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vendredi 2 mai 2025

L'appel de Cthulhu

Genus Loci 2

Episode précédent : Genus Loci 1

Scène 5 - Au sein de l’institution

Lundi 6 décembre — Intérieur de l’hôpital psychiatrique de Danvers

Dès qu’ils franchirent les lourdes portes, Charlotte Bouchard et Frère O’Malley furent frappés par un étrange contraste. Le vaste hall de l’hôpital était éclairé chaleureusement, du moins en apparence. Un grand sapin de Noël trônait dans un angle, décoré avec soin : boules rouges, guirlandes scintillantes, petites figurines en bois peint. Il était même surmonté d’une étoile dorée qui clignotait doucement. À quelques mètres de là, un piano droit, d’un noir brillant, attendait son pianiste près d’un fauteuil capitonné.

Mais l’ensemble ne rassurait pas. Tout sonnait faux.

Le parquet, trop propre, résonnait creux sous leurs pas. Le sapin sentait plus le plastique que la forêt, et ses lumières semblaient trop vives, comme si elles tentaient désespérément de chasser quelque chose. Le piano évoquait non pas un instrument de musique, mais un objet de cinéma, comme mis là pour une mise en scène.

« On dirait qu’ils fêtent Noël aussi… » souffla Charlotte, sans masquer son malaise.

Le sentiment d’être observés persistait. Pas par les caméras de sécurité — il n’y en avait pas — mais par le bâtiment lui-même. Chaque fenêtre grillagée évoquait un œil sans paupière, chaque lampe suspendue semblait vibrer comme une pupille dilatée. Les décorations de fête, loin d’apporter du réconfort, accentuaient cette sensation : le masque souriant d’un monstre.

L'infirmière postée à l'accueil n'est guère avenante.

Derrière le comptoir d’accueil, une infirmière en uniforme blanc les observait déjà, les lèvres pincées, l’attitude hostile. Lorsqu’elle se leva, Charlotte vit immédiatement la mutilation : la moitié de l’oreille gauche arrachée, comme si une mâchoire humaine ou animale s’y était attaquée avec une rage primitive. L’infirmière, impassible, ne tenta pas de le dissimuler. Elle demanda simplement, d’un ton sec :

« Nom de la patiente ? »
« Nadia Belluni. Nous venons la voir. »

Un silence. Un battement de cils. Puis elle hocha la tête, griffonna quelques mots sur un registre, et annonça :

« Le docteur Berger va vous recevoir. »

Elle se détourna aussitôt, les menant vers une aile latérale par un couloir où la lumière se faisait plus blafarde, plus clinique. Le sapin clignota une dernière fois derrière eux, comme pour les avaler du regard.

***

Scène 6 - Possession

Lundi 6 décembre — parc de l’hôpital

Alors que Charlotte et Frère O’Malley disparaissaient dans l’immense bâtiment de l’hôpital, Nora s’ébroua un instant, comme si l’air lui paraissait plus froid que quelques secondes plus tôt. Elle se retourna vers Alessandro et Emma, déjà en route vers le petit lac gelé et l’amphithéâtre adjacent. Ils semblaient attirés par quelque chose.

À peine avait elle fait trois pas qu’une force invisible la projeta violemment au sol. La neige amortit sa chute, mais la douleur fut bien réelle. Surprise, elle se redressa précipitamment, son manteau parsemé de givre. Elle balaya du regard l’espace derrière elle. Rien.

Personne, si ce n’est le mécanicien de tout à l’heure, toujours absorbé par l’ambulance, sans même avoir levé les yeux. Nora fronça les sourcils, frissonna malgré elle, puis se hâta vers ses compagnons.

Alessandro s’était assis nonchalamment sur un des gradins en pierre de l’amphithéâtre, allumant une cigarette, toujours en surveillance. Face à lui, Emma, debout au bord du lac, faisait lentement osciller un petit pendule en argent, le regard plongé dans les eaux d’un bleu gris métallique. Une brise glacée effleura les pins noirs qui bordaient la rive: un bruissement sinistre.

Alessandro s’interrogea un instant : d’où diable sortait-elle tous ces trucs ?

C’est à ce moment précis qu’une bourrasque violente se leva, soulevant la neige dans un tourbillon hurlant. La surface du lac, lisse comme un miroir jusqu’alors, ondula étrangement, comme si quelque chose, en dessous, avait bougé.

Emma chuta, d’abord à genoux, puis à quatre pattes, les doigts crispés dans la neige. Son pendule roula au sol, oublié. Alessandro, alerté, écrasa son mégot et se leva d’un bond. Il courut vers elle, Nora surgissant à sa suite, le visage fermé d’inquiétude. À mi-chemin, il vit l’impensable.

La peau d’Emma se fendait en lignes violettes, comme si des coutures invisibles craquaient de l’intérieur. Son bras gauche se tordit à l’envers, grotesque, désarticulé. Sa bouche s’ouvrit démesurément, et sa mâchoire se désarticulant comme celle d’un serpent. De sa gorge jaillit un grognement infâme, à mi-chemin entre le râle d’un noyé et le ricanement d’un dément.

