. Le traître vacilla, grognant de douleur, mais parvint à s'enfuir dans les ombres, disparaissant avant que quiconque ne puisse réagir.

Sur le débarcadère, Marco, Norton et Wilhem redoublèrent d'efforts, éliminant les derniers mutants avec une efficacité impitoyable. Le lieu retomba dans un calme étrange, ponctué seulement par les gémissements de Mir et les bruits des soins prodigués par Preatus.


***

Le répit ne dura que quelques trop courtes secondes, des ténèbres surgirent deux grotesques xénos, anthropomorphiques, parodie d’être humain et de rats de l’ancienne Terra. Les créatures se mouvaient en parfaite coordination et brandissaient un étrange lance-flammes.


La technologie pourtant primitive des Veer-Myn se révèle redoutable


Pressant la détente, les vermines libérèrent un flot de liquide corrosif qui s'enflamma au contact de l'air en un kaléidoscope de couleurs infernales. Marco plongea juste à temps, évitant le souffle mortel. Derrière lui, le sol se mit à fondre et à se tordre sous l'effet du liquide enflammé. Déjà, les xénos cherchaient une autre cible.

Wilhem, enfin libéré de ses adversaires mutants, courut en direction d'une embarcation. Il voulait à tout prix s'éloigner de la menace et remonter le courant afin de rejoindre Preatus et Mir, toujours bloqués sur l'autre rive.

Libéré de la menace que représentait Khelvar, Norton n'avait qu'un seul choix : attirer l'attention des xénos afin d'offrir à Marco une fenêtre de tir. Il invectiva les deux créatures, hurlant des provocations pour capter leur attention. Les vermines se tournèrent vers lui ! Marco comprit l’intention du squat et se redressa lentement, ses yeux fixés sur sa cible. Il ajusta son tir, visant la réserve de liquide inflammable que portait l'un des monstres. Prenant une profonde inspiration, il pressa la détente. Le tir fit mouche, perçant la réserve avec une précision chirurgicale.

La déflagration qui s’en suivi fut d’une puissance extrême. Une partie du sol sembla fondre dans une gerbe de flammes et de débris. Les deux xénos furent engloutis par l'explosion, leurs cris s'étouffant rapidement dans le fracas assourdissant. L'onde de choc fit trembler la caverne, projetant des éclats de roche et des fragments de bois dans toutes les directions.

La barque se révèle plus sûr qu'une corde.
Wilhem, déjà dans l'embarcation, paguaillait désespérément afin de porter assistance à Mir. Preatus, toujours penché sur Mir, jeta un regard vers l'autre rive, une lueur d'espoir traversantson visage en voyant Wilhem approcher. Norton, debout au milieu des débris, respirait lourdement, son regard fixé sur les restes fumants des xénos.

Marco et Varnius rejoignirent rapidement ce dernier, leur victoire temporaire renforçant leur détermination. « On doit se dépêcher » dit Marco, sa voix grave et urgente. « Khelvar est toujours là, et il ne tardera pas à revenir avec d'autres." Norton acquiesça, son visage durci par la tension.

La trahison de Khelvar, les mutants, et maintenant des xénos n'étaient que des obstacles sur leur chemin. Ensemble, ils savaient qu'ils devaient continuer à avancer, coûte que coûte


***

Chapitre 7 – La traque


Marco ne s'était pas trompé en parlant de renforts ennemis. Des ténèbres montaient des glapissements, des couinements et le bruit de dizaines de pattes grouillantes. Un carreau d'arbalète siffla et se planta dans la poitrine de l'arbitrator qui vacilla. Ce premier trait fut suivi d'un second qui, heureusement, ne perça pas l'armure carapace de l'ancien agent des forces de l'ordre.

Wilhem avait enfin rejoint Preatus et Mir. Soutenant le blessé, les deux hommes lui firent franchir la rivière avec précaution. Une fois sur l'autre rive, le groupe prit la fuite sans prendre le temps de réfléchir à une direction. Ils s'engouffrèrent dans le premier corridor silencieux venu afin de s'éloigner de la multitude grouillante qui approchait rapidement.

