Le retour des classiques
Nous voici revenus dans les allées du Hammer Time 8 pour la suite de la visite. Après un premier article consacré aux tables de Warhammer 40k et aux univers post-apocalyptiques, ainsi qu'à l'association Les Arpenteurs de Rêves et les Dingues de Jeu, ce second volet prend un tour différent. Car en parcourant les allées, un constat s'impose : les classiques étaient partout.
✦ Les classiques qui reviennent
Que serait un salon sans Warhammer Battle - excusez-moi, je reprends : sans Warhammer: The Old World ? Le jeu, voguant lui aussi sur la vague du retour aux sources, rencontre un véritable succès dans la sphère des univers Warhammer, à tel enseigne qu'il se murmure qu'il ferait de l'ombre à Age of Sigmar. Un vaste affrontement entre une armée de morts-vivants et Grand Cathay était proposé au regard des badauds. Il n'était malheureusement pas possible d'entrer dans la mêlée.
Plus loin, j'ai eu le plaisir de découvrir une table de BattleLore première version, avec de jolies figurines 15 mm dont certaines étaient issues de BattleLore Game of Thrones. L'idée de base des démonstrateurs était de rejouer la bataille d'Azincourt, mais un dragon rouge s'est invité à la fête.
De Warhammer à l'Hyperborée, il n'y a qu'un pas, que l'on franchit assez facilement en s'aventurant dans les terres de Conan de Monolith, avec une proposition faite par mon vieil ami Faby. Il initiait les joueurs à ce jeu, dont la campagne Kickstarter initiale avait été lancée le 12 janvier 2015.
Un clin d'œil à l'actualité, puisque 2026 marque le lancement d'une nouvelle campagne majeure, intitulée Conan by Monolith: Tales of Tortage and Zamora, qui fait revivre à la fois le jeu de plateau et le jeu de rôle.
J'ai d'ailleurs eu le plaisir de discuter avec son auteur, Frédéric Henry, avant l'ouverture des portes. Il était sur le salon pour présenter son futur jeu d'exploration de donjons Depths of Cadwallon.
Il a confié en souriant qu'il était un peu gêné de venir avec un proto fait de meeples et de carton alors qu'autour de lui, il y avait des tables aussi magnifiques que les figurines qui s'y trouvaient. Nous lui avons fait remarquer que ces meeples étaient colorés. En y repensant, il s'agissait des seuls meeples présents lors de la convention - on peut alors dire qu'ils renvoyaient au logo de La Forge Ludique.
Mais après cette aparté, et dans l'hypothèse où Conan vous laissait froid, un autre classique de la même année vous attendait : Blood Rage. Il s'agit d'un jeu de société de stratégie et de figurines créé par Eric M. Lang et édité par CMON.
Les joueurs y incarnent des clans vikings qui s'affrontent pour accumuler un maximum de Gloire avant que le Ragnarök ne détruise le monde.
✦ Le classique qui coûte cher
Non loin de là, des héros célèbres s'affrontaient dans Le Retour des Dieux : Les Chroniques de la Lune Noire. Ce jeu a été édité par Ilyad Games en 2004, et il offrait comme cadre de jeu l'univers médiéval-fantastique de la célèbre bande dessinée de François Froideval et Olivier Ledroit.
Le paradoxe du retour des classiques a rattrapé cette licence, car à l'époque de sa sortie, les figurines n'avaient pas rencontré un réel succès en raison de leur taille (32 mm) et de la matière, la résine, encore peu usitée à cette date. Aujourd'hui, la moindre figurine s'achète à prix d'or.
✦ Le classique qui ne meurt jamais : Lovecraft
Et puis il y a Lovecraft. Un classique littéraire qui n'a jamais cessé d'inspirer le jeu, et qui était représenté cette année par deux propositions complémentaires.
La première venait de l'éditeur Studio Tomahawk, présent pour faire découvrir Miskatonic, un nouveau jeu d'enquête dans l'univers de Lovecraft. Même si j'ai eu un échange fort agréable sur le sujet avec les auteurs, je n'ai pas pu le tester, puisque le devoir m'appelait ailleurs.
En effet, j'étais moi-même animateur sur la seconde proposition : Cthulhu: Death May Die, le jeu de société coopératif édité par CMON, conçu par les très prolifiques Eric M. Lang et Rob Daviau. J'invitais les participants à incarner des investigateurs qui sombraient progressivement dans la folie en enquêtant dans les souterrains d'une cathédrale abandonnée.