Alessandro porta la main à son arme, mais resta figé, fasciné et terrifié à la fois. Emma, désormais méconnaissable, progressait à quatre pattes par saccades, comme tirée vers le lac par des fils invisibles. Puis elle parla, ou plutôt vomit des mots :

« Ils… m’ont… mâchée… »

Elle crache un liquide sombre et croupi :

« Vous sentez ? L’eau… dans les poumons… et leurs dents… »

Elle rit, un son affreux :

« Mais vous… vous allez nager avec moi. Là où Il attend. »

Elle pointe le lac d’un doigt aux articulations renversées. Alessandro bondit, l’attrapant par les épaules pour tenter de la plaquer au sol, luttant contre une force surnaturelle. À sa vive surprise, c’est elle qui le tirait vers l’eau, avec une force inhumaine.

Nora hésita, pétrifiée, puis se ressaisit, se jeta à son tour sur Emma. À deux, ils parvinrent à la retenir, à la détourner de la rive. La créature en elle se débattait avec une rage insensée, comme possédée par la volonté de quelque chose d’attentif… d’affamé.

Son visage se tordit dans un angle impossible, les yeux révulsés. Elle vomit une bile noire, mêlée de cheveux poisseux, et cracha une dent humaine, ensanglantée, en plein visage d’Alessandro. Ce fut la goutte de trop. Le soldat leva le poing et l’abattit violemment sur la tempe d’Emma, dans un cri de désespoir, non pour lui faire mal, mais pour l’arracher à ce qu’elle devenait.

Elle s’effondra, inconsciente.

Mais au moment même où elle sombrait, une décharge psychique d’une violence inouïe explosa dans l’air, projetant Nora et Alessandro à plusieurs mètres, comme balayés par une onde de choc invisible.

Puis… Le silence.

Un silence terrible, pesant. Seul le souffle du vent et le craquement de la glace en bordure du lac troublaient la scène. Ce fut alors que retentirent des sifflets stridents, perçant l’air gelé. Des gardiens arrivaient en courant, attirés par l’agitation.

***

Scène 7 - Entretien avec le docteur Berger

Lundi 6 décembre — Bureau du Dr. Berger

L’infirmière guida les Charlotte et Frère O’Malley jusqu’à la porte d’un grand bureau. Elle y toqua sèchement, et une voix forte, empreinte d’autorité, les invita à entrer.

Le Dr James Berger était un homme austère, au visage fermé, approchant la cinquantaine. Il portait une blouse blanche parfaitement repassée et tenait un porte-bloc contre sa hanche. Son bureau était spacieux, orné de nombreux diplômes encadrés, de placards débordant de dossiers et d’un tableau particulièrement dérangeant représentant saint Georges face au dragon. Mais dans cette version, c’était le dragon qui mutilait le saint, dont le cheval, éventré, gisait dans un coin de la toile. Le style flamand donnait à l’ensemble un aspect répugnant

Sur le mur opposé, on distinguait une photographie de presse encadrée : un Dr Berger plus jeune y serrait la main d’un homme plus âgé, souriant, portant des lunettes rondes, devant le bâtiment administratif de l’hôpital. En légende, on lisait : « Le Dr James Berger prend la suite du Dr William Shine à la tête de l’hôpital psychiatrique de Danvers. »

Lorsque Charlotte et Frère O’Malley évoquèrent Nadia Belluni, le directeur leur répondit d’un ton calme, presque paternel, ponctué de pauses mesurées et de détails techniques destinés à légitimer son discours.

« Mademoiselle Belluni présente un trouble dissociatif avec épisodes psychotiques. Un cas, disons… complexe. Elle s’est d’abord plainte d’insomnies, mais ses hallucinations ont rapidement pris le dessus.»

Il soupira avec affectation.

« Elle évoque des choses qui la suivent, qui lui parlent la nuit. Un tableau classique de psychose crépusculaire. »

Lorsque le prêtre lui demanda quels étaient précisément les symptômes, Berger feuilleta un dossier épais, griffonné en marge.

« Elle alterne des phases de lucidité – mais trompeuse – avec des accès de violence extrême. La semaine dernière, elle a arraché un lavabo en hurlant que des tentacules sortaient des murs. »

Il sortit alors quelques photos où l’on distinguait des dégâts impressionnants.

« Voyez ces blessures à ses poignets… auto-infligées, dit-elle, pour échapper à ses démons. »




Charlotte, visiblement troublée, rappela au médecin que Nadia était venue ici de son plein gré, et qu’elle souhaitait désormais sortir. Le directeur secoua doucement la tête.

« Hélas, son consentement initial a été invalidé par son état. »

Il ouvrit un code fédéral de santé publique à une page marquée.

« L’article L.3212-1 prévoit qu’un patient peut être retenu s’il représente un danger pour lui-même ou autrui. Hier, elle a tenté de poignarder un infirmier… Voulez-vous vraiment qu’elle sorte dans cet état ?»