Les bruits de poursuite résonnaient derrière eux, l'écho amplifiant le cliquetis des pattes et les cris des créatures. Wilhem se retourna brièvement, son regard acéré balayant l’obscurité. Il savait qu'il devait gagner du temps. Brandissant sa double lame, il se plaça en arrière-garde. 

Deux xenos, trop audacieux, surgirent des ténèbres, leurs yeux brillants de malice et de cruauté. Le guerrier cadien plongea sans hésitation dans le combat. Sa lame fendit l'air avec une précision mortelle, tranchant dans les fourrures miteuses et la chair corrompue des créatures. La première vermine tomba, sa gorge ouverte en un sourire sanglant. La seconde tenta de reculer, mais Wilhem fut plus rapide, sa lame plongeant dans le torse de la bête, la laissant s'effondrer dans un gémissement étouffé.

Pendant ce temps, Marco, Norton, et Preatus soutenant toujours Mir, continuaient d'avancer dans le corridor sinueux. Chaque pas les éloignait un peu plus de la menace immédiate, mais l'urgence restait palpable.

Les glapissements se faisaient plus distants, mais les cinq compagnons savaient qu'ils ne pouvaient se permettre de ralentir. Wilhem, après avoir assuré que les xénos ne les suivaient plus, rejoignit le groupe, ses yeux scrutant l'obscurité derrière eux. « On doit trouver un endroit où se cacher et soigner Mir, » dit-il, essuyant la sueur et le sang de son front. Varnias acquiesça, jetant un regard inquiet au soldat, dont la respiration était devenue laborieuse.

Le groupe continua à avancer, leurs sens en alerte. Ils savaient que le danger n'était jamais loin et que Khelvar, quelque part dans les ténèbres, préparait sans doute son prochain coup. Pourtant, leur détermination restait intacte. Ensemble, ils s'enfoncèrent plus profondément dans le labyrinthe souterrain.

***

Khelvar n'était pas aussi loin que les acolytes pouvaient le penser. En réalité, il avait regroupé les forces du clan et coordonnait la traque depuis l'arrière, ses yeux scrutant les ténèbres où ses proies se cachaient. Il avait rempli son rôle en attirant ici les défenseurs du village, mais il se rendait compte que ces derniers étaient clairement étrangers à ce monde. Leurs armes et leurs armures, redoutablement efficaces, les distinguaient des miliciens qu'il avait conduit à leur perte quelques jours plus tôt. Ils étaient animés d'une volonté de fer, bien différente de celle des simples villageois.

Khelvar ne pouvait se départir d'un mauvais pressentiment. Chaque rapport de ses éclaireurs renforçait cette sensation désagréable. Il savait que le Conseil ne lui pardonnerait pas un échec, surtout après avoir perdu des forces précieuses lors du premier affrontement. Il ordonna à un groupe de guerriers de prendre position dans les tunnels latéraux, espérant couper la retraite des intrus. Il savait qu'ils ne pouvaient échapper éternellement à la traque. Khelvar serra le poing autour de son pistolet à rouet, son regard brûlant de détermination. Ces étrangers étaient puissants, mais ils ne pouvaient rivaliser avec la ruse et la persévérance du clan.

***

Pendant ce temps, les acolytes progressaient prudemment, leurs sens en alerte. Preatus, soutenant toujours Mir, murmura à Norton, « Il ne tiendra pas longtemps sans soins appropriés. Nous devons trouver un endroit sûr rapidement. »

Wilhem, en arrière-garde, surveillait chaque recoin, son double tranchant prêt à fendre l'air à la moindre menace. Marco, à l'avant, cherchait désespérément un endroit où ils pourraient se reposer et soigner leur compagnon. Ils savaient que chaque seconde comptait. Les bruits de poursuite résonnaient encore faiblement derrière eux, rappel constant de la menace qui les traquait. Soudain, ils débouchèrent dans une petite caverne, légèrement plus éclairée, avec des murs ornés de symboles anciens.

