Mokele-Mbembe
Semblable à un océan vert infini, la canopée moite de la forêt pluviale d’Afrique centrale s’étendait à perte de vue. Sous ce manteau végétal, de longues rivières sinueuses sillonnaient la nature sauvage - tantôt d’un brun vaseux, tantôt d’un bleu limpide lorsque le ciel se dégageait. D’immenses créatures piétinaient les sous-bois, des calaos tournaient au-dessus des frondaisons, tandis que d’étranges stridulations s’élevaient de la pénombre.
Deux expéditions rivales progressaient vers la mystérieuse vallée du Mokele-Mbembe !
Venue du nord, une colonne britannique commandée par le colonel Dunford pénétra dans la vallée. Les habits rouges prétendaient prendre possession de ces terres au nom de la reine Victoria. Arrivant du sud, les troupes du Kaiser Guillaume avançaient avec la même ambition. Ce furent pourtant les Allemands qui découvrirent les premiers une vallée hors du temps, peuplée de dinosaures.
Sous leurs yeux évoluaient plusieurs stégosaures, des Achelousaurus, et même un gigantesque brontosaure progressant lentement dans le cours d’eau qui coupait la vallée en deux.
La légende du Mokele-Mbembe était donc vraie. Sans perdre un instant, le professeur Von Enreich ordonna à ses hommes de prélever un maximum d’ossements et d’artefacts - inutile d’envisager la capture d’un tel géant.
Durant les premiers tours, les Allemands parvinrent à effectuer une récolte fructueuse, tandis que les Britanniques arrivaient au compte-gouttes.
Mais la situation bascula lorsque le colonel Dunford fit enfin son entrée, accompagné des soldats du 24e régiment d’infanterie et de leurs supplétifs. Les coups de feu résonnèrent à travers la vallée et, à ce jeu, les Britanniques prirent rapidement l’ascendant.
Les troupes coloniales du Kaiser finirent par abattre un stégosaure afin d’en prélever directement les organes mais les supplétifs anglais leur menèrent la vie dure, refusant de s'avouer vaincus.
Le prince Léopold, qui s’était joint à l’expédition britannique, eut alors la surprise de tomber sur un explorateur solitaire : Henry Morton Stanley. Les conseils avisés de ce dernier profitèrent grandement aux Anglais, qui prirent peu à peu le dessus sur leurs adversaires.
De l’autre côté de la rivière, le professeur Von Enreich, séparé du gros des troupes régulières, enchaîna les coups du sort : des poches de gaz nauséabond, un bosquet qui s’embrasa soudain, et pour couronner le tout, un redoutable prédateur fit son apparition… un Metriacanthosaurus.
Long de 7,5 mètres, haut de 2 mètres, tout en griffes et en dents, c’en fut trop pour les Européens, qui quittèrent précipitamment la vallée. Mais le professeur n'eut pas cette chance: une sagaie le cloua au sol comme un papillon.
Le colonel Dunford pouvait être fier : il remporta la victoire au nom de la reine Victoria mais en gentleman il s'assura de ramener le Professeur Von Enreich à la civilisation.
Conclusion
Les Britanniques s’arrogèrent la victoire à l’issue de cette partie d’initiation destinée à mon ami Pascal. Le succès fut âprement disputé, mais la résistance des askaris anglais face aux réguliers allemands constitua le véritable tournant de la partie. Les fusiliers prussiens ne parvinrent jamais à prendre le dessus et furent continuellement empêchés d’accéder au butin convoité. Cet échec permit aux Anglais de l’emporter avec trois points d’avance sur l’Empire allemand.
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