Frère O’Malley insista sur le changement de ton entre les deux lettres reçues. Le médecin esquissa un sourire fatigué.

« La première a été écrite en plein délire paranoïde. La seconde, dictée à l’un de nos internes, reflète mieux son état stabilisé. » Il baissa légèrement les yeux. « Les malades mentaux rejettent parfois leurs proches. Ce n’est pas leur cœur qui parle… c’est la maladie. »

Charlotte, de plus en plus tendue, demanda sur quels droits exacts reposait cette rétention. Berger sortit alors un formulaire officiel.

« Une ordonnance de justice à la demande du médecin traitant, signée de ma main. Tout est en règle. »

Il se redressa lentement.

« Et si vous persistez dans vos insinuations, je me verrai contraint de signaler votre comportement au procureur. La justice comprend nos méthodes. »

Alors que le ton montait, Charlotte demanda, la voix serrée, s’il était au moins possible de la voir. Berger se tressaillit légèrement, croisa les bras, puis acquiesça.

« Je vous autorise un bref entretien, à condition qu’il se fasse sous escorte. Deux aides-soignants vont vous accompagner jusqu’à sa cellule. »

***

Scène 8 - Visite de Nadia

Lundi 6 décembre — Aile J de l’hôpital

Comme convenu deux aides-soignants revêches et peu bavards ouvrirent la marche, escortant Charlotte et Frère O’Malley à travers les couloirs sinueux du complexe. Ce dernier avait le sentiment que les deux hommes prenaient des chemins détournés afin de les empêcher de se souvenir du trajet. Ils traversèrent ainsi plusieurs services, chacun plus sombre que le précédent. À mesure qu’ils progressaient, la tension monta d’un cran. La lumière des néons bourdonnait faiblement, projetant une clarté pâle sur des murs où la peinture s’écaillait par plaques. Les patients, d’abord apathiques ou somnolents, semblaient devenir de plus en plus agités, leurs visages creusés par l’angoisse, leurs gestes brusques et erratiques.

Lorsqu’ils atteignirent enfin l’aile J, l’atmosphère se fit suffocante. Un brouhaha continu y régnait : des hurlements rauques, des sanglots secs, des éclats de rire incohérents résonnaient régulièrement, martelant les nerfs des deux visiteurs. L’odeur d’antiseptique saturait l’air, mais peinait à couvrir une puanteur plus organique, plus crue : urine, excréments, sueur acide, et quelque chose d’indéfinissable, de corrompu. Si la souffrance et le désespoir avaient une odeur, Charlotte était certaine que ce serait celle-là.


Ce qui frappa Charlotte, ce fut les mutilations des internés. Des doigts manquants. Des mains atrophiées. Parfois, des membres entiers absents, remplacés par des moignons bandés. La peau de nombreux pensionnaires portait les stigmates de blessures profondes : cicatrices ouvertes, balafres fraîches, chairs tuméfiées.

Frère O’Malley, observateur et silencieux, ne manqua pas de remarquer que ces marques n’étaient pas l’apanage des seuls patients. Les membres du personnel, eux aussi, semblaient porteurs de blessures étranges : une cicatrice ancienne dissimulée sous un col, un pansement mal fixé à la base du cou, des doigts raides comme si brisés puis mal ressoudés. Ces traces, mal dissimulées, formaient une toile de fond insidieuse.

Lorsque Charlotte s’approcha d’un patient resté immobile, elle crut d’abord qu’il dormait debout. Il portait une blouse d’hôpital bien trop grande, et ses yeux, d’un vide insondable, ne semblaient fixer aucun point précis. Pourtant, au moment où elle passait à sa hauteur, il tourna la tête vers elle et murmura d’une voix à peine audible:

« Je suis parti d’ici il y a trente ans… alors pourquoi suis-je encore là ? »

Elle s’arrêta net, le souffle coupé. Frère O’Malley s’interrompit à son tour. Mais déjà, l’homme n’était plus là. Plus une trace, ni sur les murs, ni au sol. L’espace où il se tenait quelques secondes plus tôt n’abritait qu’un mur froid et vide. Les aides-soignants, eux, poursuivirent leur marche sans un mot, comme s’ils n’avaient rien vu. Comme si cela arrivait… souvent. Charlotte échangea un regard inquiet avec le prêtre. L’aile J n’était pas seulement un lieu de souffrance ; elle était saturée de quelque chose de plus sombre, de plus ancien… Une folie rampante, comme l'écho d'un mal ancien.

Enfin, leurs guides s’arrêtèrent devant une lourde porte en métal percé d’un hublot à la vitre épaisse à sur laquelle ils donnèrent un coup de matraque qui résonna lugubrement. Un visage déformé par le verre apparut et un loquet joua. La porte s’ouvrit sur un vaste espace : le quartier des patients si dangereux qu’ils étaient mis à l’isolement.