« Nous pouvons nous arrêter ici » déclara Marco, inspectant rapidement les lieux. « Wilhem, garde l'entrée. Frère Varnias, fais ce que tu peux pour Mir. »

Alors que le prêtre s'occupait de Mir, appliquant des onguents et des bandages avec une précision experte, les autres se préparèrent à défendre leur position. Ils savaient que ce répit serait de courte durée, mais ils étaient prêts à affronter ce qui viendrait.

Dans les profondeurs des tunnels, Khelvar se rapprochait, ses pensées tourmentées par le poids de la responsabilité et la peur de l'échec. Cependant la traque continuait et le combat n'était pas terminé.


****

Suite aux soins prodigués, Mir reprit doucement connaissance, ses yeux s'ouvrant avec difficulté. La douleur était encore vive, mais l'urgence de la situation ne lui échappait pas. Il savait que sa blessure ralentissait ses compagnons et compromettait la mission. Une lourde responsabilité pesait sur ses épaules, et il prit la seule décision qui s'imposait.

Se redressant avec peine, il attrapa le bras de Preatus, ses yeux pleins de détermination. « Preatus, écoute-moi, » murmura-t-il, sa voix rauque. « Je suis un poids mort dans cet état. Vous devez continuer sans moi. Je vais rester ici et les retenir autant que possible. »

Preatus répondit avec un calme mécanique, « Votre sacrifice est logique dans cette situation, mais cela n'en reste pas moins une perte pour notre groupe. ». Mir hocha la tête, comprenant l'acceptation pragmatique de l'electroprêtre. « Donnez-moi mes armes. Je ferai en sorte qu'ils ne vous suivent pas. »

Wilhem et Marco, ayant entendu l'échange, approchèrent. « Mir, tu n'as pas à faire ça, » dit Wilhem, bien qu'il comprenne la logique derrière la décision de son compagnon.

« Wilhem, » répondit Mir avec un sourire résigné. « Autant faire en sorte que ma mort compte pour quelque chose. »

Norton, la mâchoire serrée, fouilla dans sa sacoche et tendit à Mir sa dernière grenade. « Fais en sorte qu'ils regrettent de t'avoir sous-estimé. »

Mir prit la grenade, son visage empreint d'une détermination farouche. « Je ne compte pas partir sans laisser ma marque. »

Varnias, vérifiant une dernière fois les bandages de Mir, ajouta d'une voix monotone, « Que l’Empereur Dieu veille sur toi camarade. »

Les acolytes échangèrent un dernier regard avec leur compagnon, puis, sans un mot de plus, ils se remirent en route, s'enfonçant plus profondément dans les tunnels, leurs pas rapides et silencieux.


***

Mir, garde impérial du rgt "Fedrid'Fang"

Mir, désormais seul, se positionna de manière à avoir une vue dégagée sur l'entrée de la caverne. Il vérifia ses armes, prêt à vendre chèrement sa peau. Les bruits de poursuite s'intensifiaient, signe que les forces du clan se rapprochaient. Il respira profondément, apaisant ses pensées et se préparant à affronter le destin.

Khelvar, sentit un frisson d'anticipation en entendant les rapports de ses éclaireurs. Les étrangers étaient proches, et il se délectait de l'idée de leur capture. Pourtant, un mauvais pressentiment le rongeait encore, alimenté par le souvenir cruel de sa blessure.

Mir, adossé à une paroi de la caverne, entendit les premiers glapissements et le cliquetis des armes ennemies. Il savait que son sacrifice donnerait à ses compagnons le temps précieux dont ils avaient besoin. Serrant les dents, il murmura pour lui-même, « Pour l'Empereur. »

Les premiers xénos apparurent dans l'entrée, leurs yeux brillants de cruauté. Mir visa et tira, chaque coup résonnant dans la caverne comme un défi lancé à la mort elle-même. Les ennemis tombèrent, mais d'autres prenaient leur place, avançant avec une détermination implacable.