Les deux jeux partagent le même univers : celui de l'imaginaire lovecraftien et de la domination des Grands Anciens. C'est un plaisir de voir un classique de la littérature fantastique continuer à irriguer le hobby, sans avoir besoin de jouer la carte de la nostalgie.
J'ai d'ailleurs pris beaucoup de plaisir à remplir mon rôle de gardien - je veux dire d'animateur - et j'ai rencontré de nombreuses personnes très sympathiques, qui se plongeaient avec délice dans le mystère que je leur offrais. À tel enseigne que j'ai reçu un Forgeron Bronze pour l'animation, en me plaçant 4e au classement.
Après les Grands Anciens, place aux terres arides. Car le désert était aussi à l'honneur…
✦ Il sentait bon le sable chaud
Tout d'abord chez mon voisin de la table 5, qui proposait une initiation à Eldfall Chronicles. J'ai appris qu'il s'agit d'un jeu de société de type wargame narratif qui se déroule dans un univers de dark fantasy.
M'étant renseigné, et au vu du décor proposé, j'en suis venu à penser que l'initiation se déroulait dans les Royaumes des Sables, une région désertique abritant la capitale Men'Nefer et sa Grande Bibliothèque. L'influenceur du Multijeux, HiigyTV, s'est d'ailleurs initié avant l'ouverture du salon, le dimanche.
Et puisque je suis dans la dynamique du sable, une très jolie ville arabisante attendait les joueurs de Sol Braïnya. Pour rappel, Sol Braïnya est un jeu d'escarmouche médiéval-fantastique français, utilisant le moteur de jeu ARES (déjà utilisé pour Mars: Code Aurora), et son plus grand atout est de prendre en charge n'importe quelle figurine médiévale-fantastique de votre collection.
J'ai eu le plaisir de discuter assez longuement avec Les Copains de Figouz - j'ai honte, j'ai oublié le prénom de mon interlocuteur, vraiment désolé - sur l'élaboration de la cité, et il s'avère que de nombreux décors sont issus de la gamme Infinity. Le résultat était tout simplement bluffant.
Les déserts sont aussi caractéristiques de l'Ouest américain, avec ses villes champignons. Le voyageur ludique se voyait offrir la possibilité d'enfourcher une monture et de jouer du colt au cœur de l'un de ces repaires de pionniers lors d'une partie de Dead Man's Hand.
Désert encore mais aux couleurs de La Forge Ludique, avec le jeu Star Wars Légion et la bataille de Géonosis, qui fut le premier grand affrontement qui opposa la Confédération des Systèmes Indépendants à la République Galactique, marquant ainsi le début de la Guerre des Clones.
Les Forgeurs offraient l'occasion de se frotter aux séparatistes sur une autre zone de guerre tout aussi remarquable à l'esprit plus cyberpunk.
Et restons dans une galaxie lointaine, très lointaine, avec l'ami Julien, lauréat de plusieurs trophées lors des festivals antérieurs. Cette année, il avait troqué sa tenue de cultiste pour celle d'un maître Jedi durant la Guerre des Clones. Comme à son habitude, il proposait une scène de théâtre digne de cette guerre.
Le champ de bataille était plus qu'immersif et offrait un décor en pente douce dominé par une montagne. Au cœur de celle-ci, une base séparatiste qui s'étendait aussi sous la plaine herbeuse. C'était assez dingue de retirer la plaque de terrain pour découvrir la base qui s'étirait en dessous.
Les visiteurs ne s'y sont pas trompés : Julien a obtenu un Forgeron Or pour sa démonstration - un système personnel qu'il peaufine chaque année un peu plus - et un Forgeron Bronze pour la table de jeu elle-même.
✦ Le classique de la course version figurines
Et puis il y a eu cette table. Un circuit typique de Mario Kart, avec ses virages serrés, ses boosters et ses carapaces bleues. Sauf qu'ici, les karts n'étaient pas pilotés à la manette, mais sur une table de jeu, avec les règles de Gaslands Refuelled adaptées à l'univers de Nintendo.
Gaslands Refuelled est un jeu de course et de combat de véhicules post-apocalyptique édité par Osprey Games, où l'on customise des voitures miniatures pour s'affronter sur des circuits déments. L'adaptation Mario Kart en reprend le système, mais remplace les armes par les objets emblématiques du jeu vidéo : champignons, peaux de banane, carapaces et éclairs. Le but n'est plus de détruire ses adversaires, mais de franchir la ligne d'arrivée le premier, tout en semant le chaos sur la piste. Du moins, c'est ce que je pense, car je n'ai pas pu participer à une course.