A suivre …

lundi 28 avril 2025

L'appel de Cthulhu

Genius Loci

Prologue : sous la neige, les murmures

Arkham, Massachusetts —  1 Décembre 1927

La neige avait recouvert la ville d’un linceul silencieux.

Dans les rues désertées d’Arkham, seuls les grincements des arbres nus et les pas feutrés des rares passants osaient troubler la blancheur glacée. Charlotte Bouchard, emmitouflée dans un manteau de laine sombre, observait les flocons tomber avec une inquiétude contenue. De retour depuis peu d’une enquête éprouvante en Floride, elle espérait retrouver la quiétude de sa demeure, perchée sur les hauteurs gelées de Miskatonic Hill.

Mais le destin en avait décidé autrement.

Quelques jours après son retour, une lettre était arrivée, expédiée depuis Danvers. Froissée, mal fermée, griffonnée au crayon sur un papier à lettre banal — un message de détresse signé de la main tremblante de Nadia Belluni, son amie de toujours, célèbre romancière dont le dernier roman lui avait assuré un train de vie confortable. Mais une enquête sur l'histoire passé de la ville de Providence avait eu raison de son état mental.

« Danvers, le 26 novembre 1926
Ma chère Charlotte,
Tout recommence. Les visions, les murmures, l’ombre dans les couloirs… J’ai cru que ce serait un refuge, mais j’ai eu tort. Ils m’observent, ils lisent nos lettres, ils écoutent derrière les portes. Je ne peux plus dormir. Je ne peux plus penser. Cet endroit est mauvais. Quelque chose rôde ici, sous la pierre, derrière les murs. Et moi… je suis piégée.
Lorsque les phénomènes stellaires ont frappé cet été, tout m’est revenu avec une clarté effroyable. J’ai cru que la folie me reprenait, alors je suis venue ici, à l’Hôpital Psychiatrique de Danvers, pensant y trouver l’aide dont j’avais besoin. Mais j’ai commis une erreur terrible. Ils ne veulent pas me laisser partir. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis surveillée, épiée. Ce n’est pas un asile, c’est une prison.
J’ai dû supplier, ruser, pour faire passer cette lettre en secret. Ici, ils censurent tout. Je t’en prie, viens me chercher, avant qu’il ne soit trop tard. Mais surtout… ne viens pas seule. Ce serait une erreur fatale.
Que Dieu te protège, Nadia Belluni »

Le lendemain, un deuxième courrier. Impeccable, froid. Papier à en-tête de l’hôpital psychiatrique de Danvers. Texte dactylographié. Nadia y démentait tout ce qu’elle avait précédemment écrit. Elle affirmait aller bien. « Crise passagère », disait-elle. « Ne vous dérangez pas. »

Charlotte Bouchard
Mais Charlotte connaissait cette femme. Elle savait qu’elle ne tapait jamais ses lettres — par superstition ou par orgueil littéraire, elle écrivait toujours à la main, ou dictait à une dactylo. Ce changement de ton, de forme, et surtout l’absence de chaleur dans les mots, sonnait comme un avertissement déguisé.

Quelque chose se tramait à Danvers. Et Charlotte ne pouvait l’ignorer. Elle écrivit alors plusieurs lettres, chacune soigneusement rédigée à la lueur d’une lampe à huile, les mains tremblant autant de froid que d’angoisse. Il faisait toujours froid chez elle.

L’une fut envoyée à Nora Russo, détective privée à la réputation solide et au flair affûté, rencontrée quelques semaines plus tôt lors de l'affaire Hargroove.
Une autre prit la direction de Little Italie, à Alessandro Pietro, ancien soldat italien, vétéran désabusé mais loyal, croisé dans une situation qui avait failli coûter la vie à tous deux.
Une troisième, enfin, fut adressée à Frère Luke O'Malley, prêtre catholique irlandais, connu pour ses prêches contre le Mal et ses incursions audacieuses dans des domaines que même le Vatican ignorerait peut être.

La réponse de Frère O'Malley arriva quelques jours plus tard. L’écriture, ferme et inclinée, portait la détermination du vieil homme :

«New York, 4 décembre 1926 
Charlotte,
J’ai bien reçu votre lettre, cela m’a fait plaisir de recevoir de vos nouvelles, même si la presse vous avait un peu devancée. Je ne savais pas que Nadia était encore hospitalisée, j’espère que son état s’améliore. Après nos découvertes, j’ai du prendre du repos…
Le dispensaire me prend à présent beaucoup de temps, cependant dès que j’ai reçu le courrier je me suis organisé, bien sûr, pour venir vous aider. Je prendrai la route pour arriver chez vous dimanche en fin de journée, je dois juste m’enquérir d’une orpheline dont je vais avoir momentanément la charge. Nora Je ferai volontiers la connaissance de vos amis Nora et et Alessandro que je n’ai pas le plaisir de connaître.
Vu le ton de votre courrier, je vous recommande la prudence.
Je ne sais ce qui se présentera mais que Dieu vous garde. »

Ainsi allait entrer en scène Emma Clarence, artiste au regard trop lointain, aux mains tachées de peinture et d’encres noires, et à l’âme constamment tiraillée entre les mondes.