Alors que la situation devenait critique, Mir dégoupilla la grenade, prêt à l'utiliser au moment le plus opportun. Le combat serait bref mais glorieux, une dernière résistance pour protéger ceux qui comptaient sur lui. Mir, le vétéran, se battait avec la fureur d'un homme qui n'avait plus rien à perdre, ses tirs précis et mortels. 

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Chapitre 8 – Au cœur des ténèbres


Alors que le bruit des combats s'estompait derrière eux, le groupe pénétra dans une partie bien plus sauvage du réseau de tunnels. Les murs devenaient irréguliers, semblables à des tunnels naturels creusés par des forces anciennes et inconnues. L'atmosphère était lourde, empreinte d'une étrange humidité et d'une odeur de moisissure et de pourriture.

Le sol était inégal, jonché de débris et de racines qui semblaient s'étendre comme des tentacules à travers la pierre. L'air, froid et stagnant, portait des murmures lointains qui semblaient provenir des profondeurs de la terre elle-même.

En avançant, ils découvrirent des scènes encore plus troublantes. Les parois des tunnels étaient ornées de corps humains, fusionnés à la pierre comme si la caverne les avait absorbés. Ces villageois étaient maintenant figés dans des postures de souffrance et de désespoir. Leurs visages, déformés par l'agonie, semblaient encore animés d'un semblant de vie. Certains d'entre eux bougeaient faiblement, leurs yeux brillants d'une lueur de douleur et de supplication.

Preatus, observant ces horreurs, analysa froidement les corps fusionnés. « Ces pauvres âmes sont le résultat d'une corruption profonde," dit-il, sa voix dépourvue d'émotion humaine mais teintée d'une froide curiosité. « Nous devons rester vigilants. La même force qui les a transformés pourrait encore être active. »

Norton serra les dents, détournant le regard de ces scènes macabres. « Il faut trouver la source de ce mal et vite. Cet endroit est maudit. »

Wilhem, en tête du groupe, scrutait l'obscurité devant eux. « Continuez d'avancer. Nous devons mettre le plus de distance possible entre nous et Khelvar. Mir a sacrifié sa vie pour nous donner cette chance. »

Le groupe avança avec précaution, chaque membre sur le qui-vive. Marco, le regard sombre, se fit la promesse silencieuse de ne pas laisser le sacrifice de Mir être vain. Les murmures et les mouvements des villageois fusionnés semblaient les suivre, une présence constante et dérangeante dans les tunnels.

À un croisement, le passage se scindait en deux, s'ouvrant sur deux cavernes baignées d'une lueur malsaine. Les acolytes s'arrêtèrent, évaluant leurs options.

« Nous devons nous séparer, » murmura Wilhem. « Preatus, viens avec moi. Nous prendrons l'arche de droite. Marco, Nordon, vous prenez celle de gauche. Soyez prudents. »

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Kawazer le sorcier
Wilhem et Preatus s'engagèrent sous l'arche de droite, leurs pas résonnant faiblement dans l'obscurité pesante. En pénétrant dans la caverne, ils découvrirent ce qui ressemblait à un laboratoire. Des tables encombrées de substances rares et coûteuses s'étalaient devant eux, et une grande quantité d'une étrange pierre iridescente illuminait faiblement la pièce.

Un xénos à tête de rat vêtu de robes complexes et bardé de divers implants cybernétiques se retourna brusquement. Son visage était marqué par des cicatrices et une rage contenue. « Qui ose perturber mon sanctuaire? » hurla-t-il, les yeux flamboyant de colère. « Je suis Kawazer, et vous allez payer pour votre intrusion!"