Le résultat était à la hauteur : une table colorée, un circuit reconnaissable entre mille, et une ambiance qui sentait bon les après-midis sur la Nintendo 64. Cette table a d'ailleurs reçu l'Enclume de La Forge Ludique, le prix interne au club, une distinction qui récompense un projet particulièrement marquant.
Un clin d'œil parfait à ces classiques du jeu vidéo qui ont bercé toute une génération de joueurs, et qui trouvent aujourd'hui une nouvelle vie sur les tables de figurines.
✦ Les exposants : un aperçu des stands
Comme je l'ai évoqué en présentant le Hammer Time, la convention n'est pas seulement un rassemblement de joueurs : c'est aussi un rendez-vous pour les créateurs et les marchands. J'aurais aimé passer plus de temps à explorer les stands - mon banquier, lui, m'en remercie - mais je me suis contenté d'un tour rapide, et voici ce que j'en retiens.
Je ne pouvais pas passer à côté de Manu. TGCM, une structure basée dans la région lilloise, jouait à domicile et présentait ses magnifiques galeries de figurines, qui pourraient toutes concourir pour un prix. Les visiteurs avaient l'occasion de découvrir Nagoï Khan, le seigneur des Khérops, pour le jeu Khârn-Âge. La figurine est magnifique et elle en impose vraiment. (Je précise que la photo n'est pas de moi car la mienne était toute pourrie)
Une autre nouveauté sur le stand : la boîte de démarrage 2 joueurs (KAT), qui contient 6 figurines en résine au 40 mm - 3 Khérops et 3 Khârn - mais aussi les pions objectifs, des carcasses, des réglettes en toise et des D10.
Au côté de TGCM, Nico accueillait les visiteurs sur le stand d'Alkemy et leur dernière création, le Starter Ouroboros. Une initiation était possible et je l'ai conseillé à mon ami Axel. Il a eu le plaisir de découvrir ce jeu qu'il a beaucoup apprécié.
Gork Factory, entre ses étales proposant moult produits pour le hobby, avait quant à lui déployé deux tables consacrées au sombre monde d'Eä. L'un des affrontements suivait les règles de Conquest First Blood, système qui a bénéficié d'une mise à jour majeure en mars 2026, afin de se forger une identité propre, distincte du jeu de bataille Conquest.
La seconde table était consacrée à Conquest, le jeu de bataille à grande échelle du même éditeur. Pour rappel Conquest est un jeu de guerre de figurines fantastique édité par Para Bellum Wargames, qui rencontre un vrai succès. Le championnat du monde a d'ailleurs eu lieu sur la même période que le Hammer Time, à Chios, en Grèce, sur la plage de Giosonas.
Et il y avait encore beaucoup d'autres stands : Olomoc, un jeu d'escarmouche rétrofuturiste dans l'univers du jeu de rôle NOC, basé sur les règles de CAERIS ; Torek Wargame, fabricant français de décors, impressions 3D, figurines et maps ; Chloe Decor Wargame, artisan maquettiste dans le Pas-de-Calais qui crée des décors sur demande pour le wargame ; et Torc's Miniature avec sa série Food Fight qui m'amuse beaucoup : des hamburgers, des frites et des donuts transformés en guerriers médiévaux-fantastiques.
Autant de noms qui disent quelque chose aux habitués du hobby, et qui montrent la vitalité de notre univers ludique. Je n'ai malheureusement pas pu m'attarder davantage, mais ces quelques arrêts suffisent à comprendre pourquoi le Hammer Time est aussi un lieu de découverte. À ce titre, mon article n'est pas exhaustif mais offre un panel représentatif de ce que le visiteur pouvait trouver.
Entre les nouveautés présentées en avant-première, les stands de décors et les éditeurs, il y avait de quoi satisfaire toutes les curiosités et de quoi vider toutes les bourses.
Et si cela ne suffisait pas, l'ami Simon vous proposait les crêpes maison. Et je peux en attester : ce n'est pas une préparation, il les fait lui-même.
✦ Conclusion
Ce second volet s'achève ici. Du retour des classiques aux univers qui ne meurent jamais, le Hammer Time 8 aura montré que le hobby se porte bien, et qu'il sait regarder en arrière sans rester figé. Merci à ceux qui ont voté pour moi et grâce à qui j'ai obtenu un prix d'animation pour la seconde fois, ainsi qu'à La Forge Ludique, aux bénévoles et à tous ceux qui font vivre cet événement. Il me restait encore quelques tables à vous raconter, mais ce sera pour une prochaine fois.

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Merci pour ce superbe article complet et <3 (la table Sol Braynïa était proposée par Pierre, alias Cho7)
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