La neige continuait de tomber. Et quelque part, à l’est, l’hôpital de Danvers levait ses tours comme les doigts crochus d’un titan endormi.

Introduction

5 décembre 1927 – Demeure de Charlotte Bouchard, Arkham

Le froid mordait l’air du matin lorsqu’on entendit le crissement des pneus sur la neige gelée. Deux Ford-T, noires et râpeuses, remontèrent lentement l’allée du jardin endormi de Charlotte Bouchard. Sous les branches nues des érables givrés, les moteurs toussèrent avant de s’éteindre dans un soupir mécanique.

De la première descendit Frère Luke O’Malley, silhouette austère dans son costume noir impeccablement repassé, le col blanc de prêtre saillant. À ses côtés, une jeune femme au regard absent, presque égaré, observait les flocons tomber avec une fascination enfantine. Emma Clarence n’avait pas dit un mot depuis Boston.

De la seconde voiture surgit une tornade de lucidité glaciale : Nora Russo, trench coat gris, foulard épais, regard aiguisé comme une lame. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, comme si chaque recoin du jardin pouvait cacher un espion ou un mauvais présage.

Alessandro, vétéran de l'armée italienne
Une heure plus tard, le vrombissement d’un autocar venant de la gare fit lever quelques sourcils. Alessandro Pietro en descendit, drapé dans un long manteau sombre, usé par le temps, qui dissimulait à peine la teinte sable de sa vieille veste de soldat. Un long sac de cuir pendait à son épaule — lourd et rigide, il trahissait un contenu autrement plus inquiétant que des vêtements. Le fusil acheté à Tampa, sans doute.

Charlotte les accueillit avec un sourire sincère, mais un rien crispé. Elle savait à quoi elle les exposait — et qu’ils s’en souviendraient, pour le meilleur ou pour le pire.

Dans le salon chaleureux, la cheminée craquait doucement, faisant danser les ombres sur les murs tapissés d’ouvrages anciens. Les retrouvailles furent brèves, efficaces. On se serra la main, on échangea des regards lourds de sous-entendus. Emma s’était déjà éclipsée, furetant dans les pièces sans gêne, ouvrant tiroirs et vitrines, s’arrêtant sur une statuette précolombienne qu’elle fit sonner comme un jouet : un sifflet de la mort maya, que Charlotte récupéra sèchement avec un regard noir.

Mais l’attention se porta bien vite sur une feuille de journal laissée sur le guéridon du vestibule. La une de l’Arkham Journal, datée de quelques jours plus tôt, titrait :

"Un Trésor d’occultisme acquis par la bibliothèque d’Arkham"

Aucun mot sur Russo. Aucune mention de Pietro. Juste Charlotte, triomphante.
« Tiens donc, » lança Nora en haussant un sourcil. « L’héroïne fait sa pub ? »
« On dirait que certains aiment se faire oublier, et d’autres... briller, » grogna Alessandro en déposant son sac contre le mur.

Le repas qui suivit, fut savoureux Ce fut dans le salon, autour de quelques verres de cognac, que Charlotte partagea les lettres. L’authentique — griffonnée au crayon par Nadia Belluni, et la dactylographiée, glaciale et étrange. Les visages s’assombrirent.

Frère O’Malley murmura une prière pour l’âme perdue de Nadia. Il y voyait là un devoir de foi, une croisade contre l’obscur. Nora, quant à elle, reconnut entre les lignes certaines phrases évoquant un événement survenu à Wexton, quelques mois plus tôt. Alessandro, en silence, posa une main sur son sac. Il n’avait rien à dire — mais il venait. C’était suffisant. Emma, pendant ce temps, dessinait distraitement un visage sans yeux évoquant le sifflet maya.

Le départ fut fixé au lendemain matin, à l’aube. La route vers Danvers, deux heures à l’est, serait difficile sous la neige — mais probablement moins que ce qui les attendait derrière les murs de l’hôpital.

***

Scène 1 - Nuit agitée à Arkham

Nuit du 5 au 6 décembre — Demeure de Charlotte Bouchard, Arkham

La neige avait cessé de tomber sur Arkham, mais les bruits de la ville restaient étouffés sous son manteau pesant.. En fin de soirée, Charlotte proposa à chacun de passer la nuit chez elle, afin de partir tôt vers Danvers le lendemain. Elle avait prévu les choses avec méthode : Emma Clarence s’installa dans l’ancienne chambre de sa cousine, remplie de livres d’anthropologie et de croquis poussiéreux, tandis que Nora Russo prit ses quartiers dans la pièce attenante, minimaliste et froide mais confortable.

Frère O’Malley et Alessandro Pietro, quant à eux, installèrent leurs couvertures dans le salon, près de la cheminée dont les braises rougeoyaient encore. À mesure que les rires s’éteignaient et que le sommeil gagnait les plus terre-à-terre, le silence de la maison reprit ses droits.