Sans attendre de réponse, Kawazer déchaîna ses pouvoirs psychiques, levant les bras dans une incantation. Mais quelque chose se passa mal. L'énergie du warp, instable, échappa à son contrôle. Un éclair de lumière aveuglante éclata dans la caverne, et Kawazer tituba, sonné par sa propre attaque ratée.

Wilhem, voyant l'opportunité, n'hésita pas une seconde. Il bondit en avant, sa lame brillant d'une lueur fatale. D'un coup précis et impitoyable, il décapita le technomage, mettant fin à sa menace en un instant.

Kawazer paie cash son échec critique: il va en perdre la tête.

Preatus, observant la scène avec son calme habituel, s'approcha pour examiner les équipements et les substances présentes dans le laboratoire. « Ces ressources sont précieuses, » déclara-t-il. « Nous devrions en prendre autant que possible. Elles pourraient s'avérer utiles. »

Wilhem, essuyant sa lame, comprenait la position de Preatus mais refusait catégoriquement qu'il emporte le moindre objet. « Ces choses sont toutes susceptibles d'être corrompues, » déclara-t-il fermement. "Nous ne pouvons prendre ce risque." Preatus se redressa, son œil cybernétique clignotant d'une légère irritation mécanique. « Ces ressources pourraient néanmoins augmenter notre efficacité. »

Wilhem secoua la tête. « Aucune discussion. Va informer Marco et Norton de la découverte du laboratoire. Je monterai la garde ici. » Preatus, après une courte hésitation, acquiesça et se dirigea vers l'arche, disparaissant rapidement dans l'obscurité des tunnels pour retrouver leurs compagnons. Wilhem resta en arrière, les sens en alerte, prêt à affronter toute nouvelle menace qui pourrait surgir de l'ombre.

***

Dans l'autre grotte, Marco, Norton, et Varnias avancèrent prudemment, leurs armes prêtes à répondre à toute menace. Sous leur regard se dévoila une scène cauchemardesque. Les derniers villageois encore vivants, défigurés par d'horribles mutations, grattaient le sol et le plafond autour d'une impressionnante pierre sombre. Cette pierre semblait presque vivante, pulsant d'une énergie sinistre.


À l'entrée des agents de l'Inquisition, la pierre réagit immédiatement. Des tentacules fuligineux jaillirent de sa surface, se tordant et se contorsionnant de manière grotesque. Ces appendices étaient parsemés de bouches béantes, d'yeux fous et d'autres horreurs indescriptibles. Les tentacules se dirigeaient non seulement vers Marco, Norton, et Varnias, mais aussi vers les villageois, les attrapant et les déchirant sans pitié.

Pris de court, Marco et Norton ouvrirent le feu, leurs armes crachant des rafales de lasers. Varnias, adepte fervent de l'Empereur-Dieu, arma son fusil à pompe et tira plusieurs coups en direction des tentacules. Mais les tirs semblaient se perdre dans l'obscurité épaisse des appendices, sans infliger de dommages apparents. La créature – si cela en était une – semblait invincible, absorbant chaque tir comme s'il s'agissait d'une simple nuisance.

« Nos armes ne font rien! » s'écria Marco, reculant légèrement alors qu'un tentacule passait à quelques centimètres de son visage.

« Il faut trouver un moyen de la neutraliser ! » répondit Norton, la voix tendue. « Visons la pierre directement, peut-être que… »

Mais avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, un tentacule massif s'abattit sur eux, les forçant à se disperser. Les cris des villageois résonnaient dans la caverne, ils furent bientôt tous massacré.

Varnias, invoquant la protection de l'Empereur-Dieu, tira encore plusieurs coups de fusil à pompe, mais ses efforts furent également vains. « Par l'Empereur, cette abomination doit être détruite! » cria t-il, les yeux flamboyants de ferveur.

Norton réalisa rapidement qu'ils étaient dans une impasse. « Marco, Varnias, il faut se replier!

On doit trouver un autre moyen de la détruire! »

« Compris! » répondit Marco, esquivant de justesse un autre tentacule.