Mais dans l’ombre, quelque chose d’autre veillait.

Tandis que la maisonnée glissait dans le repos, Frère O’Malley restait éveillé, assis en tailleur devant le feu mourant. Dès son arrivée, un malaise diffus l’avait oppressé — une impression de présence, une sensation de froid et d'ancienneté. Il ne pouvait l’ignorer.

Frère Luke O'Malley
À voix basse, il entama alors une cérémonie de purification, prières latines et versets murmurés, encens allumé à l’abri des regards. Il tenait dans la main une petite croix d’argent ternie, qu’il avait portée au front de possédés, naguère.

Mais ce qui se manifesta ne venait pas du Ciel.

Un frisson glacé traversa soudain la pièce. Les murs semblèrent se contracter. Les ombres ondulèrent comme prises dans un courant invisible. Puis, avec un fracas soudain, deux vitres du rez-de-chaussée explosèrent comme si une force invisible les avait percutées de l’extérieur. Le vent s’engouffra avec un hurlement, balayant les papiers et faisant claquer les portes.

La lumière sauta.

Les cris fusèrent à l’étage. Nora bondit hors de sa chambre, revolver à la main. Alessandro attrapa son sac d’un geste vif. Charlotte, haletante, descendit les escaliers avec une lampe-tempête. Emma… était introuvable.

La confusion régna quelques minutes.

Puis on retrouva Emma Clarence dans le cabinet de travail de Charlotte, les doigts noirs d’encre, fouillant les tiroirs, contemplant une statuette olmèque avec une fascination inquiétante.

« Tu n’as pas à fouiller chez moi, Emma. » grogna Charlotte.

Frère O’Malley, toujours assis, les yeux mi-clos, murmura :

« Il y a… quelque chose ici. Une empreinte ancienne. Quelque chose a marqué ces lieux. Je n’ai pas voulu déranger, seulement purifier. Mais… elle m’a vu. »

Charlotte éclata. Les nerfs à vif, elle accusa le prêtre d’avoir provoqué cet événement, d’avoir osé pratiquer un rituel occulte sans son autorisation. Les éclats de voix résonnèrent dans le hall. Alessandro et Nora restèrent en retrait, visiblement mal à l’aise. Ils n’avaient jamais vu Charlotte perdre ainsi son sang-froid. Finalement, Frère O’Malley, toujours calme malgré la tension, posa une main sur l’épaule d’Emma.
« Nous allons passer la nuit à l’hôtel. Nous reviendrons à l’aube pour le départ. Mais je ne saurais ignorer ce que j’ai ressenti ici… Il y a une mémoire ancienne, Charlotte. Quelque chose sommeille entre ces murs. »

La porte se referma doucement derrière eux. Charlotte, restée seule dans son salon glacé, le regard rivé sur les vitres brisées, sentit un doute s’insinuer : et si son amie Nadia n’était pas la seule à entendre des murmures ? Son œil gauche vira au bleu glacial un court instant.

***

Scène 2 - Vers Danvers

Lundi 6 décembre 1927 — Arkham, puis Danvers

Le soleil d’hiver baignait les toits d’Arkham d’une lumière pâle et glaciale lorsque Frère O’Malley et Emma Clarence se présentèrent à la demeure de Charlotte Bouchard. Le souvenir des vitres brisées et des tensions de la veille n’avait pas quitté les esprits — et bien que les salutations soient polies, l’air était lourd de non-dits.

Alessandro, silencieux et efficace, passait les premières heures du jour à barricader les fenêtres endommagées avec des planches tirées de la remise du jardin. Le marteau frappait le bois avec régularité, rythmé par le vent sec venu du nord.

Ce n’est qu’à dix heures passées que les deux Ford-T prirent la route de Danvers, engoncées dans la vapeur blanche des moteurs, les pneus crissant sur la neige gelée. En tête du convoi, Charlotte chevauchait sa moto Indian Scout, sa silhouette profilée découpant la route comme une lame dans la brume. Sa chevelure châtain clair disparaissait sous un casque de cuir sombre, les yeux dissimulés derrière des lunettes teintées.



La route, quoique enneigée sur les bas-côtés, était dégagée, et la petite caravane mécanique atteignit Danvers peu avant midi.  Après quelques hésitations, ils garèrent les véhicules près d’un dîner local, une bâtisse en briques rouges surmontée d’une enseigne de tôle : "Clarke’s Diner — Established 1911"

À l’intérieur, la chaleur fut la bienvenue. Ils s’attablèrent dans un coin tranquille et savourèrent un repas simple mais réconfortant : soupe de palourdes crémeuse, servie avec des crackers, filet de poisson frit, croustillant et délicat, une généreuse tarte aux pommes, encore tiède, et un café noir pour sceller le tout.

La conversation resta prudente d’abord, mais les visages s’apaisèrent peu à peu. Emma semblait calme — trop calme, peut-être — et se contenta de siroter son café en fixant l’horloge du mur. Nora, toujours pragmatique, finit par proposer :

« L’hôtel en face ferait l’affaire. Autant poser nos affaires. Si on doit rester plus longtemps ici, autant ne pas dormir dans les bagnoles. »

L’établissement en question, de l’autre côté de la rue, arborait une façade vieillissante mais digne : The Hawthorne Inn

Un nom classique pour un hôtel typique de Nouvelle-Angleterre, avec ses boiseries sombres, ses tapis élimés et son comptoir en chêne. Après avoir réservé trois chambres, le groupe monta déposer ses affaires. Chacun prit un moment pour se détendre, changer de chaussures, charger une arme discrètement.

Au rez-de-chaussée, le réceptionniste — un homme d’une cinquantaine d’années au regard un peu vague — leur indiqua, à leur demande, la route menant à l’hôpital psychiatrique :

« Vous prenez la route de la vieille scierie, puis vous suivez les panneaux et passer le vieux pont. Ça grimpe un peu, et c’est pas bien déneigé là-haut. L’hôpital se trouve à une heure d’ici, peut-être un peu moins si vous êtes chanceux. Mais vous devriez partir avant que le jour tombe. Là-bas… c’est pas l’endroit où on aime se promener la nuit. »

Son regard se fit plus fuyant. Il ajouta, comme pour lui-même :

« On dit que les hurlements se sont arrêtés y a quelques années. C’est encore pire depuis. »


***

Scène 3 - Le pont

Lundi 6 décembre — En route vers l’Hôpital de Danvers

Le soleil avait entamé sa lente descente vers l’horizon lorsque les véhicules reprirent la route, quittant Danvers pour les hauteurs où se dressait, solitaire, le Danvers State Hospital. 

La lumière devenait rasante, presque dorée, traçant de longues ombres sur la route étroite bordée de pins noirs. Le silence se fit plus profond à mesure qu’ils s’éloignaient des dernières maisons, remplacé par le crissement des pneus sur le givre et le gémissement occasionnel du moteur.


C’est alors qu’ils atteignirent le pont de pierre — un vieux passage moussu qui enjambait un ruisseau de taille respectable à demi gelé. Charlotte, en tête sur sa moto, le franchit rapidement sans s’attarder. Mais à bord de la première Ford, Frère O’Malley ralentit à la demande d’Emma, qui fixait un point dans la neige, les yeux écarquillés :

« Là… rouge. Juste là… »

Alessandro, dans la seconde voiture, avait déjà vu ce que désignait Emma. Il demanda à Nora de s’arrêter. Tous descendirent, attentifs, un frisson dans le dos. Sur la rive droite du pont, à moitié recouvert par la neige, un morceau de bandage rouge sombre garnissait un buisson mort. Le tissu semblait ancien, taché de sang encore brunâtre. À côté, posée contre un rocher moussu, une pierre ronde portait une inscription gravée maladroitement, presque au couteau :  "Il nous entend."

Le silence alentour se fit lourd. Le vent ne soufflait plus. Les pins, figés dans la lumière dorée, semblaient observer les intrus. La jeune médium restée un peu en retrait, fixait les frondaisons avec intensité. Sa main serrait le petit médaillon égyptien qui ne la quitter jamais. Elle murmura, sans vraiment s’adresser à personne :

« Il n’est pas encore là. Mais il sait. »

Le froid sembla plus mordant soudainement. Puis, sans avertissement, la porte de la Ford de Nora claqua violemment. Tous sursautèrent. Le bruit résonna dans la forêt comme un coup de tonnerre. Il n’y avait pas de vent. Rien qui aurait pu justifier ce mouvement. Frère O’Malley, le visage fermé, ramassa le bandage et le roula dans un mouchoir qu’il glissa dans sa sacoche. Son ton fut sans appel :

« En route. Charlotte a pris de l’avance. Et… ce n’est pas un endroit pour s’attarder. »

Nora, les yeux toujours rivés sur la portière qui venait de se refermer seule, lança à Alessandro :

« Il n’y avait pas un souffle d’air. Comment… ? »

Alessandro, le regard perdu vers la cime des arbres, murmura simplement :

« C’est comme en Floride. Ça recommence. »

Sans un mot de plus, ils regagnèrent les voitures. Le convoi reprit sa lente ascension, laissant derrière lui le pont de pierre, la pierre gravée, et le souvenir pesant d’un avertissement tombé dans l’oubli.

***

Scène 4 - L’Hôpital de Danvers

Lundi 6 décembre — Fin d’après-midi, Hathorne Hill

Les deux Ford-T progressèrent lentement à flanc de colline, les pneus peinant parfois à mordre dans les virages verglacés. La forêt s’éclaircissait peu à peu et, au détour d’un coude, les grilles en fer forgé du Danvers State Hospital apparurent, massives, invitantes comme une gueule de bête.