« Nous ne pouvons pas abandonner ici! » supplia Varnias, mais il comprenait aussi la nécessité de reconsidérer leur approche.

Au moment où ils se repliaient, le technoprêtre Preatus fit son entrée dans la caverne. Il n'eut pas le temps de réaliser ce qui se passait avant qu'un tentacule ne le frappa en plein visage. Il sentit immédiatement le peu de chair organique qui lui restait muter de manière grotesque. Ses implants cybernétiques émirent des étincelles, et une douleur insupportable le traversa.

« Preatus, barre toi! » hurla Norton

« Retraite! » ordonna Marco, comprenant l'urgence de la situation.

Le groupe se précipita hors de la caverne, traînant un Preatus visiblement sonné. Ils rejoignirent le croisement, où Wilhem montait la garde. Essoufflés et horrifiés, ils comprirent qu'ils devaient alerter leur supérieur. « Nous devons informer le seigneur inquisiteur Vaarak Globus de la menace tapie dans ces mines, » dit Marco.

« Oui, » ajouta Varnias, essuyant la sueur de son front. « L'Empereur nous a conduits ici pour dévoiler cette abomination. Nous devons agir rapidement. »

Norton hocha la tête. « Allons-y. Nous devons sortir d'ici et trouver un moyen de contacter l'inquisiteur. Le destin de nombreux innocents dépend de notre rapport. »

Preatus, luttant pour garder son calme malgré la douleur et la sensation inquiétante de son œil qui semblait doué d’une vie propre, suivit le groupe. Chaque pas était une torture, non seulement à cause de la blessure, mais aussi de la peur constante d'être découvert. Il savait que révéler sa condition pourrait sceller son sort. Ils devaient sortir d'ici et avertir l'inquisiteur avant que la corruption ne le consume complètement. Sans plus attendre, les acolytes rebroussèrent chemin faute d’autre option afin de rejoindre Mir, s'il était encore vivant. À cet instant, une violente explosion secoua les tunnels, résonnant avec intensité . 

***

Chapitre 9 – Fold Back


Se précipitant vers la caverne où ils avaient abandonné Mir, ils découvrirent avec surprise que le soldat était toujours en vie. Des dizaines de cadavres de xénos jonchaient le sol, certains corps à moitié fondus, émettant encore des volutes de fumée nauséabonde. Mir, bien que gravement blessé, leur fit signe de s'approcher.

« Je pensais que c'était la fin, » dit-il d'une voix sourde, « mais quand de nouveaux porteurs de lance-feu sont apparus, j'ai saisi ma chance. J'ai balancé ma grenade et me suis jeté au sol. L'explosion a tué presque tous les assaillants, et les survivants ont fui. »

Marco, Norton, et Varnias échangèrent des regards de soulagement et d'admiration. « Tu es un dur à cuire, Mir, » dit Marco, en tendant sa gourde au soldat. « Nous devons nous éloigner d'ici avant que d'autres ne reviennent. »

Varnias, toujours vigilant, ajouta à l'attention de Mir : « Il nous faut contacter le seigneur inquisiteur Vaarak Globus au plus vite. La menace que nous avons découvert un peu plus loin dépasse ce que nous pouvons gérer seuls. »

Preatus, masquant sa propre affliction, hocha la tête. « Nous devons partir maintenant. La mission est devenue encore plus critique.»

Soutenant Mir autant que possible, le groupe se remit en marche. Les tunnels semblaient plus oppressants que jamais, mais leur détermination restait intacte. Ils devaient survivre et transmettre leur message crucial. Les ténèbres derrière eux semblaient se refermer, mais avec la force de l'Empereur et leur volonté, ils espéraient pouvoir mettre fin à la menace qui se cachait dans les profondeurs.

***

Désormais, les xénos rôdaient dans les ombres, mais ils étaient trop terrifiés par la débâcle de leur troupe pour attaquer de nouveau. Profitant de ce répit, les agents de l'Inquisition retournèrent rapidement au débarcadère, où les barques étaient encore ancrées.