Devant les grilles, Charlotte attendait, sa moto arrêtée au pied d’un garde aux épaules larges, emmitouflé dans une épaisse veste d’hiver. À la ceinture, une matraque de bois noir pendait, polie par l’usage. Son regard se fit dur et soupçonneux à la vue de la caravane mécanique.

Charlotte descendit de sa moto et alla à la rencontre de ses compagnons, leur relatant brièvement l’échange froid qu’elle venait d’avoir avec le gardien. Frère O’Malley, bandage ensanglanté en poche, s’avança à son tour :

« Nous venons visiter une patiente. Nadia Belluni. »

Après un silence pesant et un regard scrutateur, l’homme finit par ouvrir les grilles à contre-cœur, tournant une lourde clef dans une serrure rouillée. Le grincement métallique résonna dans les arbres nus.

Les véhicules s’engagèrent dans l’enceinte de l’hôpital, roulant lentement à travers le parc enneigé. Puis, la silhouette du bâtiment principal se dévoila peu à peu : un immense édifice gothique, flanqué d’ailes rigides et dominé par une tour centrale, se dressait comme une chauve-souris aux ailes déployées. Le ciel bas, l’épaisseur des murs et la pierre noire tachée par les âges donnaient à l’ensemble un aspect lourd, presque menaçant.

Autour du bâtiment, des constructions secondaires se mêlaient à des bosquets sombres. Les arbres, pour la plupart décharnés, jetaient des ombres griffues sur la neige.

À l’ouest, un vaste bassin ovale occupait le flanc de la colline. Son eau figée, d’un bleu-gris presque métallique, ne reflétait rien d’autre qu’un ciel sans lumière. En contrebas, à l’est, un amphithéâtre moderne, à demi circulaire, s’ouvrait vers l’horizon. L’ensemble paraissait étrangement dissonant, comme si plusieurs époques et volontés s’étaient télescopées.

Sur le parking désert, une ambulance grise était stationnée. Un mécanicien en tenue sombre s'affairait sous le capot, indifférent à l’arrivée des visiteurs.



Les investigateurs se garèrent dans l’espace prévu à cette effet. Leurs bottes craquèrent sur la neige dure. À peine descendue de la voiture, Emma s’éloigna sans un mot, son regard attiré par le lac. Elle marchait avec la lenteur de ceux qui écoutent des voix que d’autres n’entendent pas. Alessandro, en vieux soldat, capta immédiatement l’étrangeté de son comportement. Il la suivit sans poser de question.

Nora Russo, les mains dans les poches de son trench, s’approcha de Charlotte et Frère O’Malley :

« Je vais rester ici. Veiller sur les deux autres. On ne sait jamais. »

Charlotte hocha la tête, reconnaissante, mais déjà tendue. Le regard qu’elle jeta à l’hôpital disait tout : c’est là-dedans que ça commence vraiment.

Les trois échangèrent un dernier regard, puis Charlotte et Frère O’Malley gravirent les marches du perron. Les portes en chêne massif s’ouvrirent lentement dans un gémissement sinistre, engloutissant les deux visiteurs dans l’ombre glaciale du bâtiment.





mardi 5 septembre 2023

Horreur à Arkham

 Investigateurs contre Nyarlatothep et Ithaqua

Horreur à Arkham est l'un de mes jeux favoris et j'aligne plusieurs dizaines de parties au compteur avec les amis. Je me fais un devoir d'y jouer au moins une fois par an. Je reconnais que ce n'est pas un jeu facile d'accès et j'y ai initié Charlotte et Marc il y a quelques temps. Le Grand Ancien n'a fait qu'une bouchée de nous. 

Le matériel étant sorti, j'ai enchaîné sur deux parties solos dans la foulée et pris quelques photos afin que ce jeu ne tombe pas dans l'oubli. 

J'ai souvent était très surpris de constater que les joueurs annoncent des temps de jeu dépassant les 4 heures pour une partie. Ce n'a jamais été notre cas que se soit avec Oll, Jeff, Alexis ou Nadège... Nos temps de partie tournent autour de 2 heures, max 3.  

Je vous livre quelques photos, les figurines utilisées sont issues des jeux "Les demeures de l'épouvante", " Cthulhu Wars" et des figurines de JDR de marque Metal Magic, série Dunwich Detectives.


Un jeu qui prend de place.

Les deux investigateurs sont prêts à entrer en scène.

Dexter Drake se fait un allié

La couleur tombée du ciel est un mauvais présage.

Les rues d'Arkham ne sont pas sûres.

Perdu dans l'espace et le temps ... 

L'homme en noir (en bleu) et un maniaque, les rues ne sont pas sûres.

C'est une véritable infestation qui s'abat sur Arkham.

Araignée de Leng vs Sœur Marie


Dashboard en fin de partie du magicien Drake

Dashboard de Sœur Marie

Nyarlathotep remporte le match par KO, les investigateurs sont dévorés.


***

Il n'est jamais bon de rester sur une défaite, aussi ai-je retenté ma chance face au Grand Ancien Ithaqua. Le résultat ne fut pas plus brillant si je me souviens bien.