« Nous devons quitter cet endroit avant que les xénos ne se regroupent, » déclara Marco, inspectant l'une des barques pour s'assurer qu'elle était en bon état.

« Tout le monde à bord," ordonna Varnias, couvrant leurs arrières avec son fusil à pompe, prêt à repousser toute tentative d'attaque des créatures des ténèbres.

Une fois installés dans la barque, ils se laissèrent porter par le courant tumultueux de la Rivière Noire. Le silence pesant des tunnels était seulement troublé par le clapotis de l'eau.Preatus, dissimulant toujours sa blessure, observa les ténèbres avec une méfiance croissante. Norton, épuisé mais vigilant, surveillait l'arrière de la barque, prêt à réagir à la moindre menace. Mir, malgré sa douleur, tenait bon, résolu à voir la mission accomplie.

Les tunnels sombres semblaient interminables, mais le courant les portait inexorablement vers la sortie. Chaque mètre parcouru les rapprochait de la lumière, de la sécurité et de la possibilité de transmettre leur rapport crucial à l'inquisiteur Vaarak Globus.

« Nous devons rester vigilants, » murmura Varnias, son regard fixé sur les ténèbres devant eux. « La menace n'est peut-être pas encore derrière nous. »

Enfin, une lueur d'espoir apparut au loin. Une faible lumière indiquait la fin des tunnels et la fin du cauchemar.

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Les acolytes parvinrent finalement à s'extraire des grottes et accostèrent non loin du village d'Averrac. La lumière du jour et l'air frais furent un soulagement bienvenu après les horreurs des tunnels. Marco déclencha sa balise de secours, espérant une extraction rapide. Cependant, Wilhem, observant l'attitude étrange de Preatus, devint méfiant. « Preatus, » commença Wilhem d'une voix dure, « montre-nous ton visage. Quelque chose ne va pas chez toi. »

Preatus hésita, mais sous le regard insistant de ses compagnons, il rabattit lentement sa capuche. Son œil gauche s'agitait au bout d'un pédoncule, une abomination chuchotant les murmures du chaos.

« Damnation! » s'exclama Varnias en reculant, la main crispée sur son fusil à pompe. Wilhem, le regard froid, se tourna ensuite vers Mir. « Et toi, Mir. Montre-nous ta blessure. » 

Mir, pâle et en sueur, défit lentement le bandage autour de son bras. La blessure avait pris une vilaine teinte violacée, et des cloques écœurantes entouraient le point d'entrée de la balle.

« Par l'Empereur, cette corruption s'étend plus vite que je ne le pensais, » murmura Marco, la mâchoire serrée.

« Nous ne pouvons pas laisser cela se propager, » dit Varnias, l'air grave. « Nous devons prendre des mesures immédiates. »

Wilhem hocha la tête, son regard noir fixé sur Preatus et Mir. « Nous devons informer l'inquisiteur Vaarak Globus de ce qui s'est passé ici. Et nous devons le faire vite. »

Preatus, malgré sa condition, annonça froidement. « Je suis encore fonctionnel. Mais il est logique que vous pensiez autrement. Le Mal devra être excisé et remplacé par la bénédiction du Dieu Machine. »

« Nous avons besoin de toi pour l'instant, Preatus, » répondit Wilhem avec une froide détermination. « Mais dès que nous serons en sécurité, l'inquisiteur décidera de ton sort.»

Mir, malgré sa douleur, se redressa. « Je peux encore me battre. Ne m'abandonnez pas ici. »

Marco posa une main réconfortante sur l'épaule de Mir. « Nous ne t'abandonnerons pas. Mais nous devons nous dépêcher. »

Le groupe, encore plus conscient de la gravité de leur situation, se prépara à l'arrivée des secours. La balise de Marco clignotait faiblement, un signal d'espoir dans cette mer de désespoir. Ils savaient que le chemin vers la rédemption serait ardu, mais leur foi en l'Empereur et leur détermination à éradiquer le mal les guideraient à travers les ténèbres.

***

Conclusion

Après plusieurs heures d'attente angoissante, un puissant Thunderhawk descendit et se posa non loin du groupe. Une troupe de gardes en armure carapace, armés de fusils à aiguilles, en sortit rapidement, guidée par le redoutable supérieur direct des agents : l'interrogateur Sand. Sand, imposant et froid, jaugea la situation d'un coup d'œil. « Preatus et Mir, à l'isolement, immédiatement, » ordonna-t-il. Les gardes obtempérèrent sans hésiter, plaçant les deux hommes sous bonne garde.

Tandis que le vaisseau s'élevait pour rejoindre le croiseur Even Horizon en orbite autour de la planète, Sand écoutait avec attention le rapport détaillé des agents. Le ton était grave, chaque mot pesant lourdement dans l'atmosphère tendue du Thunderhawk. Les horreurs qu'ils avaient découvertes nécessitaient une réponse rapide et impitoyable.

Avant même que le Thunderhawk ne se pose dans les entrailles du croiseur, de nombreux messages d'alerte avaient été échangés, et l'inquisiteur Vaarak Globus était informé de la gravité de la situation.

Les acolytes, épuisés mais soulagés, comprirent rapidement que le village allait être purgé de toute trace d'hérésie. Le destin des villageois encore en vie s'annonçait sans joie. Marco, observant le visage bardé d'implants de Sand, comprit que la décision avait déjà été prise.

« Nous avons fait ce que nous pouvions, » murmura Varnias, regardant les acolytes avec une lueur de tristesse dans les yeux. « Mais il est clair que l'Empereur a d'autres plans pour ces âmes perdues. »

Wilhem, serrant les poings, acquiesça. « Nous devons nous concentrer sur notre mission et faire confiance à l'Empereur pour juger ceux qui ont été corrompus. »

Dans sa cellule, Preatus, malgré la douleur et la mutation qui rongeait son corps, restait stoïque. Il savait que son sort dépendait désormais de l'inquisiteur. Mir, affaibli mais déterminé, acceptait son destin avec dignité.

Alors que le Thunderhawk se posait doucement dans le hangar du croiseur, Sand se tourna vers les agents. « Vous avez fait votre devoir. Désormais, c'est à nous de nettoyer cette souillure. Reposez-vous et préparez-vous pour votre prochaine mission. »

Les acolytes acquiescèrent, sachant que leur combat contre le chaos ne faisait que commencer. La purge d'Averrac serait rapide et totale, une réponse nécessaire pour contenir la corruption. Leur mission accomplie, ils se préparaient à affronter les prochaines épreuves qui les attendaient, toujours fidèles à l'Empereur et à leur devoir sacré.



Fin de l'aventure

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Références

  • Texte et Photos: CaptainLille (Oui c'est moi )
  • Dark Heresy 1ere Edition, Dan Abnett, Gary Astleford, Owen Barnes, Alan Bligh, Ben Counter, Kate Flack, John French, Guy Haley, Andy Hall, Tim Huckleberry, Andrew Kenrick, Mark Latham, T.S. Luikart, Mike Mason, Chris PramasBiographie, Richard 'Rick' Priestley - Bibliothèque Interdite (2008), ISBN : 978-2-9-1598992-2
  • Copyright © Games Workshop Limited. Games Workshop, Warhammer 40,000, le jeu de rôle Warhammer 40,000, Dark Heresy, les logos de ces marques respectives, Rogue Trader, Dark Heresy et toutes les marques associées, ainsi que les logos, lieux, noms, créatures, races, ainsi que les insignes, logos et symboles de ces races, véhicules, armes, unités ainsi que les symboles de ces unités, personnages, produits et les illustrations des univers de Warhammer 40,000 et de Dark Heresy sont soient ®, TM et/ou © Games Workshop Ltd


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